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Le malheur a encore frappé les populations de Bouaké (centre). Ce mardi 27 août 2019, les populations de Bouaké ont été réveillées, tôt le matin, par la fumée de l'incendie d'une partie du grand marché abritant le site boucherie, communément appelé "marché d'oignon". Au moment où arrivaient les sapeurs-pompiers militaires, le feu s'était propagé sur toute cette partie du marché qui est réduite en cendre. La désolation totale se lisait sur les visages des commerçants trouvés sur place. C'est en larme que le jeune Cheick Koné, vendeur de gros de pomme de terre, nous accueille. « C'est à 3 heures du matin que mon voisin du marché m'a appelé pour m'annoncer la triste nouvelle. J'arrive au marché à 3 heures 36 minutes, c'est la cendre que j'ai trouvée dans mes trois magasins. Je ne sais pas ce que je vais devenir. C'est hier que la commande de 120 tonnes est arrivée d'Abidjan. Tout est parti en fumée. Je vais faire comment pour rembourser tout cet argent qui s'élève à près de 250 million de fcfa? Comment mes enfants iront à l'école ? », s'est-t-il interrogé. Quant à Sangaré Djakaridja, vendeur de poissons secs en gros, lui préfère se donner la mort que de vivre. C'est carrément la gorge nouée par l'émotion qu'il parlait par des gestes de sourd-muet et traduit par son apprenti. « Je vais me tuer. C'est mieux comme ça. Je viens de prendre un prêt de près de 10 million pour augmenter ma marchandise, à ma banque », s'est lamenté le septuagénaire. Plusieurs magasins et des biens des commerçants ont été consumés par les flammes. Pour le moment, aucune perte en vie humaine n'a été signalée. Suite à ce drame, le premier magistrat de la commune s'est rendu sur les lieux du sinistre pour apporter son soutien et compassion aux commerçants en général et en particulier les sinistrés. Nicolas Djibo a profité pour remercier le détachement des sapeurs-pompiers militaires qui a abattu un travail colossal pour réduire le danger. Le maire a rassuré les sinistrés de ses bonnes dispositions à s’entretenir avec eux dans les jours à venir, pour mieux évaluer l’ampleur des dégâts et voir d’éventuelles mesures d’accompagnement. Une enquête sera diligentée pour situer les origines du sinistre. C'est la deuxième fois que le grand marché de Bouaké part ainsi en fumée. Il y a une vingtaine d'années en arrière, un drame similaire s'était produit. Depuis le marché de Bouaké n'a jamais été véritablement reconstruit. Alors que les autorités communales affirment avoir trouvé les moyens adéquats pour le bonheur des commerçants, le reste qui les maintient en survie vient d'être arraché à leur affection.

Oscar Kouassi

Correspondant régional