Côte d’Ivoire / 3 milliards 500 millions pour un coup d’Etat contre Ouattara
Ouvert le lundi 15 janvier 2018, le procès de complot contre l’autorité de l’Etat s’est poursuivi, ce mardi 16 janvier 2018. Après la première journée où les co-accusés Brou Serge Pacôme Durand et Zadi Gbaka ont comparu, ce fut le tour de l’ancien ministre de la Défense Lida Kouassi Moïse et le colonel Katé Gnatoa poursuivis pour les mêmes faits, de se défendre. A la barre, le ministre Lida a nié n’être mêlé ni de près ni de loin à un quelconque complot : « Monsieur le président, lorsque j’ai appris que j’étais cité dans cette affaire, je suis tombé des nues. Je voudrais faire trois observations avant de me soumettre à vos questions. Je suis Lida Kouassi Moïse, 62 ans, enseignant-chercheur, vice-président du Front populaire ivoirien(Fpi), ancien ministre d’Etat. J’ai étudié à l’université de Cocody, en France puis en Allemagne. J’ai un doctorat en sciences politiques, option défense et stratégies générales. De ce fait, on estime que je suis dangereux. Je suis un animal féroce qu’on doit maintenir en cage pour dormir en paix. Deuxième observation, monsieur le président, j’ai quitté la Côte d’Ivoire le 16 avril 2011. Je suis arrivé au Ghana où j’ai passé 1 mois avant d’aller à Lomé avec ma famille… Lors de mon arrestation. Je fus bastonné sur le sol togolais par des policiers ivoiriens sous le regard admiratif des gendarmes togolais. Ce n’est pas bon pour l’image de la Côte d’Ivoire. C’est un rapatriement manu-militari. Pas une extradition. Troisième observation, je ne suis pas un assassin. Ceux qui le sont en Côte d’Ivoire sont connus. J’attends des preuves matérielles irréfutables », s’est défendu l’accusé. Le parquet général a interpellé le ministre pour savoir ce qu’il faisait à une réunion au Ghana avec Koné Katinan. A cette question, l’ancien député de Marcory a répondu ceci : « Je suis allé sur invitation du ministre Katinan. Là bas, quelque chose m’a choqué. J’ai retrouvé Ben Zahoui, le pasteur Koré Moïse et Me Bouthoumieux. Ça ne m’a pas plus et je n’ai plus remis les pieds là-bas jusqu’à ce que je me retrouve à Lomé. A toutes les questions du parquet général et des avocats de l’Etat de Côte d’Ivoire, le ministre Lida a trouvé une explication à donner. Au tour du colonel Katé, l’ancien élément du groupe de sécurité du président de la République (GSPR) et sous-préfet militaire de Duekoué (2005-2010) a estimé, qu’il n’ a pas été cueilli mais il était venu se rendre. « Je suis venu me rendre. Ma famille était menacée », a soutenu l’officier supérieur. « Les gens ont commencé à menacer ma famille ici au pays des suites d’une rumeur de coup d’Etat… Ce sont des agents secrets qui se sont rendus au Ghana pour proposer au Pasteur Koré Moïse 3 milliards 500 millions de francs CFA pour enregistrer une vidéo de prise de pouvoir. Ces gens, c’est le Pasteur Koré Moïse qui les connait ». A la question du parquet général de savoir pourquoi a-t-il fait une vidéo de prise de pouvoir en treillis. Katé Gnatoa a répondu que c’était pour des besoins d’argent. « C’est une supercherie ». Le témoin à charge du parquet Jean-Noël Abéhi a tenté à la barre de confondre le principal accusé, le colonel Katé Gnatoa. L’audience a été levée pour reprendre, le jeudi avec les plaidoiries et les réquisitoires.
YK





