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Qu’est-ce qui ne va pas au sein des dépositaires de l’autorité coutumière et traditionnelle, gardiens des us et coutumes de Côte d’Ivoire ? Cette préoccupation est, aujourd’hui exprimée par bien de personnes au regard de l’apparente confusion qui prévaut chez nos têtes couronnées.

Ces derniers temps, les rois, chefs traditionnels, chefs de communautés et autres autorités coutumières ont choisi de laver leur linge sale sur la place publique et non en famille. A travers différentes déclarations faites dans la presse locale. Au grand dam de leurs administrés, déroutés, renversés par de telles attitudes et qui cherchent à comprendre ce qui ne va pas. Car, pour ceux-ci, le désaccord autour de la volonté d’une partie d’organiser une cérémonie d’hommage au président de la République, Alassane Ouattara, ne saurait justifier ces piques qu’ils se lancent.

En effet, le mercredi 6 avril 2022, au cours d’une conférence de presse, sa majesté Désiré Tanoé, président de la Chambre nationale des rois et chefs traditionnels de Côte d’Ivoire (Cnrct), a dit son opposition au projet du Conseil supérieur des chefs coutumiers de Côte d’Ivoire (Cscc-ci) visant à rendre hommage au chef de l’Etat, le 9 avril dernier. En réaction à cette sortie, le Conseil supérieur des chefs coutumiers, par la voix de son président, Yoro Gouahouri Mathias, s’est étonné des propos tenus à leur endroit par le président du Cnrct.

 « Lors de sa conférence de presse du mercredi 6 avril 2022, sa majesté Tanoé Désiré, président de la Chambre nationale des rois et chefs traditionnels de Côte d’Ivoire s’est insurgé contre les comportements dits « peu catholiques » des associations de chefs coutumiers de communautés et de quartiers qu’il a qualifiés « d’imposteurs, de dissidents… » dont le seul crime est de vouloir organiser une journée de reconnaissance et d’hommage au chef de l’Etat. Sans toutefois tomber dans la polémique stérile et déshonorante, nous avons décidé d’exercer notre droit de réponse pour éclairer le public sur la réalité de la situation ». Cette réalité, soutient-il, permet au Conseil supérieur des chefs coutumiers d’organiser une journée de reconnaissance sans demander l’autorisation de la Chambre dirigée « provisoirement par Tanoé Désiré ».

Pendant qu’a lieu cette passe d’armes, une autre structure, le Conseil national des chefs coutumiers de communautés urbaines dirigé par Vessou Bamba entre en scène. Il invite la Cnrt à faire la distinction entre le Conseil national des chefs coutumiers de communautés urbaines et le Conseil supérieur des rois et chefs traditionnels de Côte d’Ivoire. Les rois et chefs traditionnels à qui le président de la République, Alassane Ouattara, a donné un statut gagneraient à instaurer la sérénité en leur sein. Et surtout à y mettre de l’ordre. Car, l’on dénombre aujourd’hui, 75.000 chefs de communautés et 11.500 rois et chefs traditionnels.

Pour ce qui est de l’hommage des têtes couronnées, le Conseil supérieur des rois et chefs traditionnels de Côte d’Ivoire, alors dirigé par le roi Agnini Bilé 2, a organisé une cérémonie d’hommage au chef de l’Etat, président de la République, Alassane Ouattara, en 2014. Une autre cérémonie d’hommage ne serait pas de trop. A la seule condition, comme le souhaite d’ailleurs à raison Alassane Ouattara, qu’elle se prépare dans une atmosphère d’entente retrouvée.

S. B.