Côte d’Ivoire / Le procès de l’attentat de Grand-Bassam s’est ouvert avec 4 prévenus à la barre
Le procès des prévenus de l'attentat de Grand-Bassam a été ouvert, ce mercredi 30 novembre 2022 à Abidjan. Quatre prévenus, Cissé Mohamed, Cissé Antao, Sidi Mohamed Kounta et Barry Hassan, comparaissent devant le tribunal criminel pour répondre des charges pour lesquelles ils sont poursuivis.
A l'entame de l'audience, le greffier de service à procédé à la lecture de la lettre de renvoi de la procédure devant ce tribunal. A sa suite, les avocats commis à la défense des mis en cause, maîtres Éric Saki et Dégré, ont tenu à faire des observations sur la forme. Se référant aux articles 175 et 247 du code de procédure pénale, les avocats ont relevé qu'après lecture de cette lettre de renvoi, aucune disposition légale ne fonde l'accusation portée contre leurs clients. Ils ont exigé que la liberté d'office soit accordée aux prévenus en détention, selon eux, en violation des dispositions de l'article 175. En matière de crime, ont-ils souligné, la détention préventive dure 8 mois au maximum. Elle peut être prolongée deux fois soit 24 mois. Pour les avocats, les faits s'étant déroulés en 2016, la liberté d'office de ces prévenus s'impose.
« La loi est notre boussole. Nous devons l'appliquer. Le parquet ne saurait prétexter d'une certaine gravité pour ne pas appliquer la loi. Il ne s'agit pas d'une liberté provisoire mais d'une liberté d'office. Ce sont les exceptions soulevées », ont plaidé les avocats. Qui s'étaient inclinés sur la mémoire des victimes.
Le procureur de la République a rappelé les circonstances dans lesquelles des personnes parties profiter d'un repos bien mérité, des brises marines sont tombées sous des balles assassines. Pour le parquet, la procédure se tient dans les délais prévus par la loi. Notamment, les dispositions de l'article 175.
« Je ne sais, par quelle alchimie, ils bénéficieront de la liberté d'office », a estimé le procureur de la République.
Face à l'insistance de la défense, le tribunal a décidé de la suspension de l'audience pour statuer sur les exceptions soulevées. A la reprise, le tribunal s'est déclaré incompétent de connaître de l'exception soulevée, renvoyant la défense à la juridiction compétente.
Avant d'ouvrir les débats. Le premier prévenu à se présenter à la barre est Cissé Mohamed. Un transporteur qui s'était transformé en chauffeur du cerveau de l'attaque, Kounta Abdallah dit Kounta d'Allah. C'est lui qui s'est chargé de conduire à l'aéroport, le lendemain de l'attentat, le cerveau qui s'est envolé pour le Mali. Le prévenu soutient avoir agi en ignorant l'implication de ce dernier dans l'attentat de Grand-Bassam.
16 personnes ont été tuées dans l'attaque djihadiste de la station balnéaire très populaire de Grand-Bassam, le dimanche 16 mars 2016. Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) a revendiqué l'attentat, le premier de ce type en Côte d'Ivoire.
S.B.





