Côte d’Ivoire / « Le retour de Laurent Gbagbo a toujours été la vision du président Ouattara », selon le député de Ouragahio
Le retour de l’ancien président Laurent Gbagbo au pays est de plus en plus évoqué. Pour le député de Ouragahio-Bayota, la question a toujours été une préoccupation du président Alassane Ouattara.
Après la présidentielle du 31 octobre 2020, quel bilan peut-on retenir ?
L’élection présidentielle a eu lieu le 31 octobre 2020 et dans l'ensemble, cela s'est bien passé. Nous avons fait campagne. Les choses se sont déroulées normalement pendant la campagne et c'est le jour des élections que nous avons eu quelques troubles dans certains villages. Mais nous disons que dans la majorité des cas, les choses se sont bien déroulées. Les populations ont voté et cela s'est soldé par la victoire de notre candidat le président Alassane Ouattara. C'est un motif de satisfaction, nous avons le sentiment d'avoir accompli un devoir. Il est vrai que sur le plan national, dans l'ensemble les choses se sont bien passées, mais chez nous dans le Gôh, le bilan est mitigé et il faut le reconnaître. Donc pour moi, il n'y a pas de sentiments de triomphalisme exagéré. Il faut prendre les choses avec mesure. Il y a des leçons à tirer dans ce que nous avons eu à faire comme campagne. Il y a des leçons à tirer dans le fonctionnement de notre parti, dans notre région et nous avons attiré l'attention des uns et des autres de ce que nous devons faire une réunion bilan au vu des résultats obtenus, qui ne font pas honneur, surtout le taux de participation dans notre région. Il est pour nous impérieux de faire une grande réunion de vérité pour situer les responsabilités. Parce que cela fait plus de 20 ans que je suis dans la politique au Rdr, aujourd'hui dans le Rhdp, dans ma zone, nous avons participé à des campagnes de façon tranquille, fluide et nous avons toujours fait de meilleurs scores et de meilleurs taux de participation. Nonobstant les troubles causés par des manifestants répondant à l'appel à la désobéissance civile et au boycott actif, nous avons toujours fait de très bons scores.
On vous entendu parler de mauvais casting de la direction du Rhdp concernant certains cadres. Qu’est-ce qu’on doit en conclure ?
Il y a eu beaucoup de mensonges, il y a beaucoup à faire parce qu'il y a eu beaucoup de trahison. Et pour qu'on fasse les choses de façon responsable, il faut se dire la vérité. Il y a trop d'hypocrisie dans notre affaire et tant qu'on ne se parle pas, tant qu'on ne se dit pas la vérité, on va patauger, on va rouler dans le mensonge. On va renverser la pyramide, il y a trop d'hypocrisie et on ne peut pas accepter ça. Et quand je parle d'hypocrisie, je fais allusion à mon parti le Rhdp, je parle du fonctionnement du parti. Il y a trop de double-jeu, il n'y a pas de sincérité et cela, si nous continuons dans cette voie, nous le payerons cash. Aujourd'hui, la présence du Président Alassane Ouattara nous garantit beaucoup de choses mais il est appelé à partir. Parce qu'il avait déjà exprimé ce désir de partir. Il était même parti. N'eût été la providence qui a faussé les calculs, il serait parti. Mais s'il partait, le parti était foutu. Donc il faut qu'on se parle franchement. Nous pensions qu’avec certains cadres venus d'autres partis pour former le Rhdp, il y aurait une plus-value. Parce que Dieu seul sait ce qu'ils ont dit au Président concernant leur maîtrise du terrain. Mais nous avons constaté que rien de grand n'a été apporté par certains. Et comme nous l'avons toujours dit au Président, que les gens lui mentaient. Je pense qu'au niveau de la direction et de la haute direction du parti, on va tirer les leçons. Mais déjà, nous dans la région du Gôh, les coordonnateurs que nous sommes, avons pris nos responsabilités pour que les choses ne soient plus comme elles l'ont été jusque-là. Et dans les jours à venir, chacun saura ce qui a donc été décidé et nous allons partir sur de bonnes bases, des bases saines parce que des gens qui jouent au double jeu, des gens qui ont des agendas cachés, des gens mènent des démarches parallèles à la ligne du parti. Il faut les démasquer, il faut les extirper pour que de façon saine, on fasse la politique dans notre région. En tout cas, chacun doit avoir le courage des actes qu'il pose. Nous sommes en train de faire ce bilan-là à notre niveau. Et ensuite, nous sommes en train de préparer des tournées de remerciement de nos populations, des tournées de sensibilisation et d'apaisement et de consolidation de la paix et de la stabilité pour nos populations. Nous voulons résolument nous inscrire dans la droite ligne du président de la République Alassane Ouattara pour aboutir à la paix et au vivre ensemble, de sérénité et de tranquillité pour que la Côte d'Ivoire poursuive donc son développement. En tout cas, nous ne ferons rien pour aller à l'encontre de la ligne édictée par le président du parti et du chef de l'État.
