Côte d’Ivoire / Voici les 4 arguments de Laurent Gbagbo pour sa réinscription sur la liste électorale
L’ancien président ivoirien s’est rendu, ce jeudi 8 juin 2023 au siège de la Commission électorale indépendante (CEI) locale de Cocody Angré pour faire sa réclamation après sa radiation de la liste électorale de son pays. Laurent Gbagbo a informé la presse nationale et internationale avoir fait valoir 4 arguments auprès de l’autorité locale chargée des élections pour sa réinscription sur la liste électorale.
« Les arguments que j’ai développés sont de plusieurs ordres parce qu’on n’a pas mis mon nom sur la liste électorale prétextant que j’ai été condamné. Je réfute avec vigueur une telle accusation. Dans ma vie, j’ai toujours travaillé pour ne laisser aucune ombre sur mon casier judiciaire. J’ai dit à mes enfants que je n’ai aucune fortune à leur laisser mais un nom, un nom propre, sans souillure », a clamé, l’ancien pensionnaire de la prison de Scheveningen de La Haye.
Abordant ses arguments, Laurent Gbagbo précise ne pas les relater par ordre d’importance. Il s’agit d’abord de la compétence de la juridiction qui l’a jugé.
« J’ai été président de la République de Côte d’Ivoire de 2001 à 2011. On ne juge pas un ancien président de la République n’importe comment ni devant n’importe quelle juridiction », dénonce l’ancien prisonnier de la Cour pénale internationale. Ensuite, Laurent Gbagbo évoque l’arrêt de la Cour africaine des droits de l’Homme et des peuples rendu en sa faveur.
« La Cour africaine des droits de l’Homme et des peuples a demandé ma réinscription sur la liste électorale », arrêt dont le président de la CEI n’a pas tenu compte. Le troisième argument de Laurent Gbagbo est relatif à la tenue du procès qui l’a condamné à 20 ans de prison.
« Je ne sais pas pourquoi on m’a jugé. Personne ne m’a convoqué. Tout le monde entier sait que je résidais à la CPI. On ne m’a remis aucune convocation si tant est que j’étais fautif », a récusé Laurent Gbagbo. S’agissant du quatrième argument, l’ancien président soutient n’avoir reçu aucun document après le procès.
« Une fois le jugement prononcé, on ne m’a pas remis de copie de ce jugement ni aucun document de ce procès. On m’a emmené à la CPI avec une tonne d’accusations. Je me suis défendu à la CPI et j’ai gagné. J’ai été acquitté. Ici en Côte d’Ivoire, clandestinement quand on apprend que je suis acquitté, à la CPI, on se cache et on me met sur le dos, des accusations. C’est trop politicien et ce n’est pas digne d’un procès », a regretté l’ancien refondateur en chef.
Si l’homme affirme qu’en politique, « on sait donner des coups et en recevoir », Laurent Gbagbo informe avoir décidé de ne pas en donner ». « Le temps de donner des coups est passé », soutient-il. Aussi, appelle-t-il ses adversaires à laisser une Côte d’Ivoire de paix.
« Ce que nous devons faire, Alassane, Bédié et moi, c’est de nous conduire de sorte à laisser une Côte d’Ivoire de paix », a-t-il recommandé. Toutefois, l’ancien chef d’Etat ivoirien soutient que la lutte n’est pas terminée.
« Tant qu’il faut se battre pour ma dignité, je me battrai. Tant qu’il faut se battre pour ma famille, je me battrai toujours. Le combat n’est pas terminé. Je pose mon problème qui est celui de la propreté de mon nom, de ma famille », a-t-il précisé.
Le nom de Laurent Gbagbo a été retiré de la liste électorale par le président de la CEI au motif qu’il est sous condamnation par la justice ivoirienne. Depuis, ses amis et lui multiplient les démarches en vue de sa réintégration sur la liste électorale.
A.K.





