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Face à la montée de la pauvreté, de l'exclusion sociale et du découragement, l'abbé Abékan invite les chrétiens à ouvrir les yeux et les cœurs. Il appelle les hommes de bonne volonté à redécouvrir ce qu'il appelle « l'outil du regard ». Une démarche spirituelle et citoyenne qui consiste non seulement à voir la souffrance du monde, mais aussi à agir pour la soulager. En référence à la parole du Christ à saint Thomas : « parce que tu m'as vu, tu crois ? ».

Le prêtre ivoirien développe une réflexion autour de trois dimensions essentielles : voir et croire, voir et savoir, voir et pouvoir.

Pour lui, le regard authentique ne se limite pas à constater la réalité. Il conduit à une prise de conscience et à une responsabilité.

« J'ai vu mon frère sans domicile sous la pluie, la veuve et l'orphelin rejetés, le prisonnier oublié dans sa cellule, le vieillard abandonné et l'enfant de la rue affamé », écrit-il. Ces constats décrivent les multiples visages de la détresse humaine. Selon l'abbé Abékan, voir la souffrance de l'autre impose une question fondamentale : « Que puis-je faire ? Que dois-je faire ? », car l'indifférence transforme le témoin en complice silencieux.

Le Père Norbert dénonce également les mécanismes qui entretiennent l'injustice sociale. Il évoque l'existence de « structures de péché » ou encore de « structures de la mort », qui creusent davantage le fossé entre les riches et les pauvres. Il s'inquiète particulièrement de la situation de nombreux jeunes attirés par les drogues et les comportements destructeurs.

Face à ces réalités, le responsable ecclésial refuse tout fatalisme. Il invite chacun à prendre conscience des dons reçus de Dieu : intelligence, talents, charismes, volonté et liberté. « Ne dis plus jamais, mais comment va-t-on faire ? », exhorte-t-il, et estime que Dieu a déjà placé en chaque personne les ressources nécessaires pour agir et transformer son environnement.

Dans un message plein d'espérance, il reprend une formule populaire du monde anglophone : « You can, we can ! », qui veut dire : « tu peux, nous pouvons ». Il encourage les personnes découragées à ne pas abandonner le combat pour la justice, la paix et la dignité humaine.

Pour l'abbé Abékan, l'outil du regard devient ainsi un véritable programme de vie : voir pour savoir, voir pour pouvoir et voir pour devoir agir. Une invitation à faire de la compassion, un engagement concret au service des plus vulnérables.

« Mon soutien à tous les désespérés et à tous les découragés qui sont tentés d'abandonner le combat », conclut-il, en appelant chacun à demeurer acteur de l'espérance dans une société en quête de fraternité et de justice.

Rémy Montini Dago