La rencontre Ouattara-Bédié, comment l’analysez-vous ?
Cela a été un acte de haute portée politique parce que nous avons vu des vertes et des pas mures lors de ces élections. Nous avons frôlé le chaos selon que l'opposition était décidée à casser le Rhdp. Nous avons vu le chaos se profiler à l'horizon selon le programme machiavélique et diabolique de l'opposition. En tout cas moi, je ne m'attendais pas à ce revirement de situation de la part du Président du parti, le chef de l'État. C'était mal connaître l'homme. J'ai été agréablement surpris par cette main tendue du Président de la République à son aîné Henri Konan Bédié. J'allais même dire que j'ai été choqué parce que je ne m'y attendais pas. J'étais à la limite, révolté, parce que des ivoiriens orchestrent la tuerie d'autres ivoiriens, parce qu'ils ont un agenda, celui d'imposer une transition inopportune. Les institutions de la République ne sont pas en péril, donc il n'y a pas lieu de faire une transition. Mais des gens qui avaient cet agenda-là ont mis tout en œuvre et ils voulaient aboutir à ce résultat. On était tous peiné que des ivoiriens, d'innocentes personnes perdent la vie. On barre les routes, on s'attaque aux biens publics et privés, on cause des accidents avec des troncs d'arbres sur les routes. C'était du gâchis, on était à la limite, révolté que des ivoiriens, surtout qui se réclament du Pdci-Rda, ce parti créé par feu le Président Félix Houphouët-Boigny, ce parti de dialogue, de paix, soient tombés dans les bassesses de violence importées d'autres partis. Je vais le dire parce que le Pdci-Rda d'Houphouët-Boigny n'a pas dans ses veines et dans son essence la violence. Donc nous étions surpris. Je ne m'attendais pas à ce que le Président de la République tende la main, mais, il l'a fait. Et nous avons vu le génie politique et la portée de cet acte. Ça a été une très bonne chose, cela a permis de décrisper la situation et là encore, il a eu raison. Notre implication va donc consister à faire comme je l'ai dit, des tournées de sensibilisation. On peut fauter par ignorance et, dans la plupart des cas, c’est ce que font nos jeunes dans nos villes et dans nos campements. Par ignorance ils commettent des fautes. Il nous appartient d'aller leur expliquer et nous allons le faire sans passion et sans parti pris. Nous allons leur dire que le chemin emprunté par l'opposition n'était pas le bon. Parce que quand on parle de transition, ça veut dire qu'il y a un vide constitutionnel, alors que là, il n'y avait pas de vide constitutionnel. C'était un agenda qui ne pouvait pas prospérer et malheureusement, les gens ont fait croire que ça devait l'être. Il y a des esprits pas avertis qui ont mordu à l'hameçon et cela a failli créer des situations compliquées à la Côte d'Ivoire. Nous allons nous inscrire dans la ligne tracée par le chef du parti, le Président de la République pour que ces vœux se réalisent, pour que la Côte d'Ivoire soit définitivement pacifiée et que les acquis soient consolidés. Nous allons faire ce que le Président attend de nous pour que le pays dort en paix. Mais mieux, nous allons inviter les hommes politiques à tourner le dos à la violence et aux raccourcis pour parvenir au pouvoir. Le mode d'accession au pouvoir, c'est les urnes. Ce n'est pas par les coups d'État, les insurrections, ce n'est pas par des raccourcis qui endeuillent la Côte d'Ivoire. Il faut que les hommes politiques le comprennent définitivement et que la jeunesse sache qu'elle n'a pas intérêt à donner dans la violence alors qu'elle a tout à gagner avec la paix, avec la cohésion, l'émergence dictée par le Président de la République. Donc nous allons nous mettre au travail, car c'est vrai, il y a beaucoup à faire.
Y-a-t-il nécessité de poser un préalable avant d'aller au dialogue pour la paix comme le veut l'opposition ?
