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La mort du frère Dibopieu (paix à son âme !) doit, au-delà de nos pleurs et hommages, ouvrir nos yeux sur la dramatique et pathétique situation dans nos prisons. Je ne m'en lasse pas de le répéter et de lancer un appel aux autorités compétentes de rendre nos prisons viables. La mort du frère est incontestablement liée à son séjour douloureux et éprouvant en prison.

Ce qu'il y a vécu est apocalyptique et sans nom. Comment la Côte d'Ivoire peut-elle faire souffrir ses propres enfants et les tuer à petit feu? Dans l'indifférence de tous. Si le président Gbagbo et Charles Blé Goudé avaient été emprisonnés en Côte d'Ivoire, ils seraient aujourd'hui défigurés et moribonds. La mort pathétique d'un de nos enfants (une fois de plus!) ne fera qu'ouvrir une fois de plus la série des morts agonisantes de tous ces leaders politiques et autres combattants de la démocratie qui sont encore en prison, qui ont été emprisonnés et qui seront bientôt encore emprisonnés.

Puisse la mort de Jean Yves interpeller chacun de nous. Sortons vite tous nos enfants qui n'ont rien à faire en prison de nos prisons mouroirs. Mobilisons (j'y invite toutes les personnes de bonne volonté) pour sortir ceux qui y sont pour des raisons équivoques ou sans raisons (oui, ça existe!). Libérons au plus vite ceux qui y croupissent sans jugement depuis de nombreuses années. Rendons les prisons ivoiriennes plus humaines et viables. Chacun se doit de s'approprier ce combat.

Jean Yves, repose en paix et prie pour ce pays défiguré et balafré.

Père Basile Diané, prêtre journaliste écrivain, auteur du livre "Delivre les miens du mal" paru à Paris en 2018