Côte d’Ivoire / Les avocats espagnols de Soro affirment avoir saisi la cour de justice de Barcelone
L’ancien président de l’Assemblée nationale ivoirienne a saisi le cabinet d’avocats, Del Castillo, pour défendre ses intérêts devant la Cour Pénale catalane en Espagne, suite à son « enlèvement manqué », dans la nuit du 7 au 8 octobre dernier, à l’hôtel El Palace de Barcelone.
Ce mercredi 16 octobre 2019 et en présence de Maître Affoussy Bamba, avocate au Barreau de Paris et conseillère de Guillaume Soro, ses avocats ont animé une conférence de presse, pour expliquer toutes les procédures engagées dans l’affaire.
La défense conduite par Me Berta de Castillo, fille du fondateur du cabinet et Valero Xavier, expert pénaliste, ont rappelé les faits, soulignant que Guillaume Soro a été séquestré durant deux heures de temps, autour de 3 heures du matin, dans sa chambre d’hôtel El Palace par des individus habillés en uniforme de police barcelonaise.
Face à la presse, en direct sur les réseaux sociaux, Me De Castillo a souligné d’emblée la qualité de son client l’ex-chef du Parlement ivoirien qui est candidat à l’élection présidentielle de 2020. Ce qui choque et donne un caractère « rocambolesque » à la situation qui a prévalu sur le sol de Barcelone. « C’est une violation de droit fondamental d’un citoyen étranger chez nous. On a mis en marche une procédure pénale pour situer les responsabilités », a déclaré Berta De Castillo, héritière du premier président de la Cour pénale internationale.
Selon elle, après avoir recueilli l’aveu de Guillaume Soro, ils ont considéré les faits, sur la base des indices de preuves donnés, comme pouvant être parfaitement « dénonciables ». Aussi, ont-ils porté plainte ce mercredi matin devant Cour de Justice de Barcelone. « Parce que si on avait pas cru à ce qu’il nous a dit et qu’il peut prouver avec des preuves, on aurait pas porté de plainte », assure l’avocate.
La plainte portée, souligne la Défense de Guillaume Soro, s’appuie sur « des éléments probants de preuve », dont le courrier électronique de réservation de l’hôtel émis par le client, son ticket de TGV qui prouve son arrivée dans la ville ce même jour, et surtout la note d’excuse à lui adressée de la part de la direction de l’hôtel El Palace, et un autre message d’excuses de l’Ambassadeur de l’Espagne en Côte d’Ivoire.
Dans la suite de la procédure, les avocats soulignent avoir formulé la requête auprès de la Cour de justice de Barcelone afin qu’elle se saisisse des films des vidéos de surveillance pour voir la chronologie des faits durant cette nuit dans l’hôtel. Ce qui permettrait d’identifier les hommes en tenue qui se sont présentés à la porte de Guillaume Soro, savoir si ce sont effectivement des policiers, s’ils se sont faits identifiés à la réception de l’hôtel, etc. Le tout, selon Berta De Castillo, étant de savoir pourquoi la police a débarqué ce soir dans sa chambre, qui est derrière, pourquoi le policiers sont repartis après deux heures de pression sur le client de l’hôtel, etc. « Si ce n’est pas une erreur, il faut que le Juge nous situe sur le fait, nous voulons savoir s’il n’y a pas quelque chose à condamner ».