C'est quoi le préalable ? Ce n'est pas le président de la République qui poursuit. C'est le procureur de la République qui poursuit. Le Président Alassane Ouattara ne peut pas initier un dialogue politique et l'opposition va parler de libération des prisonniers de droit commun. Il faut qu'on respecte les Ivoiriens. Des gens ont lancé des mots d'ordre de désobéissance civile et de boycott actif. Ils ont demandé à leurs militants de s'opposer à l'élection présidentielle par tous les moyens. Donc les gens ont utilisé tous les moyens pour tuer les Ivoiriens, pour casser les biens des Ivoiriens, pour brûler les bus, pour détraquer les édifices publics. Mais ceux qui l'ont fait, ils ont posé des actes criminels. On est dans un Etat de droit, donc le procureur de la République saisi par le gouvernement, a lancé des poursuites. Et ceux qui ont été à la base de ce chaos-là, ont été interpellés. Mais on ne peut pas vouloir une chose et son contraire en même temps. La constitution garantit la protection des Ivoiriens et de leurs biens. Quand vous appelez à la destruction et à la tuerie et que cela se passe, mais cette même constitution veut que justice soit rendue. Il n'y a pas lieu de poser des préalables parce qu'aucun préalable ne tient. Et puis quand l'opposition pose le préalable, ils veulent que la paix revienne ou ils veulent continuer sur cette mauvaise lancée qui n'arrange personne. Je pense sincèrement que le Président Alassane Ouattara n'était pas obligé de tendre la main au président Bédié et à l'opposition ivoirienne pour résoudre la crise que l'opposition elle-même a créée. Il n'était pas obligé, mais il l'a fait en sa qualité de père de la nation, de père de famille. Il s'est donc mis au-dessus de la mêlée pour appeler les uns et les autres au rassemblement, au dialogue. Je crois que cette perche, il faut la saisir. Si on aime les Ivoiriens, si on aime la Côte d'Ivoire, aucun préalable ne peut tenir. Je leur demanderais de quitter ce chantier qui ne peut pas prospérer. Le Président Alassane Ouattara n'est pas en position de faiblesse. Il ne fait qu'appliquer la philosophie de son mentor feu le Président Félix Houphouët-Boigny qui est que « le dialogue, c'est l'arme des forts et non des faibles ».
Le retour de Laurent Gbagbo fait aujourd’hui l’actualité après qu’il ait reçu ses passeports. Comment accueillez-vous cette nouvelle, en votre qualité député d’Ouragahio-Bayota d’où est originaire l’ancien président ?
C'est maintenant que c'est devenu une affaire publique. Sinon le retour de Laurent Gbagbo a toujours été d'actualité. Quand le chef de l'État me fait l'honneur de me recevoir, et je le dis, il n'y a pas d'audience que j'ai eue avec le Président Ouattara sans que le cas Laurent Gbagbo n'ai été évoqué et en bien d'ailleurs. C'est le quotidien et le principal sujet quand je le rencontre. Et puis, je le dis, Laurent Gbagbo est mon frère, c'est mon aîné. On est tous de Gagnoa, de la même sous-préfecture et on est du même canton, le canton Gbadi. Donc c'est un proche parent. Politiquement, nous n'avons pas eu le même point de vue sur un certain nombre de questions. Ce qui est d'ailleurs normal. Ce n'est pas une connexion congénitale, l'idéologie politique. Nous ne nous sommes pas entendus politiquement, mais nous restons des frères. Au plus fond de la crise, je l'ai toujours porté dans mon cœur bien que ne partageant pas son point de vue politique. Mais à chaque fois que le Président me recevait, c'est lui qui évoquait le cas Gbagbo en premier et moi je profitais de la lucarne qui m'est offerte pour plaider. Aujourd'hui, de plus en plus les choses semblent se régler et même s'accélérer. Ça a toujours été la vision du Président Ouattara. Je suis un frère comblé qui attend donc l'annonce de l'arrivée de son aîné. Avec nos populations, nous sommes comblés et ce serait une très bonne chose parce que le Président Alassane Ouattara n'a rien contre le président Gbagbo. Il m'a fait des confidences que j'ai partagées avec Michel Gbagbo qui n'a pas été sérieux. Et je le dis franchement Michel Gbagbo n'a pas été sérieux parce qu'il y a des choses que le Président m'a dites et que je lui ai confiées. Il ne les a pas menées à termes. Je n'ai rien contre le président Gbagbo, je souhaite même que les choses s'accélèrent et qu'il vienne. Quand il viendra, nous serons tous contents et nous allons nous occuper de la Côte d'Ivoire et singulièrement du développement de notre canton, de notre circonscription, de notre département. En tout cas nous sommes ravis de ce que les nouvelles