Côte d’Ivoire / Lutte contre l’érosion côtière : Des journalistes instruits pour la sensibilisation
Le Projet de gestion du littoral ouest africain (Waca) a organisé le 3 décembre dernier, dans la commune de Cocody, un atelier de formation des journalistes sur la problématique de la résilience des communautés et des biens situés sur le littoral.
Renforcer les connaissances des journalistes en charge des questions environnementales et des animateurs des radios de proximité des villes côtières, sur loi loi n°2017-378 du 02 juin 2017 relative à l’aménagement, à la protection et à la gestion intégrée du littoral, afin de les outiller à réussir la vulgarisation de ladite loi. Tel est l’objectif de l’atelier d’information et de sensibilisation des journalistes organisé dans le cadre du Projet de gestion du littoral ouest africain (Waca). Il s’agit à en croire Prof. Ochou Abé Delfin, Coordonnateur dudit projet, d’impliquer les professionnels des médias dans la lutte contre l’érosion côtière qui menace les communautés et les biens installés sur les zones côtières. « Vous faites désormais partie des acteurs principaux de la lutte contre l’érosion côtière en Côte d’Ivoire, car avec vous, la loi sera à la portée de tous et mieux, toutes les initiatives en faveur de cette lutte seront sues, vues et comprises ici et ailleurs », a déclaré Prof. Ochou Abé Delfin. Cet atelier a permis ainsi, aux participants de comprendre l’urgence de sensibiliser la population et les pouvoirs publics sur les effets néfastes de l’érosion côtière. Selon l’un des formateurs de l’atelier, Pof. Valère Eric Djagoua, Coordonnateur adjoint du projet Waca, les régions du Gboklê, des Grands ponts et du Sud Comoé, le District d’Abidjan et la ville de San Pedro sont les principales zones côtières qui subissent des menaces anthropiques avec l’extraction de sable sur les plages. « Grand Lahou est la localité la plus menacées. Mais c’est tout le littoral qui est menacé », précise Prof. Valère Eric Djagoua. Ainsi, des localités comme Grand Bassam, San Pedro, Grand Lahou, Jacqueville, Plateau, etc. ainsi que les installations industrielles et économiques comme la Société ivoirienne de raffinage (Sir) et le Port autonome d’Abidjan sont menacée par l’érosion côtière.
Disparition du village de Lahou-Kpanda
En effet, si rien n’est fait, préviennent les spécialistes des questions environnementales, la vulnérabilité des infrastructures socio-économiques, des ressources naturelles et des populations côtières ne fera que s’accentuer et entraîner une perte de plus en plus accrue des richesses de notre pays. En témoigne la disparition progressive du village de Lahou-Kpanda et ses sites de sépulture. C’est donc face à cette situation urgente et soucieux d’y remédier de façon idoine que le gouvernement, en plus d’autres initiatives prises depuis 2011, a renforcé le cadre législatif au niveau environnemental à travers la promulgation de la loi N°2017-378 du 02 juin 2017 relative à l’aménagement, à la protection et à la gestion intégrée du littoral, pour régir les actions d’aménagement et de gestion, afin de créer un équilibre environnemental et trouver des solutions d’adaptation et de résilience des populations et des biens dans la zone côtière de la Côte d’Ivoire. A en croire la deuxième formatrice de cet atelier, Prof Séa-Blohoua Rosina Fransiska, expert en droit et sécurité des activités maritimes et océaniques, cette nouvelle loi salutaire vient protéger le littoral en raison des valeurs culturelle et touristique, économique et scientifique qui le constituent. En effet, le littoral est un grand pôle économique, qui abrite plus de 80 % des installations industrielles présentes en Côte d’Ivoire. Il abrite aussi des potentialités écologiques hautement remarquables ainsi qu’une flore et une faune avec des communautés et des espèces remarquables et emblématiques, des forêts marécageuses très remarquables, des lagunes et estuaires avec leurs végétations associées telles que les mangroves et les prairies marécageuses.
Création d’un réseau de journalistes
Malheureusement en raison de sa fragilité, le littoral subit diverses menaces, notamment sur les biotopes, la qualité de l’eau et les ressources aquatiques. Les causes directs sont d’ordre anthropiques (la pollution, la destruction des mangroves, une démographie galopante et la surexploitation des ressources aquatiques) et naturelles (l’érosion des plages, les inondations et les marées de tempêtes). Cette nouvelle loi, à en croire Prof Séa-Blohoua Rosina Fransiska, était donc indispensable pour une meilleure organisation de la résilience des communautés et des installations économiques et industriels sur le littoral. Le Projet d’investissement pour la résilience des zones côtières ouest-africaines (Waca) a été initié par la Côte d’Ivoire et 5 autres pays (Bénin, Mauritanie, Sénégal, Sao Tome Principe et Togo), grâce à l’appui technique et financier de la Banque mondiale pour un montant de 16 milliards de F Cfa sur une durée de 5 ans allant de 2018 à 2023. Il a pour objectif de renforcer la résilience des communautés et des zones ciblées de la côte ouest-africaine. Aussi, cet atelier a permis de jeter les bases de la création d’un réseau de journalistes pour accompagner la mise en œuvre des actions et des initiatives du projet Waca.
Abou Adams
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