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MIROIR AUX ALOUETTES. L'école ivoirienne se retrouve sur une dangereuse pente glissante. Et les États généraux de l'éducation nationale et de l'alphabétisation (EGENA, 19 juillet 2021 au 13 avril 2022) apparaissent sous leur vrai visage : un miroir aux alouettes.

En effet, alors que ces États généraux recommandent expressément la transparence dans l'affectation des enseignants, soutenue par des critères objectifs, le monde de l'éducation est affecté, en cette rentrée scolaire 2025-2026 par les mutations abusives et les affectations punitives. Sans explication. Et sans remplacement.

La revalorisation du métier d'enseignant préconisée, afin de le rendre attractif, devient ainsi un vœu pieux. Les revendications sociales et les mouvements de grève sont durement sanctionnés par des ponctions et des rétentions de salaire.

Cerise sur le gâteau, la prime réclamée à cor et à cri, comme dans nombre de ministères dits à primes, à l'effet de décrocher des fonctionnaires livrés à eux-mêmes, est associée à un casus belli. La démobilisation est alors réelle sur le terrain, avec un personnel qui ne couvre plus les besoins et un désert alarmant des enseignants des matières scientifiques (maths, physique-chimie, SVT).

Cette atmosphère peu propice à une éducation de qualité est assombrie et pourrie par la politisation de plus en plus à outrance de l'univers de l'école.

À son accession au pouvoir, le régime Ouattara s'est engagé avec ce slogan : "Plus de politique à l'école." Le rapport de synthèse des EGENA est de cet avis, pour la dépolitisation de l'école.

Il tire la sonnette d'alarme. "Au regard des événements de ces dernières décennies, qui ont entraîné le système éducatif sur des chemins d'incertitudes et d'instabilité, des dispositions doivent être prises pour faire de l'école un espace neutre, à distance égale des différentes entités politiques dans leurs combats pour la conquête ou la conservation du pouvoir d'État," diagnostique ledit rapport pour prescrire l'ordonnance : "A cette fin, il importe d'interdire tous les groupements associatifs à caractère politique en milieu scolaire."

Mais il faut se rendre à l'évidence. La dépolitisation de l'univers éducatif n'est plus la tasse de thé du régime en place, qui ne veut ni d'une école apaisée ni d'une université apolitique. L'administration est contrôlée par le clan politique du RHDP, les présidents des universités sont des militants du parti au pouvoir et les Unions des enseignants RHDP, avec des responsables qui occupent de hauts postes dans les ministères, prolifèrent pour s'opposer et briser les mouvements syndicaux dans leurs revendications. En ligne de mire, occuper ou préserver son tabouret avec un otage, l'école.

Une contribution de F. M. Bally

Nb : Le titre est de la rédaction