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La Côte d'Ivoire est une belle fille de l'Afrique qui est devenue le théâtre des convoitises multiples des leaders politiques tant nationaux qu’internationaux. Après la mort de Félix Houphouët-Boigny, président fondateur de la République de Côte d'Ivoire, elle ne pouvait qu'en être ainsi, comme sa mère Afrique qui, dès les origines de sa découverte a été la source des massacres des colonisateurs. Elle a subi de nombreuses divisions, des guerres, des conflits, des oppositions entre filles et fils du même continent. Ces colonisateurs, n'avaient qu'à se soucier de leurs propres intérêts.

L'unique objectif qui les animait, c'est l'exploitation des terres, du minerai, emporter les richesses du continent, appauvrir la nature généreuse que l'Afrique offrait à ses enfants. Et, cela depuis 1884, date historique, jusqu'à nos jours. Ils continuent de diviser les pays africains par les dirigeants politiques. Les preuves ne manquent pas à l'histoire du continent noir consignée dans des documents multiples du passé comme ceux du passé récent. En tenant compte des manipulations multiples et des ficelles des marionnettes tenues dans leurs mains, l'Afrique reste toujours agitée, jamais stable. Elle se tourne contre elle-même et s'entretue à longueur des journées pour la cause du passé, la même cause : "les intérêts".

Face aux regards des colonisateurs fixés sur les biens du continent, l'Afrique peut-elle espérer être propriétaire de ses propres dons naturels, capable d'en disposer librement ? Est-elle en mesure de donner vie à sa liberté politique dans un élan démocratique et équitable ? Dommage qu'elle subit encore la pression coloniale sous diverses formes. Il est vrai que les chaînes de l'esclavage ne demeurent pas visibles. Mais de manière invisible, l'itinéraire est connu. Il part de l'Afrique vers le colonisateur et du colonisateur en Afrique. L'esclavage se poursuit. Il est imposé autrement par les colonisateurs aux filles et fils du continent africain. A quand la liberté définitive de l'Afrique sur ses multiples axes qui demeurent confisqués arbitrairement ?

Une lutte s'impose à définir et à attribuer les biens africains à qui de droit. La guerre des intérêts doit prendre fin. Elle est non seulement criante mais également honteuse. Elle mérite d'être abolie puisqu'elle oppose les ayant droits à s'entretuer pendant qu'eux, les partenaires politiques, se servent de ses richesses pendant les guerres. Le jeu est visible et flagrant. Il doit être affaibli, détruit et jamais servir d'écran. La Côte d'Ivoire est fatiguée des nombreux vols qui conduisent au combat d'intérêts en Afrique.

Les propositions des évêques catholiques

Et pour mettre fin à la distribution illégale des biens des Ivoiriens qui coûtent chers à la Côte d'Ivoire, que lutte la classe politique Ivoirienne, les évêques catholiques proposent une perle précieuse qu'ils tiennent entre leurs mains. Il s'agit de la Paix. Et vous autres, leaders politiques, qu'avez-vous entre vos mains ? Rien que des intérêts. Il n'est pas encore tard. Mieux aller à la paix. Par elle, il est possible d'obtenir les intérêts pour lesquels les combats et les luttes deviennent des stratégies courageuses pour s'enrichir illicitement. La Côte d'Ivoire est la patrie du Christ.

Depuis les origines elle a connu la visite des missionnaires catholiques membres de la société des missions africaines (SMA) qui avec les évêques et prêtres catholiques l'ont bâti. La construction des premières écoles pour former des instituteurs ivoiriens et des élites intellectuelles a permis d'instruire et d'évangéliser les populations. Par les actes et paroles, les traces de l'amour devraient consolider la fraternité. Hélas ! La gestion s'est poursuivie par la création des œuvres de charité sanitaires, par la construction des hôpitaux pour le bien-être de la population ivoirienne. Cela devrait aider l'ensemble des Ivoiriens et habitants du territoire national à écouter les évêques catholiques à dire non aux crises en attente.

L'espace territorial ivoirien n'est pas un champ de déshumanisation, ni le site des massacres et des violences mais le lieu de relever l'éducation, la construction de la dignité humaine comme l'exprime hymne national dont la réflexion des paroles sont inspirées de Monseigneur Pierre Marie Coty, la musique et la composition du Père Michel Pango, évêques et prêtres catholiques, membres de l'Union fraternelle du clergé ivoirien (UFRACI), qui méritent respects. Eux qui ont légué le bel héritage de la fraternité aux Ivoiriens avant de franchir les portes du paradis pour la vie. Ne pas respecter leurs mémoires, ne pas écouter les évêques et les prêtres qui ont travaillé pour le bien-être et la prise en charge de l'Ivoirien d'hier et d'aujourd'hui, par la mise en place des structures hospitaliers et tant d'autres, c'est condamner la Côte d'Ivoire à des crises.

L'appel à l'unité des Ivoiriens par les évêques catholiques, c'est d'éviter à chacun de réduire la belle nation en cendres. Lire les paroles de l'Abidjanaise, c'est s'évangéliser soi-même. Aimer Dieu, son prochain et la Côte d'Ivoire. L'Abidjanaise est remplie des paroles du Christ à qui appartient la Côte d'Ivoire. Elles sont inspirées par Dieu qui a fait de la Côte d'Ivoire, un pays d'hospitalité, de fraternité et d'espérance. Elle est le pays de Dieu. La réflexion des évêques et prêtres était d'en faire un paradis.

« Elle est donc la nouvelle patrie du Christ », selon Monseigneur Paul Poupard, envoyé spécial du pape Jean Paul II, en Côte d'Ivoire lors de la célébration du centenaire de l'église catholique dans le diocèse de Grand-Bassam en 1995, à la place Saint-Esprit. La vision des évêques et prêtres catholiques est donc salutaire. Malheureusement, elle demeure en retard de la traînée des visions politiques qui fragilisent la paternité des évêques catholiques de l'ensemble des Ivoiriens dans la foi. Les évêques catholiques ont pour souci, d'épanouir les habitants de la patrie et non, de les attrister. Tendre une oreille à leurs appels, c'est emprunter le chemin de l'unité et de la Paix. Voilà la vision des évêques catholiques à l'orée de l’élection présidentielle du 25 octobre 2025 prochain, qui constitue le fond de l'alerte : "Evitez-nous une autre guerre !". Un cri de cœur entendu depuis Agboville lors de la 113e assemblée plénière de la conférence des évêques catholiques de Côte d'Ivoire (CECCI) du 17 au 23 Juin 2019 en la Cathédrale Saint Jean Marie Vianney. Parce qu'en réalité, les évêques ont l'héritage du pays en main. L'unique Trésor dont ils disposent est la "Paix". Elle a besoin d'être préservée. Encore la conférence des évêques catholiques de Côte d'Ivoire convie tous les habitants du territoire national à l'unité et à la paix. Opposer un refus systématique à leur message, c'est condamner les Ivoiriens à des crises.

Rémy Montini Dago