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Le père de la Côte d’Ivoire moderne, Félix Houphouët-Boigny, a, durant sa lutte politique pour l’indépendance de notre pays, bénéficié de la collaboration de nombreux compagnons. Certains d’entre eux ont fait de la prison, d’autres, moins chanceux, ont été assassinés lors des événements politiques qui ont précédé l’accession de la Côte d’Ivoire à l’indépendance.

Afin d’honorer leur mémoire, le Président Félix Houphouët-Boigny a fait des enfants ou des parents de ces compagnons de lutte, des personnalités politiques influentes au cours de sa gouvernance. Plusieurs ont été nommés à de hautes fonctions de l’Etat tandis que ceux qui étaient encore en vie ont accédé à des postes de présidents d’institutions de la République ou de ministres. Houphouët-Boigny leur témoignait affection, considération, estime et grande générosité, en reconnaissance de leur contribution à la lutte pour l’indépendance.

Son successeur, feu le président Henri Konan Bédié, tout comme l’ancien président Laurent Gbagbo, ont également posé des actes de générosité envers leurs compagnons de lutte. Beaucoup de militants ayant tout perdu lors des années difficiles du FPI de sa création à son accession au pouvoir en octobre 2000, ont bénéficié de ce soutien.

La création du RDR par feu Georges Djeni Kobina, jusqu’à l’accession du parti au pouvoir, a également été une période marquée par des sacrifices. Plusieurs personnalités ont perdu leur emploi d’autres ont été emprisonnées. Certains n’ont pas eu la chance de voir leur leader, Alassane Ouattara, accéder à la magistrature suprême. D’autres ont même perdu la vie dans cette lutte.

Avec l’avènement du RDR au pouvoir, une reconnaissance ne serait-ce que minimale et financière aurait pu être attendue, à l’image du modèle instauré par le père de la Nation, dont l’actuel Président de la République se réclame disciple.

Les enfants, neveux ou proches des membres fondateurs du RDR devraient être récompensés à la hauteur du combat mené par leurs parents. La lutte politique fut rude, de la création du RDR jusqu’à la conquête du pouvoir d’Etat en 2011.

Il est temps que le président de la République règle enfin cette question, devenue une sorte de page sombre au sein de la grande famille politique, malgré la mutation du RDR en RHDP. Le RDR demeure en effet le pilier de cette coalition, la majorité des militants du RHDP en étant issus.

Il n’est pas trop tard pour que le président de la République pose un acte d’humanisme et de générosité afin de redonner espoir et reconnaissance à ces pionniers politiques qui ont œuvré pour la victoire d’hier et les combats de demain.

Par Evariste Adou

Analyste politique