qui nous parviennent nous rassurent. Vous savez, le Premier ministre Amadou Gon devait aller en visite à Gagnoa d'où je suis issu et d'où le président Gbagbo est issu et, à Ouragahio, dont je suis le député et dont Laurent Gbagbo a été le député. Quand il devait y aller, il m'a fait l'honneur de me recevoir. Il m'a dit “Abel, je vais chez toi. Qu'est-ce que tu penses que je peux leur dire ?” Mais c'était une demande politique d'une haute portée. Il y a des hommes politiques qui sont allés à Gagnoa, ils n'ont pas cherché à nous écouter. Ils sont allés dire des choses et quand ils sont partis de Gagnoa, cela a créé tout un tollé. Parce que chaque région a sa spécificité et quand tu as la chance d'avoir des collaborateurs qui sont de ces régions-là, il n'y a pas plus indiqué que ces collaborateurs pour indiquer la démarche à suivre. Donc j'ai parlé avec le Premier ministre Amadou Gon. Je lui ai dit “soyez sûr que quand vous allez rencontrer les chefs, ils vous parleront du retour du président Laurent Gbagbo”. Je lui ai dit également que si quelqu'un venait lui dire que les populations de Ouragahio, de Bayota et autres ont vomi Gbagbo, il devait traiter cette personne-là de menteuse. Parce que le président Gbagbo est pour les Bété, ce que le Président Alassane Ouattara est pour les Malinké et le président Bédié pour les Baoulé. C'est pourquoi je parle d'hypocrisie. Il y a trop d'hypocrisie dans notre affaire.
Quelle sera votre réaction si à son retour Laurent Gbagbo voulait courir une élection présidentielle ?
D'abord je ne suis pas de son bord politique. Donc sa décision politique ne m'incombe nullement pas. Je constaterais qu'il a décidé. Maintenant si, en tant que son jeune frère, il me demande conseil qui n'a rien à avoir avec la politique, je lui dirais cher aîné tu as fait ton temps, il faut aller à la retraite. Tout comme, je le dirais au Président Ouattara et au président Bédié. Ils ont fait leur temps et ils ne peuvent pas faire le temps de leurs petits-enfants. Qu'ils prennent leur retraite. Ils nous ont formés et donc, nous allons les représenter dignement (rires..).
Et s'il se présentait pour les législatives et à Ouragahio ?
Alors je voudrais déjà annoncer que je suis candidat à ma propre succession à Ouragahio-Bayota pour les élections qui viennent. Alors si Laurent Gbagbo revenait et se portait candidat à Ouragahio-Bayota, je ne serai pas candidat. Parce que je ne suis pas candidat au suicide politique. Je connais mes limites, je connais mes forces. Je ne serai pas candidat parce que je ne suis pas impoli, je ne suis pas mal élevé. Je respecte les aînés. Et Gbagbo et moi, on ne joue pas dans le même championnat. Ça c'est le championnat de haut de gamme avec les Bédié, le Président Alassane Ouattara. Je vais lui dire grand-frère, j'ai occupé certes le siège mais si tu veux, il faut prendre. C'est comme un œuf qui va taper contre un caillou et qui demande au caillou comment il se porte. Par contre s'il vient et qu'un cadre de son parti est candidat à Ouragahio, je vais le battre. Parce que le président Gbagbo ne peut pas le supporter. Quand il va venir et qu’il a voir ce qui est fait à Ouragahio, il ne pourra que me choisir. A Ouragahio, il y a le bitume, un château d'eau, les routes sont reprofilées, les infrastructures sanitaires sont rénovées. Il y a l'électrification rurale. Aujourd'hui nous avons un commissariat de police à Ouragahio. Nous avons une gendarmerie à Bayota, ce qui n'existait pas. Quand il va voir tout, je pense que si un cadre de son parti et moi, nous nous portons candidat, il va plutôt me soutenir. Il va voir qui a impacté positivement la vie des populations de Ouragahio et de Bayota. Et le Gbagbo que je connais ne peut pas supporter quelqu'un d'autre si ce n'est moi. Les gens sautent dans tous les sens mais ils ne connaissent pas l'homme. Gbagbo leur a tout donné mais ils n'ont pas pu ouvrir leurs bras aux jeunes. On pourra faire le point entre eux et moi et on verra qui a fait quoi pour la jeunesse de notre localité. Et voilà ce que notre région est devenue grâce au Président Alassane Ouattara que j'ai suivi. Si le président Laurent Gbagbo n'est pas candidat, son candidat c'est moi. C'est moi qu'il supportera pour gagner le siège pour le Rhdp. Parce que chez nous, nous sommes devenus des agents de développement bien que parlementaires. Et nos parents le voient. Nous sommes devenus ceux-là mêmes qui ont fait la promotion de la jeunesse. Ils ont donné combien d'emplois à la jeunesse. Ils ont voulu régner sur la misère de la jeunesse.
