Côte d'Ivoire / Kadhafi aurait financé la rébellion de 2002 en Côte d’Ivoire, selon un proche d'IB
Faut-il y accorder crédit ou le rejeter. En tout cas, cet ancien compagnon d’Ibrahim Coulibaly dit IB tué au lendemain de la crise post électorale, semble connaître bien de choses au sujet de la rébellion de 2002 qui a frappé le régime de Laurent Gbagbo. «La vraie histoire de la rébellion ivoirienne : la difficile succession de ADO, histoire d’une guerre dévoyée par Kigbafori Soro », tel est le titre de l’ouvrage de l’auteur, Kader Ousmane Sanogo qu’il a présenté à la presse, ce mardi à Abidjan. L’œuvre est un condensé de révélations sur le mouvement armé.
Né dans la région du Hambol, précisément à Tafiré, dans cet ouvrage de 70 pages, édité par les Editions Sidwaya, l’auteur retrace l’histoire de la rébellion.
Ancien compagnon de Ibrahim Coulibaly alias IB, Sanogo a fait des révélations troublantes sur le financement de la rébellion ivoirienne, lors de la présentation de son ouvrage.
« Le père de la rébellion que la Côte d’Ivoire a connue n’est pas Alassane Ouattara, ni Blaise Compaoré, ex-homme fort du Burkina-Faso. Celui qui l’a créée est Kadhafi. Il nous a reçus dans son village. Séance tenante, Blaise Compaoré a présenté la crise ivoirienne comme une crise qui opposait chrétiens sudistes aux nordistes musulmans. Et que les chrétiens ne veulent pas que les nordistes dirigent également le pays. Kadhafi s’est senti immédiatement concerné par cette affaire et nous a donné 60 milliards de francs CFA, que moi-même j’ai porté. Il y avait aussi des armes lourdes, des kalachnikovs, des pistolets, des A52, des mortiers et autres. C’est d’ailleurs, une des armes que la RTI a filmée après une de nos frappes à Abidjan, dans la nuit du 19 septembre 2002, » a déclaré l’auteur sans présenter quelconque preuve.
Selon lui, en plus de Kadhafi, les rebelles ont reçu des armes de Blaise Compaoré qui leur ont permis de conquérir le camp génie de Bouaké.
«Blaise Compaoré nous a donné trois (3) armes de type A52 qui nous ont permis de prendre le camp génie de Bouaké, » a-t-il ajouté.
«Quand j’entends que Blaise a créé cette rébellion, ça me fait rire… Blaise nous a certes aidés, mais il en a profité suffisamment. Ce sont les armes de Kadhafi que Blaise a pris pour surarmer le RSP et sa garde rapprochée au Burkina-Faso. Sur les 60 milliards de FCFA, Blaise n’a donné que 2 milliards de FCFA à IB, en disant qu’il pouvait commencer avec cette somme pour aller progressivement sur le terrain, » a poursuivi l’écrivain.
Il a précisé que la gestion des 60 milliards de FCFA reçus de Kadhafi ont fini par créer la discorde entre IB et Blaise Compaoré.
L’écrivain a évoqué les relations entre Guillaume Soro et Alassane Ouattara en révélant au passage que la brouille entre les deux hommes devrait arriver tôt ou tard.
«Soro n’a jamais combattu pour quelqu’un, il a toujours combattu pour lui seul. Je connais bien Soro, il est jeune, intelligent et pressé, » a noté Sanogo.
Il a soutenu qu’il connait bien les réseaux à l’extérieur du Président ivoirien qu’il présente comme un intellectuel et très puissant.
«Je tiens à souligner que la rébellion n’a jamais travaillé pour Alassane. Je ne parle pas au nom d’Alassane, je ne le défends pas. Car j’ai bel et bien dit des choses sur Alassane. Alassane aurait pu éviter cette crise s’il avait cru en moi. (…) Il ne m’a pas cru parce qu’il pensait être trop français dans sa tête, » a relevé, celui qui se fait passer pour l’ex-chargé de mission de IB et qui hélas fait parler les morts.
Enfin pour lui, parler de réconciliation dans ce pays, il faut nécessairement passer par la vérité et la justice.
A.K. avec koaci





