Côte d’Ivoire / La justice ivoirienne transmet un mandat d’arrêt contre Soro et ses amis à l’Elysée
Le pouvoir d’Abidjan est tellement déterminé à faire taire Guillaume Soro qu’il ne s’y prendrait pas autrement. Et les autorités ivoiriennes font feu de tout bois pour parvenir à leur fin.
Les tenants du pouvoir ont encore, en effet, transmis un mandat d’arrêt contre le leader du mouvement Génération et peuples solidaires (GPS), Guillaume Soro. Cette fois, d’autres noms figurent sur ce mandat d’arrêt transmis cette semaine à la France par voie diplomatique. Il s’agit du directeur de la Communication de Guillaume Soro, Moussa Touré, de son aide de camp Abdoulaye Fofana et du député de Séguéla et ancien directeur général de la loterie nationale de Côte d’Ivoire (Lonaci) Isiaka Fofana.
En Côte d’Ivoire, le pouvoir en place est vraiment déterminé à mettre la main sur Guillaume Soro qui ne manque aucune occasion pour s’attaquer à son ancien mentor depuis son exil. Le leader du mouvement GPS s’est rallié à l’opposition ivoirienne qui ne reconnait pas jusqu’à présent, la victoire d’Alassane Ouattara à la dernière présidentielle. Dans une interview accordée au média Jeune Afrique, le président français avait laissé entendre que Guillaume est indésirable en France.
« Il n’a pas à créer le désordre et sa présence n’est pas souhaitée, sur notre territoire, tant qu’il se comportera de cette manière. Nous ne souhaitons pas qu’il mène des actions de déstabilisation depuis le sol français. Autant nous pouvons accueillir des combattants de la liberté et toute personne qui serait menacée chez elle, autant nous n’avons pas vocation à protéger des activistes qui cherchent à déstabiliser un pays », a déclaré le président français.
Selon le magistrat en exil Ange Olivier Grah, cet autre mandat d’arrêt n’a aucune chance d’aboutir et ne fera que l’effet d’annonce, une simple communication. Car en matière de coopération judiciaire, c’est le ministère ivoirien de la Justice qui adresse la correspondance au ministère français de la Justice. Or en l’espèce, les autorités ivoiriennes ont déposé le courrier au ministère des Affaires étrangères. Au surplus l’immunité des personnes poursuivies n’étant pas levée (ils sont députés sauf Touré Moussa), il n’y a aucune garantie de procès équitable.
A.K.





