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L’ancien ministre des Droits de l’homme et ancien porte-parole du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (Rhdp) a donné, ce lundi 30 mai 2022 à son cabinet, les raisons de l’échec du processus de réconciliation notamment le dialogue politique qui ne donne pas de résultats probants. Joël N’guessan présentait sa dernier ouvrage intitulé « Dialogue et réconciliation en Côte d’Ivoire, l’éternel recommencement ».

Pour le cadre du Rhdp, deux éléments fondamentaux manquent au processus de  réconciliation nationale pour qu’il marche ainsi qu’il l’a signifié au président de la Commission dialogue, vérité et réconciliation de l’époque, Charles Konan Banny. « J’ai constaté qu’on recommence sans cesse les mêmes choses. Depuis le Forum de réconciliation national, Ouaga 1 et 2, Accra 1, 2 et 3, Prétoria 1 et 2, la Cdvr, on fait la même chose. J’ai même l’impression qu’on fait du copier coller. Dans le cadre de la Cdvr, j’ai dit à Charles Konan Banny qu’il manquait la Repentance et le Pardon. Sans ces deux éléments, rien ne pouvait marcher. Quand il y a les crises, personne ne reconnait ses responsabilités. Quand on ne reconnait pas ses responsabilités, on ne dit pas la vérité. Le mot responsabilité ne fait pas partie de notre morale politique. Quand on reconnait ses responsabilités, on cherche à se repentir et au-delà, on demande pardon », a tranché l’ancien porte-parole du Rhdp.

 

Guillaume Soro et Charles Blé Goudé on officiellement demandé pardon

Toutefois, Joël N’guessan informe que parmi les acteurs politiques, deux jeunes ont fait preuve d’humilité quant à leur implication dans les crises vécues en Côte d’Ivoire. « Guillaume Soro a officiellement demandé pardon pour son rôle néfaste dans les crises ivoiriennes. Blé Goudé a écrit officiellement pour demander pardon », révèle-t-il. Si d’autres acteurs leur ont emboité le pas, c’est de façon indirecte.

« Le président Ouattara a envoyé son ministre de la Défense demander pardon à Vavoua. Au cours de la tournée du président Laurent Gbagbo à l’ouest, j’ai vu écrit sur une pancarte, « le Pdci du président Bédié demande pardon au peuple Wê. Pascal Affi N’guessan l’a écrit dans son livre qu’il m’a dédicacé mais il ne l’a pas dit publiquement. Je ne crois pas que demander pardon peut desservir. Cela grandit bien au contraire. Ne pas le faire signifie qu’on est prêt à le recommencer », a condamné Joël N’guessan. Pour lui, « on doit arrêter de ruser avec la réconciliation et accepter ses responsabilités dans les crises ». C’est pourquoi, il dit ne pas comprendre pourquoi Guillaume Soro Et Charles Blé Goudé n’ont pas été conviés au processus de dialogue politique. « Ils comptent dans ce pays. Pourquoi on n’a pas créé les conditions de leur présence et de leur participation à ce dialogue. Si on veut la paix en Côte d’Ivoire, tous ceux qui ont joué un rôle dans les crises, depuis Félix Houphouët-Boigny doivent être associés au dialogue politique.

A la repentance et au pardon, l’ancien ministre  ajouté la lutte contre l’impunité pour garantir le succès du dialogue politique. « On demande la libération des prisonniers politiques mais il y a eu des morts dans les événements qu’on a connus. Tant qu’on demeurera dans l’impunité, ça va continuer. La véritable paix, ce ne sont pas les résolutions. C’est ce qui est caché dans le cœur. Sans repentance ni pardon ni lutte contre l’impunité, on ne pourra pas aller à la paix », a dénoncé Joël N’guessan.

A.K.