Côte d’Ivoire / Elections locales et sénatoriales : « La Cei n’a pas atteint son objectif », selon Landry Kuyo, analyste politique
Des analystes politiques et prospectivistes se sont prononcés, le mardi 19 septembre 2023 devant la presse nationale, sur les dernières municipale, régionale et sénatoriale qui se sont tenues, les 2 et 16 septembre dernier. S’ils se réjouissent de la tenue de ces joutes dans un climat relativement apaisé, les experts en matière politique se sont élevés contre le taux d’abstention.
« Le taux de participation est acceptable mais on peut faire mieux (régionales : 44,61%), municipales (36,18%) et sénatoriales (89,90%). Des efforts doivent être fournis. La vitalité de la démocratie en Côte d’Ivoire en dépend. La légitimité des élus aussi », a estimé l’analyste politique, Landry Kuyo, bien connu des plateaux de télévision en Côte d’Ivoire. Le politologue ne manque pas d’épingler l’instance chargée d’organiser ces élections.
« La Commission électorale indépendante (Cei) n’a pas atteint son objectif. Elle doit faire des efforts. On ne peut pas se contenter d’un taux d’abstention aussi important. De nombreux Ivoiriens ont encore des problèmes avec l’offre politique s’ils ne se sentent pas concernés par les élections », a-t-il expliqué.
Il est rejoint dans cet axe d’analyse par le prospectiviste Khalil Camara.
« Nous avons une classe politique vieillissante. Les Ivoiriens ne se sentent pas concernés par les élections parce que l’offre politique est vieillissante, elle n’intéresse plus. La jeunesse, dans son ensemble, ne croit plus en la chose politique. Aujourd’hui, il y a un quota pour les femmes. Mais est-ce qu’il y a un quota pour les jeunes ? On ne peut pas assister à un non-renouvellement de la classe politique et exiger que les jeunes s’intéressent à la politique », a-t-il martelé.
Aussi, Khalil Camara propose-t-il à la Cei d’investir les milieux des jeunes.
« La Cei peut, par exemple, installer un dispositif d’inscription sur la liste électorale sur les campus », a estimé le prospectiviste. Dans son analyse prospective, Khalil Camara propose trois scénarios.
Premièrement, il estime qu’il est possible que la gauche se reconstitue après les échecs des dernières élections. Deuxièmement, le Pdci et le Rhdp resteront les deux grands partis politiques de la Côte d’Ivoire s’ils réussissent à trouver des successeurs consensuels à Henri Konan Bédié et à Alassane Ouattara. Enfin, la troisième possibilité qui s’offre au prospectiviste reste la création d’un nouveau parti politique leader en Côte d’Ivoire.
A.K.





