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La filière cacao en Côte d'Ivoire traverse une crise majeure depuis un moment, caractérisée par l'accumulation de dizaines de milliers de tonnes de fèves invendues dans les ports et entrepôts. La chute brutale des cours mondiaux après des records en 2026 a contraint à une réduction drastique du prix d'achat aux producteurs, passant de 2 800 F CFA à 1 200 F CFA le kilogramme. Le choc affecte naturellement les enfants des producteurs ivoiriens.

Ceux-ci regroupés au sein du Syndicat national des enfants de producteurs de Côte d’Ivoire (Synepci) se sont fait entendre au cours d’une conférence de presse tenue à la maison de la presse au Plateau, ce mardi 31 mars 2026. Barthélemy N’goran Kouadio, président national du Synepci et ses membres exigent un audit clair du Conseil café-cacao, de l’Oia et a appelé le président de la République, Alassane Ouattara à agir pour sauver la situation.

« Nous n’acceptons pas le prix de 1 200 F tant que les stocks payés à 2 800 F ne sont pas écoulés. Nous dénonçons une gestion opaque des volumes, notamment 40 000 tonnes dont la destination demeure incertaine. C’est pourquoi, nous exigeons la réalisation et la publication d’un audit indépendant de la filière Cacao. Nous demandons l’ouverture d’un dialogue national inclusif sur la filière Cacao. Face à l’urgence de la situation, nous lançons un appel solennel au président de la République, Alassane Ouattara, pour une intervention immédiate visant à stabiliser les prix », a martelé Barthélemy N’goran.

Le syndicat évoque également des zones d’ombre financières, avec 11 milliards de F CFA introuvables sur les 291 milliards annoncés pour le rachat des stocks.

Le lundi 30 mars 2026, au 23ᵉ étage de l’immeuble Caistab, au Plateau, une séance de travail dite décisive, réunissant le Conseil du Café-Cacao, l’Organisation Interprofessionnelle Agricole (Oia) Café-Cacao, l’Association des producteurs de Café-Cacao de Côte d’Ivoire et le ministère de l’Agriculture n’a pas désamorcé la bombe. Selon Barthélemy N’goran, il faut nécessairement un audit sur le fonds alloué pour l’enlèvement du stock des 23 000 tonnes et les 40 000 tonnes de l’Oia Cacao.

F. N.