cote-divoire-pulcherie-gbalet-apres-sa-liberation-la-prison-ne-me-fera-pas-taireje-reprendrai-la-lutte-la-ou-je-lai-laissee.jpg

La militante des droits de l’Homme et présidente de l’Ong Alternative citoyenne ivoirienne (Aci) libérée, a annoncé, ce vendredi son retour pour reprendre la lutte là où elle l’avait laissée ». « J’annonce donc solennellement que je suis de retour pour poursuivre le combat », a lancé Pulchérie Gbalet au cours d’une conférence de presse. 

Pour la président de l’Ong Aci, « Notre véritable liberté passe par une lutte acharnée contre la cherté de la vie et donc contre la faim. La cherté de la vie est devenue intenable. Sachez que je ne trahirai jamais la lutte et je reprendrai la lutte là où je l’ai laissée.  La liberté d’expression est un droit constitutionnel et c’est la société civile qui exerce ce droit sans pression pour assurer son rôle de contrôle de l’action publique ».

Pulchérie Gbalet assure être dans son droit au regard de la loi ivoirienne.

« Je suis donc dans mon rôle d’acteur de la société civile et de défenseure des droits de l’Homme, protégée par la loi n°2014-388 du 20 juin 2014 portant protection et promotion des défenseurs des droits de l’Homme. Laquelle loi, en son article 3 m’autorise à m’exprimer sur les questions touchant les libertés et les droits fondamentaux de mes concitoyens ». La militante des droits de l’Homme se dit ne pas être intimidée ni déstabilisée par l’oppression du pouvoir qui s’abat sur elle.

« Ainsi, mon combat pour la liberté d’expression dans un Etat démocratique et respectueux des droits de l’Homme, ne s’arrêtera pas et la prison ne me fera pas taire, pour le bien-être de mes concitoyens. Rien donc n’entamera mon ambition et ma détermination à œuvrer pour une meilleure gouvernance pour la Côte d’Ivoire. Et personne ne me fera taire sur les questions liées à la cherté de la vie, aux injustices et aux abus de pouvoir, aux violations constitutionnelles, à la réconciliation nationale qui est restée un slogan, à la caporalisation des médias d’Etat, aux déguerpissements abusifs à cause de la course aux infrastructures, au statut de la magistrature, au mal-être social qui se traduit par la migration des jeunes et au suicide devenu récurrent, l’incivisme et à l’actualité socio-politique. Sortir de prison, je suis libre de jouir de mes libertés et de mes droits fondamentaux que j’exerce comme tous les citoyens devraient être libres de les exercer. Rien ni personne ne m’empêchera de revendiquer pour le meilleur de mon peuple », a-t-elle asséné avant d’inviter ses concitoyens à se joindre à son combat.

« Les mardis de Pulchérie Gbalet reprendront le 28 février 2023 avec la même verve. Que tous ceux qui veulent participer au combat suivent nos pages officielles et soient à l’écoute. C’est ensemble que nous gagnerons le combat pour la justice », a lancé la combattante.

Mme Gbalet, présidente de l'organisation Alternative citoyenne ivoirienne (Aci), avait été arrêtée, le 22 août 2022 puis incarcérée à la Maison d'arrêt et de correction d'Abidjan (Maca).

Une incarcération liée à un voyage au Mali où étaient alors détenus 49 soldats ivoiriens accusés d'être des "mercenaires" par les militaires au pouvoir à Bamako, le gouvernement ivoirien affirmant qu'ils se trouvaient en territoire malien pour le compte de l'ONU.

A.K.