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Depuis quelques années, on observe un seul mouvement annuel au sein du corps préfectoral en Côte d’Ivoire. Une situation qui contraste avec celle de plusieurs pays où les mutations peuvent intervenir jusqu’à trois ou quatre fois par an.

En France, souvent citée comme modèle en la matière, des ajustements sont régulièrement opérés, insufflant ainsi une dynamique continue à l’Administration territoriale.

En Côte d’Ivoire, les mouvements sont devenus rares, un seul est généralement enregistré en fin d'année ou début d’année. Par la suite, l’opinion publique ne constate plus de nouvelles nominations jusqu’à l’année suivante.

Une telle démarche n’est pas sans conséquence sur le fonctionnement de l’Administration territoriale.

Dans certaines localités, des membres du corps préfectoral sont appelés à d’autres fonctions peu après leur nomination, créant ainsi des postes vacants. L’intérim est alors assuré par d’autres responsables, dans l’attente d’une nouvelle nomination. Cette situation engendre parfois des dysfonctionnements dans la gestion des affaires courantes.

Pourtant, il fut un temps où les mouvements au sein du corps préfectoral étaient plus réguliers.

Cette fréquence contribuait à dynamiser l’action administrative et à renforcer l’image de ce département stratégique.

Selon certaines sources, malgré le dernier mouvement enregistré, plusieurs postes demeurent encore vacants dans certaines localités.

La lourdeur administrative serait en cause. Il arrive, dit-on, que la commission de nomination siège, mais que les décisions ne soient rendues publiques que six mois plus tard, retard compromettant la prise en compte de certaines évolutions.

Par ailleurs, de nombreux Administrateurs civils restent en attente d’affectation.

Dès lors, plusieurs interrogations se posent, les postes vacants devront-ils attendre un an, voire plusieurs mois, avant d’être pourvus ? Une telle situation est-elle bénéfique pour l’image de l’Administration territoriale ?

Des ajustements plus réguliers, à l’instar de ce qui se fait en France et dans d’autres pays, pourraient contribuer à éviter les vides administratifs souvent constatés.

Il convient de rappeler que les mouvements au sein du corps préfectoral ainsi que le choix des administrateurs civils, relèvent de la discrétion du ministre de l’Intérieur et de la Sécurité au regard de la vision du chef de l'Administration publique Alassane Ouattara, président de la République.

Il apparaît donc nécessaire d’attirer l’attention du ministre de tutelle sur l’importance de repenser la gestion des mouvements au sein du corps préfectoral, afin de les rendre plus réguliers et plus efficaces, en cohérence avec la vision d’une Côte d’Ivoire moderne et performante.

Article rédigé par Ange Djeni

Journaliste et analyste politique