Côte d’Ivoire / PND 2026-2030 : L'inquiétude de Ouattara
La table ronde des bailleurs de fonds, tenue les 8 et 9 juillet 2026 à Abidjan, a été un franc succès. Elle a permis de recueillir 80 milliards de dollars d'intention, au lieu de 20 milliards de dollars attendus (114.838,5 milliards de FCFA) pour le financement du Plan national de développement (PND, 2026-2030).
Si l'émergence en 2020 a été une illusion, la nouvelle feuille de route autour d'environ 800 projets devrait permettre de hisser la Côte d'Ivoire au rang des économies à revenu intermédiaire supérieur d'ici 2030.
En réalité, ces nouvelles appellations noient le poisson pour berner les populations. Ces discours traduisent les mêmes situations qu'ont vécu les pays africains jusqu'au milieu des années 1990 où l'on parlait de pays développés, de tiers monde et de quart monde.
La Côte d'Ivoire n'est donc pas sortie de l'auberge, malgré une dette de plus de 33 mille milliards de francs CFA, représentant plus de 57% du PIB et un service de la dette qui avoisine un peu plus de 30% du budget national. Et quand Alassane Ouattara, qui a de moins en moins d'emprise sur un entourage vénal, déclare qu'il "faut transformer les engagements en des réalisations tangibles", il exprime une inquiétude.
En effet, le pays va se trouver au pied du mur. Il est si gangrené par des pratiques peu orthodoxes (corruption, instinct clanique, etc.), que ses capacités de gestion vont être mises à rude épreuve. La Côte d'Ivoire ne s'est pas particulièrement distinguée par des systèmes en rupture avec la vision à long terme, l'efficacité et la bonne gouvernance, avec les goudrons biodégradables et les nombreux dossiers de corruption et de détournement de fonds qui inondent le Pôle pénal économique et financier (PPEF) au point que le pays reste dans les griffes du GAFI.
Ainsi, le projet de valorisation de la baie de Cocody, d'un montant de 272 milliards de FCFA pour transformer 136 hectares de la lagune Ébrié en un pôle touristique, est tombé à l'eau. Les promesses électorales d'Alassane Ouattara de 100 milliards de francs CFA pour améliorer les conditions de vie des millions d'habitants des quartiers précaires d'Abidjan, ont vécu le temps d'une mouche éphémère.
Et au lieu du Projet d'aménagement des quartiers restructurés d'Abidjan (PAQRA, budget de 33 milliards de FCFA), ce sont les bulldozers qui ont rasé les quartiers visés (notamment Gesco et Koumassi Campement) et délogé des milliers d'habitants, rendant caduc le projet "Un Ivoirien, un toit", etc. Le PND, destiné à sauver le pays, se retrouve, à sa naissance, dans un sable mouvant.
Une contribution de F. M. Bally





