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L’interrogatoire des présumés assassins de Yves Lambelin et autres s’est poursuivi ce jour au Tribunal de première instance de Yopougon.


Un seul accusé a fait sa déposition aujourd’hui en dehors de ceux qui sont intervenus hier.

Il s’agit du sergent-chef, transmetteur au moment des faits au Palais présidentiel, Koffi Houphouët Félix.

Dans sa déposition, il a à la barre de la Cour d’assises confondu, les accusés d’hier qui ont nié tous les faits et mis en cause, la Licorne et l’ONU dans l’assassinat de Yves Lambelin et autres.

Malheureusement, il a été confondu par la Défense qui a mentionné que la déposition du Sergent-chef qui comparait libre est différente de cette du juge d’instruction.

Le juge Cissoko Mourlaye a suspendu l’audience du jour qui reprendra le 28 février avec toujours l’interrogatoire des accusés.

Pour revenir sur sa déposition, Koffi Houphouët Félix a affirmé que le jour des faits, le 4 avril, il était à son bureau quand il a entendu des bruits et un soldat lui aurait confié une fois à l’extérieur de son bureau que les personnes qui brouillaient leurs communications ont été arrêtées.

Il s’agissait bien sûr de Yves Lambelin et de ses compagnons d’infortune.

«J’ai vu deux blancs, un métisse et un noir qui étaient molestés pendant qu’ols subissaient un interrogatoire au milieu d’une foule de personnes, » a déclaré le Sergent-chef.

Selon lui, il n’a pas apprécié la façon dont l’interrogatoire des quatre « otages » était mené et il aurait suggéré qu’il se fasse dans les règles de l’art.

«J’ai demandé à celui qui les interrogeait de faire partie tout ce monde afin de procéder dans les règles à l’interrogatoire. L’individu qui conduisait l’interrogatoire a suivi ses conseils, » a-t-il ajouté.

Koffi Houphouët a indiqué que pendant qu’il donnait les instructions, le Colonel Modi interrogé la veille est arrivé sur les lieux.

«Il m’a rabroué bien que je lui ai expliqué la situation inconfortable des quatre otages et il est retourné à son bureau. Après on a entendu des coups de feu. On s’est couché sur le sol. Il y a eu une accalmie et le colonel Modi est venu au bureau me demander qui a tué les quatre personnes. Je lui ai demandé qu’il parlait de qui et il m’a répondu les prisonniers. Il m’a dit on fait comment. Je lui ai rétorqué que je vous avais prévenu, » a expliqué le Sergent-chef.

Il a révélé à la Cour que le plus âgé des quatre otages luttait encore contre la mort quand bien même, il avait été atteint par des balles au moment où il enlevait les corps des trois autres.

«Le commissaire Osée Logué a pris une kalachnikov pour l’achever, » a-t-il ajouté.

Plus loin, il a soutenu dans sa déposition qu’il ne connaissait pas avant la date des faits, le commissaire Logué qu’il a pourtant a accusé d’avoir froidement abattu le blanc qui agonisait encore.

«C’est quand je suis sorti voir les otages que je l’ai vu pour la première fois, » s’est-il justifié.

Alors que les accusés d’hier ont essayé de prouver l’innocence du Général Dogbo Blé Bruno dans cette affaire de rap, lui a avoué avoir entendu une communication entre le colonel Modi et lui.

Selon le prévenu, dans la communication des deux officiers, le terme colis à récupérer autour de 14h30 a été évoqué à plusieurs reprises.

A la question du Juge, Cissoko Mourlaye s’il avait entendu des tirs qui provenaient des hélicoptères onusiens et français, il a affirmé que des tirs aériens ont tonné le 04 avril 2011.

Le Sergent-chef a évoqué le sujet relatif au brouillage des communications, en révélant qu’il entendait la voix du Président Alassane Ouattara demander aux forces de défense de se rallier pendant qu’il est encore temps.

«Je n’ai jamais entendu le colonel Modi, demander qu’on aille rechercher les auteurs du brouillage de nos communications. D’ailleurs, on n’avait pas le temps d’aller chercher les auteurs du brouillage. Il fallait plutôt chercher à sauver nos vies, » a martelé Koffi Houphouët.

Après son interrogatoire par le Juge, il a été livré à la Défense qui a fait remarquer que l’accusé faisait du dilatoire.

«Je ne sais pas qui a tué les quatre otages parce que je n’étais pas dehors,» s’est-il rétracté alors qu’il avait quelques minutes plutôt accusé le Commissaire quand on lui a demandé qui est l’auteur du meurtre de Yves Lambelin.

A la question de l’avocat de la Défense, Me Blédé s’il comparaissait libre ou qu’il était en détention, l’accusé précise.

«Depuis les faits, je ne suis pas en prison. C’est depuis le 1er janvier 2015 que j’ai été promu au grade de Sergent-chef. »

L’avocat lui a demandé s’il pouvait confirmer qu’il a intercepté une communication du Général Dogbo Blé.

«Je n’ai pas su qui était l’émetteur et le récepteur lorsque j’ai entendu la communication parler d’un colis à prendre.

Je ne suis pas sûr que l’une des voix soit celle du Général Dogbo Blé,» s’est-il dédit.

Le Sergent-chef a poursuivi qu’il ignore le nombre de coups de feu le Commissaire Logué aurait tiré sur Yves Lambelin, pourtant il a avoué devant la Cour qu’il peut facilement distinguer un coup, une rafale de trois coups et une rafale libre tirée par une kalachnikov, conformément à la formation qu’il a reçue en tant que militaire.

Tout en se référant aux propos qu’il aurait en face du juge d’instruction, l’avocat a confondu l’accusé.

«J’ai l’impression que Adewosi, l’un des otages a été abattu pendant qu’il fuyait l’attaque aérienne,» avait soutenu le Sergent-chef dans sa déposition au Juge d’instruction, malheureusement, il voulait confondre les deux accusés d’hier.

Maitre Gohi Bi est donc revenu à la charge, toujours en s’appuyant sur la déposition de Koffi Houphouët du 24 mai 2011 au juge d’instruction.

« (…) Notre attention a été attirée par une communication radio signalant la présence de quatre espions blancs arrêtés. 30 à 45 minutes après, on a entendu des cris de joie suite à l’arrivée de ces quatre espions,» avait-il soutenu.

« Effectivement, j’ai eu connaissance de l’arrivée de ces quatre espions au palais,» a fait volte face l’accusé.

Revenu à la barre, le Commissaire Osée Logué s’est dit surpris des propos tenus par le Sergent-chef.

«Je suis ahuri par les propos de Koffi. Ce n’est pas en ma présence qu’il a constaté qu’une des personnes arrêtées était encore vivante. Mais, lorsque je suis arrivé et qu’il me l’a dit. J’ai dit d’attendre et que je vais rendre compte au colonel Modi. Et lui a dit qu’il partait déposer sa radio. Et, c’est chemin faisant, que j’ai entendu un tir. Quand je me suis retourné et que j’ai demandé qui a tiré, un élément venu en renfort pour enlever les corps, a dit, il pleut et ça tire sur nous, faites on va en finir. Je n’ai jamais achevé qui que ce soit. Koffi est un menteur. Je tiens à dire que c’est moi qui ai demandé qu’on s’attarde sur le fait qu’on m’accuse d’avoir achevé un blanc pendant la reconstitution des faits. Et au cours de cette opération, le sergent-chef Koffi n’a pas pu dire comment et où j’aurais achevé le blanc en question, » a déploré le Commissaire.