On sait que le maire de Gagnoa et vous êtes passés par des malentendus. Qu’en est-il de vos rapports aujourd'hui ?
Nous sommes en de bons termes. Il m'appelle papa et moi je l'appelle affectueusement mon fils. Vous savez, cela est parti de plusieurs faits. Mais c'est un garçon que j'estime beaucoup et je lui ai apporté tout mon soutien lorsqu'il était candidat en 2018 pour le poste de maire. Et il a été reconnaissant de cela. Mais c'est juste que les gens ont voulu nous opposer. Je vais raconter une anecdote à ce sujet. Il est venu me voir le soir où ils ont proclamé les résultats. Et quand on devait se séparer, je lui ai dit “tu viens de gagner, nous venons de gagner. Mais sache qu'à compter d'aujourd'hui, il y a des gens qui vont œuvrer à nous opposer”. Je lui ai dit d'être fort. Mais chemin faisant cela est arrivé. Mais nous sommes des êtres humains, on peut faire des erreurs.
Vous avez été un très proche collaborateur de Guillaume Soro. Quelle lecture faites-vous de ce qui lui arrive aujourd'hui ? Est-ce le début de la fin pour lui ?
Je suis peiné de voir tout ça lui arriver. C'est du gâchis, il avait un avenir politique radieux devant lui. Malheureusement il a été dans une vision que je ne partageais plus. Et malgré les appels que nous lui avons lancés pour ne pas franchir le rubicon, il a continué. Ce n'est pas toutes les bornes qu'il faut déplacer. Je suis donc peiné de voir Guillaume Soro dans cette situation. Il nous aurait écoutés que tout cela ne lui serait pas arrivé. Il a plutôt écouté la voix des va-t-en guerre, des gens qui ne représentent rien, qui étaient dans son entourage. Et parce qu'ils avaient besoin qu'il les entretienne, il s'est laissé aller dans la mouvance de ceux-là. Il s'est mesuré au Président Ouattara, il s'est attaqué au Président. Ce que moi je ne pouvais pas accepter parce qu'un père, on ne l'affronte pas. Un père, on ne le défie pas. La bénédiction d'un père, on ne la force pas. Le père donne sa bénédiction à qui il veut et ça se mérite. Malheureusement, il a fait une mauvaise lecture. Et il n'a pas écouté ce que nous lui avons dit, les conseils que nous lui avons donnés. Mais c'est un jeune frère Guillaume Soro.
Le Président Alassane Ouattara serait-il à mesure de pardonner à Soro ?
Pourquoi pas ? Mais que l'enfant reconnaisse son tort, reconnaisse qu'il est allé trop loin. Je pense que le Président Alassane Ouattara pourrait lui pardonner tout. Mais il est dans la posture de défiance. Mais, toi-même tu vois que tu as fait ça pendant des années, mais ça ne produit aucun effet. Donc à un moment donné, il faut s'arrêter, faire une introspection, le bilan et puis réorienter les choses. En tout cas, si j'ai des conseils à lui donner, qu'il arrête de se gonfler parce que les oreilles ne seront jamais plus longues que la tête. Et c'est une leçon pour nous tous. J'ai dit à son entourage qu'on ne peut pas traiter le Président Alassane Ouattara de tous les noms parce que c'est lui qui vous a fait. Autant qu'ils sont, c'est lui qui les a faits. Quand il est derrière toi, tu penses que tu es l'iroko mais quand il quitte, tu deviens un papayer que le petit vent fait tomber. Tous, autant que nous sommes, c'est le Président Alassane Ouattara qui nous fait. Il a fini de vous faire et vous vous rebellez contre lui ? Je ne suis dedans. Pour redevenir fort, qu'il vienne s'adosser au Président Ouattara. Quand le Président, dans une entrevue a parlé de jeune homme, il y a certains qui se sont scandalisés. Occuper de hautes fonctions ne fait pas de toi une personne âgée. Qu'il écoute les conseils des aînés que nous sommes.
Interview réalisée par DVK





