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Face à la chute drastique des prix du cacao sur le marché international, les pays producteurs, réunis au sein de l’Organisation internationale du cacao (Icco), haussent le ton et appellent à une réponse collective. Cette position a été exprimée le mardi 31 mars 2026, à Cocody, lors d’une conférence de presse animée par Aly Touré.

Selon Aly Touré, les cours du cacao ont connu une chute vertigineuse, passant de plus de 11 000 dollars la tonne début 2024 à environ 2 900 dollars en mars 2026, soit une baisse de près de 70 %. Cette situation s’explique par un excédent de production sur la campagne 2025-2026 mais aussi par une baisse structurelle de la demande mondiale. Les industriels, a-t-il expliqué, ont progressivement réduit la teneur en cacao dans leurs produits au profit de graisses de substitution, tout en pratiquant la « shrinkflation », consistant à diminuer les quantités tout en maintenant les prix. Les conséquences sont lourdes pour les économies cacaoyères. Cette filière qui génère environ 100 milliards de dollars à l’échelle mondiale, ne reverse que 3 à 10 % de cette valeur aux producteurs. Un déséquilibre structurel qui fragilise davantage des millions de petits exploitants déjà confrontés à la précarité.

Dans les pays producteurs, la baisse des recettes d’exportation pèse sur les finances publiques, ralentit les investissements et affecte les programmes sociaux. Face à cette crise, les pays membres de l’Icco entendent renforcer leur coordination. Une réunion du collège des producteurs, représentant 95 % de la production mondiale, se tiendra les 8 et 9 avril 2026 pour définir des stratégies communes.

Parmi les priorités figurent la garantie d’un revenu vital pour les producteurs, une meilleure répartition de la valeur, la transformation locale des fèves et l’amélioration de l’accès aux marchés. Pour Aly Touré, cette crise n’est pas conjoncturelle mais révèle un déséquilibre durable du marché. D’où l’urgence pour les pays producteurs de s’unir afin de peser davantage dans la chaîne de valeur et préserver l’avenir de la filière cacaoyère.

P.K.