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Les bulldozers du ministère de l’Equipement et de l’Entretien Routier sont passés à l’acte hier. La colère des initiateurs de l’opération de libération de l’emprise de l’autoroute Abidjan-Grand Bassam s’est abattue sur les riverains de la Cité Akissi Delta…

Plus d’une heure maintenant que le Bulldozers du ministère de l’Equipement et de l’Entretien Routier s’acharne sur la maison du Meilleur journaliste de la Côte d’Ivoire (Super Ebony 2009 sur la photo). Exacerbé, notre confrère, Jean Roch Kouamé, fini par craquer. « Mais pourquoi, il est toujours sur ma maison ? Pourquoi, n’a-t-il pas mis autant de temps pour détruire les autres ? Je suis à la limite des 100 mètres. Si ma maison doit être détruite, c’est bien en dernière position. On veut montrer que je ne suis rien ? Et que je peux continuer à parler aux médias. Et que cela ne va rien changer à la situation », lance-t-il la gorge nouée par la colère et la douleur aux agents de la Police. Comme pour narguer notre collaborateur, la machine a continué, 30 minutes encore, à raser la maison. Aucune villa de la Cité Akissi Delta n’a subi autant d’assauts que la maison du Super Ebony 2009. Pour le journaliste, il n’y a aucun doute. Ses dernières sorties dans les médias pour inviter les autorités à reconsidérer cette option de démolition de leurs maisons, ou tout du moins à proposer un plan de déclassement et de dédouanement, ont précipité l’opération de ce matin. Finalement les appels de détresse du journaliste n’ont pas été attendu. Lui et les autres, victimes de cette barbarie, ne demandaient pourtant que des mesures d’accompagnements et surtout un interlocuteur. Mais le ministre n’a que faire de ces démarches, des appels et des plaintes des riverains. Il veut tout casser en s’appuyant sur la partie de la loi qui l’arrange. « Ces maisons sont situées dans le domaine public ». Pour leurs droits, les riverains peuvent passer demain. C’est la loi du plus fort, sous le ciel d’Anani-Port Bouet. « (…) Ma famille va dormir à la belle étoile ce soir. Les enfants sont à l’école. A leur retour, ils viendront trouver la maison complètement rasée et leurs affaires dans la rue. C’est 25 ans de travail, de dur labeur, d’engagement qui viennent de s’envoler en une minute. Je dois reprendre tout à zéro », a-t-il lâché en larmes.

 

Une volonté de faire du mal et d’humilier le journaliste…

 

La preuve que cette ‘‘vendetta’’ repose en vérité sur un zèle disproportionné, les machines se sont attaquées à des villas qui ne sont même pas concernées par l’opération de libération de l’emprise de l’autoroute Abidjan-Grand Bassam. En plus, c’est en pleine opération, alors que plusieurs villas étaient sous le poids des machines, que la Compagnie ivoirienne d’électricité (CIE) est venue interrompre la fourniture d’électricité. On a donc presqu’évité le pire. Car, les habitants se faufilaient encore dans les décombres afin de sauver quelques meubles et biens. « Nous ne devions pas démarrer l’opération aujourd’hui. En vérité, elle ne devait pas se passer comme ça », a fini par avouer, sous le couvert de l’anonymat, un des casseurs. Il est donc évident que dans cette sombre affaire, aucun des droits des riverains de la cité Akissi Delta n’a été respecté. Rappelons que depuis 2016, cette affaire ne trouve pas de solution. Jean Roch Kouamé et ses voisins ont l’impression de prêcher dans le désert. « Nous n’avons jamais reçu quelqu’un des ministères pour discuter. (…) Ce qu’on demande aux pouvoirs publics c’est de nous envoyer des intermédiaires avec qui on va négocier. Parce que si l’Etat veut prendre son domaine, il n’y a pas de possibilité de faire un bras de fer. L’Etat aura toujours le dernier mot. Mais, le même État a le devoir de protéger le citoyen. Et, c’est la même loi qui dit qu’il faut dédommager celui qui va voir sa maison détruite. Cela avant tout début d’opération de démolition. Nous sommes même convaincus que le ministère de l’Equipement et de l’Entretien Routier ne sait pas combien de familles sont concernées par cette opération », a déclaré Jean Roch Kouamé.

A.K avec l’expression