Côte d’Ivoire / Kouablan Messou : « A GPS, la démocratie et le respect des textes fonctionnent »
Après la réélection de Guillaume Soro à la tête de Générations et peuples solidaires (GPS), ses collaborateurs se préparent à investir le terrain. Son directeur de campagne, Kouablan Messou, revient sur la tenue de ces élections conformément aux textes du mouvement.
En tant que directeur de campagne de Guillaume Soro à l’élection au poste de président de GPS, après que votre candidat ait été plébiscité à la tête du mouvement, peut-on dire que vous êtes un homme soulagé ?
Avec ma collègue Anne-Marie Bonifon, nous étions les directeurs associés de campagne mais il est important de souligner que nous étions une équipe de huit personnes, hommes et femmes, choisie par le leader générationnel pour mener à bien la mission de campagne pour sa réélection. Nous sommes animés d'un sentiment de devoir accompli. Je profite donc de l'occasion que vous me donnez pour encore une fois dire merci au Président pour la confiance placée en nous et dire à mes collaborateurs que je suis fier fu travail abattu par tous. Que cette hargne nous habite pour les prochains challenges.
Guillaume Soro a révélé que le scrutin a été émaillé de contestations. Quelle était la nature de ces contestations ?
En effet, il y a eu beaucoup de contestation mais pas sur la forme du vote (électronique) mais sur les listes électorales. Pour être électeur, il fallait être soit membre de la Commission d’orientation et de coordination (COC), ou membre d'une délégation régionale et j'en passe. Il se trouve qu'après la publication des listes électorales, beaucoup n'ont pas vu leur nom et comme tous les adhérents voulaient élire leur président, il y a eu quelques problèmes que nous avons résolus en parlant aux uns et aux autres pour les apaiser. Toutes ces contestations prouvent bien qu'à GPS, la démocratie et le respect des textes que nous nous sommes donnés fonctionnent. Personne au niveau de la haute hiérarchie de GPS ne s'est immiscé dans l'organisation de cette élection. Le comité électoral a pris ses responsabilités jusqu'au bout.
Après sa réélection, le Président de GPS a décliné les 6 priorités de son nouveau mandat, notamment la poursuite de l’implantation de GPS. Comment comptez-vous mener ce chantier dans cet environnement tendu ?
Oui, le Président a décliné les six axes prioritaires de son nouveau mandat et ce sont ces axes prioritaires que nous avons vendus à nos électeurs qui y ont adhéré en l'élisant à 97,34% et à 87,54% pour les deux commissaires aux comptes, avec un taux de participation de 93,5%. Maintenant que l'élection est terminée et les priorités connues, il ne nous reste plus qu'à attaquer le terrain.
Vous me demandez comment nous comptons mener ce chantier dans cet environnement d'hostilité que nous affrontons depuis trois ans ? Je vous ai toujours dit que je suis croyant d'une part et d'autre part que Allah est juste et qu'il ne regarde ni nos visages, ni nos formes encore moins ce que nous possédons. Il regarde nos cœurs et nos actes. Je reste profondément convaincu qu'à GPS, nos cœurs sont bons et les actes pour lesquels nous voulons gouverner notre pays sont louables et Allah qui le sait, saura nous ouvrir même les portes les plus hermétiquement fermées. "Il n'y a de puissance ni de force qu'en Allah le Très-haut", le plus grand.
Ne pensez-vous pas que certains cadres gardent tactiquement le pied sur le frein en attendant de voir dans quel sens le vent va tourner ?
Oui c'est évident que certains cadres gardent tactiquement le pied sur le frein pour éviter de perdre soit leur boulot soit de voir dans quel sens le vent va tourner pour s'ouvrir à GPS où se refermer définitivement. Nous avons assez de vécu pour comprendre toutes ces choses. Une ou deux personnes abattent un éléphant pour que tout le village trouve sa pitance pendant de longues semaines. Donc, ce phénomène n'est pas nouveau.
Selon certains observateurs, GPS aurait besoin d’une sorte de secrétaire général qui serait la courroie de transmission entre le président, en exil, et la base et les autres structures. Quel est votre avis sur la question ?
Je suis parfaitement d'accord avec la position de ces observateurs et le Président partage aussi cet avis. C'est pour cette raison que dans son discours, il a parlé de mettre en place les instances du mouvement.
Devrait-on s’attendre à voir le camp Soro sur la ligne de départ des prochaines élections ?
Pour le moment, nous nous attelons à mettre en place toutes les instances de notre mouvement. Cette mise en place terminée, nous allons entamer la mise en place effective de GPS dans tous les coins et recoins de notre pays. Nous allons faire en sorte que dans tous les campements, villages, sous-préfectures, préfectures et communes, GPS soit une réalité. Pour le moment, nous ne parlons pas d'élection. Mais, quand nous serons convaincus que toutes les conditions pour gagner une élection existent dans notre pays, nous allons aviser.
La libération, jeudi dernier de Mamadou Traoré vous donne-t-il de l’espoir pour la remise en liberté d’autres proches de Guillaume Soro encore en détention ?
Je salue avec la plus grande énergie la libération de notre camarade Mamadou Traoré, ce vaillant combattant qui est resté égal à lui-même malgré les huit mois qu'il a passés en prison à Bouna et à la Maca. Merci frère pour tes convictions. J'ai toujours prié pour que nos prisons soient vides de prisonniers politiques et chaque fois qu'il y a une libération, je demande à Allah d'en faire plus.
Entretien réalisé par A.K.





