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La modification de l’article 185 du code pénal ivoirien fait débat entre les députés de l’opposition qui ont refusé de voter le texte estimant qu’il viole le principe de la liberté d’expression contenu dans la constitution et leurs collègues du pouvoir. Le dimanche 9 juin 2024, sur le plateau de la chaîne de télévision privée, Nci, des juristes du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) ont joint leur voix à celle des députés au pouvoir. Tirant exemple de la crise provoquée par la modification de la constitution ivoirienne en 2016, un cadre de Générations et peuples solidaires (GPS) de Guillaume Soro tire la sonnette d’alarme. Sur sa page Facebook, Mamadou Traoré attire l’attention des Ivoiriens sur l’interprétation que font les juristes du RHDP de cet article 185 du code pénal.

 

« Face aux propos des juristes du RHDP sur Nci (ndlr : nouvelle chaîne ivoirienne), soyons vigilants, ne baissons pas la garde.

J'ai suivi avec intérêt le débat intéressant sur la modification de l'article 185 du code pénal sur NCI, hier qui fait en ce moment l'actualité.

À la suite des échanges, j'ai retenu les idées suivantes.

1.La modification a porté sur l'alinéa 1 de cet article qui porte sur l'apologie du crime et autres.

2.La réaction des députés de l'opposition a porté sur l'alinéa 2 de cet article qui n'a pas été proposé à modification. Et cet alinéa existe depuis 1981.

En conclusion, selon les juristes du RHDP, les accusations portées par l'opposition concernant une violation des libertés d'expression portant sur cet article seraient fausses.

Ils semblent nous dire que les députés de l'opposition n'auraient pas compris l'esprit de la modification de l'article 185 et que ces derniers auraient désinformé l'opinion.

Ils semblent nous dire qu'il n'y aurait aucun risque de critiquer ou de s'opposer aux décisions de la justice concernant par exemple la condamnation d'un opposant par cette justice si cette condamnation ne porte pas sur l'apologie du crime.

Je rappelle que les ivoiriens sont habitués à ce genre de pratique de la part des juristes du RHDP.

En effet, pendant la modification de la Constitution en 2016, l'opposition a dit que cette modification donnerait à Alassane Ouattara un troisième mandat si elle était adoptée.

Il s'est trouvé des juristes du RHDP dont les ministres Cissé Bacongo et Sassan Kambilé, rédacteurs de cette Constitution, pour venir démontrer aux ivoiriens et aux députés que cette nouvelle Constitution ne permettait pas à Alassane Ouattara de faire un troisième mandat.

Et nous y avons tous cru parce que ces propos venaient de sachants et de spécialistes du droit. Fort de leurs assurances, j'avoue avoir voté pour cette Constitution.

Chemin faisant qu'avons constaté ?

Les deux Ministres du RHDP, chemin faisant, se sont dédis. Le Ministre Bacongo est allé dire devant l'opinion qu'il n'avait pas bien compris la Constitution et que celui qui l'avait bien comprise c'est Alassane Ouattara qui n'est pas juriste. Alassane Ouattara lui-même a dit qu'il comprenait la Constitution mieux que ses rédacteurs.

Les cadres et militants du RHDP ont dit clairement que Cissé Bacongo n'était pas un spécialiste de la Constitution et que ses propos n'engageaient que lui. Qui, mieux que les membres du Conseil Constitutionnel pour expliquer la Constitution selon eux ? Pour eux, cette nouvelle Constitution permettait à Alassane Ouattara d'être candidat contrairement à ce qu'ont dit les Ministres Cissé Bacongo et Sassan Kambilé.

Demain, on viendra nous dire que l'interprétation de la modification de l'article 185 du code pénal qu'ont fait sur le plateau de NCI les juristes du RHDP est fausse et qu'ils n'ont pas compris l'esprit de cet article.

Par conséquent, tous ceux qui vont critiquer les décisions de justice se verraient jetés en prison.

On dit que quand tu as été mordu par le serpent, tu te méfies du ver de terre.

Hier, au sujet de la Constitution, les juristes du RHDP nous ont roulés dans la farine.

Je suis convaincu qu'ils sont en train de nous rouler dans la farine au sujet de l'article 185 du code pénal.

C'est pourquoi je demande aux ivoiriens d'être vigilants.

Les juristes du RHDP sont en train de nous endormir au sujet de la modification cet article du code pénal comme ils nous ont endormis au sujet de la modification de la Constitution de 2016.

Soyons donc vigilants et ne baissons pas la garde.

Je répète. Hier, nous avons été floués par les juristes du RHDP au sujet de la modification de la Constitution en 2016.Nous serons floués par eux au sujet de la modification de l'article 185 si nous gobons ce qu'ils nous disent à ce sujet. Soyons donc vigilants ».