Côte d’Ivoire / Actes de vandalisme contre le référendum : « Le ministère de l’intérieur dispose suffisamment d’éléments pour engager des poursuites », Bruno Koné
Le 18 décembre 2016, les ivoiriens seront dans les urnes pour élire les députés. Cette information a été donnée hier, au cours du traditionnel conseil des ministres, par le porte-parole du gouvernement, Bruno Nabagné Koné. « Au titre du ministère d’Etat, ministère de l’intérieur et de la sécurité, le conseil a adopté un décret portant convocation des collèges électoraux de la République de côte d’Ivoire en vue des élections des députés à l’Assemblée nationale. En application de la législation électorale nationale, et sur proposition de la commission électorale indépendante, les collèges électoraux de la République de Côte d’Ivoire sont convoqués le dimanche 18 décembre 2016 en vue de l’élection des députés à l’assemblée nationale », a déclaré Bruno Koné. Selon lui, après les prochains conseils des ministres, d’autres décrets devraient être pris pour les modalités détaillées du scrutin ; les aspects relatifs à la campagne électorale, la forme du bulletin et les modalités d’accès aux médias.
Actes de violences de l’opposition
Outre cette information, le ministre de l’économie numérique et de la poste est revenu sur les agitations de l’opposition lors du déroulement du référendum ainsi que sur la proclamation des résultats. « Le ministère d’Etat, le ministère de l’intérieur et de la sécurité dispose suffisamment d’éléments par rapport aux discours qui ont été tenus par les uns et les autres, les mots qui ont été dits dans les enregistrements et les photos prises sur les lieux de vote pour engager des poursuites, contre les personnes qui sont concernées », a-t-il averti. Il fait remarquer que l’opposition a toujours gardé la même démarche depuis toujours, celle qui consiste à critiquer tout ce qui se fait et à boycotter tout. « Tout ça n’est pas la démocratie. La démocratie, c’est la confrontation d’idées et ensuite aller aux votes pour se confronter et accepter ce que le peuple a décidé. Nous invitons l’opposition à s’inscrire dans cette logique démocratique. Nous sommes désormais dans un état de droit », a-t-il regretté. De son avis, plus on avance, plus chaque ivoirien devrait comprendre que le pays est un état de droit. « Un état de droit veut dire que les idées s’expriment librement, chacun peut aller s’opposer à un texte en allant voter librement sans contrainte. Cela veut aussi dire qu’il faut respecter les textes et les choix qui peuvent être faits par les autres. Il faut respecter la liberté des autres », a-t-il expliqué. Le porte-parole du gouvernement indique qu’il y avait 20 milles bureaux de vote et il n’y a eu qu’une centaine d’incidents qui ne sauraient entachés la régularité du scrutin. Il a profité pour mettre en garde tous ceux qui s’adonneront à ce type de comportement. Il pense que si les partisans du front du refus avaient appelé leurs partisans à aller voter le “non“, leur opinion aurait été mieux reflétée qu’à cette occasion. « Empêcher les autres d’aller voter est contraire à toute forme de démocratie », fait-il remarquer.
Taux de participation crédible
Abordant la question des critiques sur le taux de participation, il estime qu’en partant du fait que partout dans le monde, le référendum attire toujours beaucoup moins d’intérêts et d’électeurs que dans une élection présidentielle que d’autres élections, surtout, lorsque le référendum se tient en temps de paix et que les populations ne voient pas à priori un grand intérêt à se déplacer pour aller voter, ils ne sont pas surpris du taux de participation. « Nous nous attendions à un taux de participation qui ne soit pas très élevé ; vous pourriez voir autour de nous les référendums qui ont été organisés, qui ont connu des taux de participation très bas. L’exemple, c’est le Sénégal où le taux était de 38% avec un score de 62% pour le “Oui“. Cette constitution est adoptée et fonctionne. On a pu voir le changement de durée de mandat en France. Le taux de participation était 30%, cela s’applique aujourd’hui à tous les acteurs politiques français. L’important ici, est que c’est le “Oui“ qui a emporté massivement », a-t-il mis au point. Pour lui, ce taux reflète l’opinion de la majorité des ivoiriens qui sont allés voter. Il a invité les observateurs à ne pas commettre l’erreur des opposants, qui pensent que tous ceux qui ne sont pas allés voter sont de leur côté.
Soupçon de bourrage d’urnes
Répondant aux accusations de falsification des chiffres, Bruno Koné fait remarquer que lorsqu’ on est en dehors d’un jeu, on n’est pas très bien placé pour faire la critique de ce qui s’est passé. « S’ils y avaient été, ils seraient mieux placés pour savoir ce qui s’est passé. La Cei, je le rappelle est une commission indépendante et ce scrutin a été comme ceux qu’elle a organisés, avec la même rigueur et la même transparence. Il y a eu des observateurs internationaux qui ont pu aller dans les bureaux de vote et voir ce qui s’est passé », a-t-souligné. Selon lui, les choses se sont passées de la meilleur façon et partout sur le territoire national, et de rassurer que les résultats sont ceux qui sortent des urnes. « Si vous pensez qu’on voulait tricher ou qu’on a triché, pourquoi on se serait arrêté à 42% ? S’il y avait à tricher, il fallait tricher le mieux que possible, mais pourquoi s’arrêter 42,42% », a-t-il répondu. Pour lui, ce sont des critiques ridicules et vaines.
L.F.





