Côte d’Ivoire / Deuil national : Sidiki Diakité inhumé hier à Bassam, après un hommage de la nation
Le Président de la République Alassane Ouattara a présidé, hier la cérémonie d’hommage national organisée en la mémoire du ministre Sidiki Dakité, décédé le 23 octobre 2020.
Tristesse, témoignages, émotions, chants d'adieu, oraison funèbre, larmes aux yeux, consternation, recueillement, honneurs militaires et décoration à titre posthume, soutiens et réconforts entre parents, amis et collaborateurs du ministre de l’Intérieur et de l’Administration du territoire, Sidiki Diakité, arraché à l’affection de la nation ivoirienne vendredi dernier.
Telle est l'ambiance teintée de mélancolie qui a prévalu hier, à la Primature (Plateau), à l’occasion de la cérémonie d'hommage national organisé en l’honneur du défunt ministre. Ils étaient tous là, collègues et collaborateurs du ministre, partenaires au développement, acteurs politiques et religieux, chefs traditionnels, présidents d’institutions…en présence du Président Alassane Ouattara, pour marquer d’une pierre angulaire, cet hommage mérité de la nation ivoirienne à « ce commis de l’Etat, rappelé à Dieu au moment où l’on ne s’y attendait même pas ». Il est ainsi revenu au Premier ministre Hamed Bakayoko, l’honneur de décorer à titre posthume le défunt ministre, en faisant de lui Commandeur de l'ordre national. Tandis que le Chef de l’Etat Alassane Ouattara a quant à lui, procédé à la remise du drapeau national à l'épouse du ministre afin de lui exprimer la reconnaissance de la Nation.
Pour le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, Vagondo Diomandé, qui a porté le mot de soutien du gouvernement à cette cérémonie, Sidiki Diakité a toujours su user de la démarche de l'éminent fonctionnaire et d’une grande capacité d'écoute dans la gestion des dossiers. Homme affable et discret, il a toujours su, grâce à sa brillante expérience dans l’administration, assumer avec brio les postes qu’il a occupés jusqu’à son rappel à Dieu.
« En pleine crise politique il n'a pas hésité à rejoindre la zone de Touba pour contribuer à la promotion de la cohésion sociale (…) A peine nommé à la tête du ministère de l’Intérieur et de la Sécurité, le ministre Sidiki Diakité a dû faire face à plusieurs attaques visant la déstabilisation du pays. C'est avec efficacité et professionnalisme qu'il a su gérer les situations aussi difficiles les unes que les autres », témoigne le Général Vagondo. C’est par la remise du corps du ministre à sa famille biologique que la cérémonie d’hommage a pris fin. Après quoi, le cap a été mis sur la ville balnéaire de Grand Bassam, où l’illustre disparu a été conduit à sa dernière demeure.
Abou Adams
ILS ONT DIT …
Siandou Fofana, ministre du Tourisme : « Ce monsieur a donné sa vie pour la paix en sacrifice comme Abraham… »

« Je voudrais présenter mes sincères condoléances à la famille éplorée. C’est la nation toute entière qui est endeuillée. Ce grand serviteur de l’Etat s’en est allé dans des moments inattendus et inappropriés. Mais c’est là que nous voyons la force de Dieu. Il est le maître de nos destins et en temps voulu. Malheureusement il l’a arraché très tôt à notre affection pendant qu’il était à la tâche et nous ne pouvons que rendre hommage à ce grand homme qui part, et surtout, demander à sa famille de garder dans le recueillement et dans la fierté, la douleur si muette. Mais nous ne saurions pas oublier ce grand homme. Et nous ferrons en sorte que le travail qu’il a si bien commencé s’achève dans l’allégresse et dans la joie pour une paix qui rayonne sur notre pays à l’effet de dire qu’il a mené le juste combat. Et au Président de la République qui est éprouvé à maintes occasions, nous ne pouvons que lui dire que nous nous tenons à ses côtés, et que Dieu qui sait sonder les cœurs saura sûrement trouvé les moyens de penser ces meurtrissures. Et que nous ne pouvons que nous tenir à ses côtés et que Dieu lui donne longue vie, Dieu lui donne la force de traverser cette énième épreuve. Mais de là où tout un chacun est éprouvé, nous lançons un appel à tous de rester unis et mobilisés. Et dans ces épreuves là, Dieu nous lance un appel. Comme quoi tout ce que nous faisons ici bas est éphémère. C’est pourquoi il ne faut pas détruire ce que l’on n’a pas créé. C’est-à-dire ce monde là et la paix pour ne citer qu’Houphouët Boigny. Il faut que la paix règne dans ce pays pour des générations et des générations qui vont venir après nous. Et ce monsieur a donné sa vie pour la paix en sacrifice comme Abraham aurait voulu faire pour son fils. Et c’est un enseignement pour les Ivoiriens. Ils devaient s’en inspirer pour avoir à mettre de l’eau dans leur vin. Nous aurons les élections, il faut que chacun ait en mémoire Diakité qui a tout fait pour que nous arrivions à une élection apaisée, une élection qui rassemble les fils et filles de la Côte d’Ivoire ».
Myss Belmonde Dogo, Secrétaire d’Etat chargée de l’Autonomisation de la femme et député de Guibéroua et Galébré : «La Côte d’Ivoire vient de perdre un grand homme »
« Ce que je retiens de lui, c’est qu’il a œuvré pour que les sous-préfectures qui n’ont pu être érigées en département sous les régimes précédents soient des départements. Nous avons par exemple Bonon et Goïtafla. Il y a aussi les dernières sous-préfectures qui devaient être érigées en département dont figuraient en pôle position Guiberoua. Il avait même reçu les chefs pendant la visite d’Etat du Président de la République dans la Région de la Marahoué. Il a promis aux chefs que le Président de la République ferra de Guibéroua un département. Donc vous imaginez notre tristesse parce que nos chefs avaient placé beaucoup d’espoir en lui. Et ce qui m’a le plus marqué, c’est qu’il nous a dit : ‘‘Ce que le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly a promis à Guiberoua moi en tant que ministre de l’Intérieur je vais le faire ‘’. Nous prions pour le repos de son âme. Nous gardons de lui un homme intègre, très discret mais efficace pour la nation. La Côte d’Ivoire vient de perdre un grand homme. »
Jobst Von Kirchmann, Représentant résident de l’Union Européenne en Côte d’Ivoire : « C’est une grande perte pour l’Union Européenne »

« C’est une perte tout d’abord pour la Côte d’Ivoire parce que le ministre Sidiki Diakité s’est engagé corps et âme pour ce pays. C’est certainement une grande perte pour sa famille. Il était père et membre d’une famille. Je dois vous dire aussi que c’est une grande perte pour l’Union européenne parce que moi personnellement j’ai travaillé très étroitement avec lui. J’ai voyagé avec lui, on avait beaucoup de projets ensemble. Je peux vous dire qu’on a perdu un partenaire mais un ami de l’Union Européenne. C’est vraiment triste. Je sorts d’ici avec mon cœur rempli de tristesse. C’est une grande perte pour nous tous. Il a toujours été un partenaire du dialogue politique depuis mon arrivée en Côte d’Ivoire il y a deux ans.»
Propos recueillis par A. Adams





