Côte d’Ivoire : Quel rôle pour les guides religieux et la Chambre des rois et chefs traditionnels dans le décryptage du climat politique et la promotion d’un dialogue inclusif ?
Les gardiens de nos traditions et les ministres des cultes sont des acteurs incontournables de la paix au sein de notre société.
Face à la situation socio-politique tendue que connaît la Côte d’Ivoire depuis l’élection présidentielle d’octobre, il est temps que ces deux entités contribuent, chacune à sa manière, à rapprocher les différents acteurs politiques.
Leur engagement pourrait favoriser l’ouverture d’un dialogue politique inclusif, condition essentielle pour désamorcer la crise qui fragilise le pays depuis plusieurs mois.
Le Président de la République, garant de la cohésion nationale, doit poser un geste fort d’apaisement envers les prisonniers d’opinion, afin de réduire les tensions sociales.
Les populations aspirent à vivre dans un climat de paix, gage de stabilité politique et de confiance pour les partenaires internationaux désireux d’investir en Côte d’Ivoire.
Les principaux acteurs politiques Alassane Ouattara, Laurent Gbagbo, Tidjane Thiam, Guillaume Soro et Pascal Affi N’guessan doivent impérativement se parler pour préserver un climat social déjà volatile et éviter toute escalade à l’approche des élections législatives. Depuis des décennies, les scrutins électoraux sont souvent sources de conflits dans notre pays. Après les pertes humaines et les dégâts matériels enregistrés lors de la dernière présidentielle, il est urgent que les guides religieux et les chefs traditionnels initient une série de rencontres avec les leaders politiques afin d’apporter leur modeste mais précieuse contribution à la consolidation de la paix.
La Côte d’Ivoire, au regard de son rôle dans le concert des nations, ne doit pas retomber dans une nouvelle crise. Dans un contexte régional marqué par la menace terroriste au Sahel et en Afrique de l’Ouest, une déstabilisation interne aurait des conséquences dramatiques pour la population.
Les ministres des cultes et les gardiens de nos traditions jouent aujourd’hui leur crédibilité.
Leur responsabilité dans la préservation de la paix et de la cohésion sociale est pleinement engagée.
Ils ne peuvent rester spectateurs face à la gravité de la situation actuelle.
Ils doivent être de véritables ambassadeurs de la paix, comme ils ont su l’être par le passé.
Aucun acteur politique ne resterait insensible à une telle initiative, salutaire pour la stabilité du pays.
Après les nombreuses crises traversées, les Ivoiriens attendent un geste fort de la part de ceux qu’ils écoutent et respectent leurs chefs traditionnels et leurs guides religieux.
Evariste Adou
Analyste politique





