Crise ivoirienne / Denis Sassou Nguesso, victime de la roublardise de Laurent Gbagbo, selon Guillaume Soro
Selon Guillaume Soro, le président congolais Denis Sassou Nguesso compte au nombre des victimes de la roublardise de Laurent Gbagbo, pendant la crise ivoirienne. Son témoignage dans sa chronique publiée sur sa page facebook.
« Il se trouve en effet qu’en 2006, le Président de la République du Congo, Sassou Nguesso, est désigné Président de l’Union Africaine par ses pairs. A ce titre, il s’engage dans une médiation dans la crise politique ivoirienne. Il vient à Abidjan, pour obtenir des acteurs politiques ivoiriens la concomitance des opérations de désarmement et du processus électoral. Charles Konan Banny, alors Premier Ministre, le sollicite aussi en ce sens. Dans la perspective ainsi dégagée, nous devions en même temps mener l’identification des populations (audiences foraines) et le désarmement des deux parties ex-belligérantes en vue de la structuration de la nouvelle armée réunifiée.
Le Président Sassou, en vieux routier de la politique, négocia tant et si bien qu’il finit par obtenir des acteurs politiques (Bédié, Ouattara, Banny, Gbagbo et moi-même), que nous signions un Accord afin de démarrer les deux processus. Il faisait fort tard ce jour-là, nous étions dans la nuit. Denis Sassou Nguesso nous demande alors de nous retrouver le lendemain pour la signature de l’Accord dans la journée. Or, ayant un mauvais pressentiment, je dis au Président Sassou :
- Monsieur le Président, vraiment, je préfère que vous nous fassiez signer l’Accord en question tout de suite. Je dois avouer que ma requête était intéressée, car je devais faire un voyage le lendemain et il était de mon intérêt que nous signions l’accord au plus vite.
- Non, me dit le Président Sassou. Sois patient, mon cher Guillaume. On le fera demain, et en même temps, il y aura une conférence de presse devant les journalistes.
Nous nous séparâmes donc sur ces entrefaites.
Or, quelle ne fut pas la surprise du Président Sassou Nguesso ? Le lendemain, quand on vient pour signer l’Accord, le Président Laurent Gbagbo nous informe qu’il ne signe plus l’Accord. Le Chef de l’Etat congolais se rendit compte que j’avais eu raison. Il dut repartir chez lui, à Brazzaville, sans avoir obtenu ce qu’il croyait pourtant tenir fermement la veille seulement.
Je crois que cette expérience commune de désillusion a sérieusement amené le Président Sassou à m’accorder encore plus de crédit. Car le lendemain, nous échangions, après la volte-face du Président Gbagbo :
- Voyez-vous, Président, je vous avais dit qu’il valait mieux signer tout de suite. Je suis petit, mais, si vous m’aviez écouté
- Ah, Guillaume, me dit-il. C’est toi qui avais raison ! »
Guillaume Soro





