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Le samedi 15 avril  dernier, les prisons de Côte d'Ivoire avec les différents aumôniers, amis et volontaires laïcs ont célébré la journée du prisonnier. L'occasion était belle pour le Père Basile Diané qui a fait du bien-être des prisonniers, une de ses priorités pastorales, de demander à tous ses paroissiens et visiteurs de circonstance de se mobiliser pour rendre un minimum de dignité à aux prisonniers. Fort de son expérience de visite dans des prisons européennes, il a demandé à tous les hommes de bonne volonté de ne pas fermer les yeux sur la souffrance surtout des personnes qui sont restées longtemps détenues sans jugement et de toutes celles qui vivent dans des conditions de vie inhumaine et insupportable.

Il a tenu à lever des équivoques sur l'opportunité de ses déclarations qui semblent créer quelques frustrations par-ci par-là.

« Je n'ai jamais dit que des magistrats que j'aurais désignés dans certaines localités ne travaillent pas. Le problème est global et dépasse le cas d'une prison spécifique. Le mal est profond et général, c'est pour cela que j'alerte nos gouvernants. Depuis que j'ai commencé à tirer la sonnette d'alarme, tout le monde a écouté la judicieuse intervention du ministre Sansan Kambile et les dernières décisions du gouvernement. Les prisonniers ont besoin du soutien de tous et polémiquer autour de leur situation difficile et apocalyptique, c'est comme tirer sur une ambulance ou sur un véhicule mortuaire. Je réitère ma demande en attendant la construction de nouvelles prisons annoncées, de voir des toilettes dans les cellules, permettre à des équipes de désinfection d'y passer souvent et surtout libérer ce grand lot de prisonniers qui ont largement dépassé la durée de leur détention provisoire. Notre pays, à l'heure de son développement actuel, ne peut pas avoir dans sa jeune histoire autant de prisonniers qui croupissent dans les prisons après plus de 5 ans voire plusieurs années sans jugement. Et souvent même pour des broutilles. Il faudrait réfléchir à des alternatives pour freiner ce que je qualifie d'incarcération sauvage. Que toutes les bonnes volontés se mobilisent autour des agents pénitentiaires dont je salue le dévouement et le grand cœur pour donner un visage plus humain à nos prisons ».

Une correspondance particulière de C.T