Côte d’Ivoire / Bédié parle de son entrée au gouvernement d’Houphouët-Boigny et de la construction du Port de San-Pedro et du barrage de Kossou
L'ancien président ivoirien a joué un rôle important dans la construction de la Côte d'Ivoire. Henri Konan Bédié parle ici des cas du Port de San-Pedro et du barrage de Kossou.
« A mon arrivée au gouvernement du Président Félix Houphouët-Boigny en 1966, le port de San-Pedro n'existait pas. Quand il s'est agi d'élaborer son plan de financement, compte tenu des conditions proposées, du coût de remboursement et de sa durée qui était trop courte, j'ai préféré me tourner vers Bonn. J'ai obtenu des financements d'État à long terme qui ont permis, associés à d'autres financements, d'élaborer un programme beaucoup plus supportable par les finances publiques ivoiriennes. Un autre volet prioritaire était l'énergie qui existait pour nous un secteur clé. Le Houphouët-Boigny s'était battu, alors que j'étais encore Ambassadeur à Washington, pour obtenir un financement du président qui devait permettre la construction de notre premier grand barrage. Malgré toutes nos démarches, le dossier a été refusé par la Banque mondiale qui estime à l'époque qu'une centrale thermique serait préférable au barrage de Kossou. Je suis parti avec mon dossier rencontré Harold Linder, un grand personnage de la finance américaine. Il a longtemps examiné le dossier puis il m'a déclaré : « Monsieur Bédié, je vais vous aider ! ». Mais certains esprits s'exclamaient déjà : « Quels mégalomanes, ces Ivoiriens ! Construire un barrage dont la retenue est deux fois plus importante que la superficie du lac Léman ! ». Le jour où nous avons rempli le barrage de Kossou, un de mes amis, dont je tairai le nom, qui était à la Caisse centrale de coopération économique m'a déclaré : « Monsieur Bédié, je vais aller renvoyer mes dernières larmes dans le lac de Kossou ». Je lui ai répondu : « Vous perdez votre temps parce que de toute façon le barrage se remplit, avec ou sans vos larmes ». Vous voyez un commentaire sur pourrait perdre des amis sur des choix économiques. Nous avons toujours été condamnés en Côte d'Ivoire pour avoir soi-disant vu trop grand. Chaque fois que je présentais le budget, certains de mes détracteurs disaient : « Ça y est, cette fois il va se casser le nez ». Beaucoup des gens, même en Côte d'Ivoire, critiquaient les douze travaux d'infrastructures de L'Éléphant d'Afrique, que nous avons lancés en 1995, comprenant notamment la création d'un troisième pont à Abidjan et l'extension de notre réseau d'autoroutes. Les réactions hostiles ont été identiques lorsque le président Houphouët-Boigny a intégré la basilique à Yamoussoukro.





