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Les proportions que prend l’affaire Touré Aguib, Imam de la mosquée Al Houda Wa Salam d’Abobo, ont obligé le Procureur de la République à sortir de son silence.

 

Se prononçant, ce vendredi sur l’interpellation du guide religieux qui suscite beaucoup de réactions de la part de ses concitoyens qui tentent selon Adou Richard d’opposer l’État aux communautés religieuses, d’une part, et les communautés entre elles, d’autre part, il a précisé que « dans le cas d’espèce, il ne s’agit nullement de museler un guide religieux, encore moins de l’empêcher de jouer son rôle dans l’éveil des consciences de ses fidèles ».


Selon lui, les propos tenus de façon répétitive et abondamment diffusés par l’Imam Touré Aguib appellent à la haine et à la discrimination tribales et religieuses, ainsi qu’à la discrimination scolaire.


« Lesdits propos, également xénophobes sont contraires à la loi parce qu’incitant à commettre des infractions, sont prévus et punis par les articles 169 et 200 du code pénal et 3, 6, 8 et 10 de la loi n° 2015 -493 du 07 juillet 2015 portant répression du terrorisme », précise le Procureur de la République dans un communiqué en notre possession.


Soutenant que « critiquer n’est pas une infraction, que tout le monde a la possibilité de critiquer ce qu’il veut et que tous les guides religieux qu’ils soient chrétiens ou musulmans ou autre chose, ont la possibilité de faire des critiques ».

« Mais ce que la loi reprouve, ce sont des critiques qui impactent négativement la paix sociale, la cohésion sociale », explique-t-il.


Il est reproché à l’Imam d’avoir appelé à ce que les musulmans n’aillent pas inscrire leurs enfants dans les écoles chrétiennes ou protestantes.

« Or la Côte d’Ivoire est indépendante depuis plusieurs années et le brassage culturel et religieux a permis à plusieurs cadres de fréquenter l’un ou l’autre établissement sans aucun problème, » a rappelé le Procureur de la République.

Il a annoncé que l’Imam a également dit dans des vidéos qui sont diffusées, que « si vous avez un enfant gendarme vous êtes loin du paradis et qu’aucun gendarme n’aura accès au paradis ».

 
L’Imam Touré Aguib est poursuivi pour les faits de discrimination, de xénophobie et d’apologie du terrorisme.

Le Procureur de la République indique, en conséquence, que les poursuites initiées devant le juge d’instruction ne le sont ni contre une communauté ni contre une religion, mais contre une personne ayant tenu des propos contraires à la loi.

Si jamais l’Imam se retrouvait dans les prochains jours devant le Tribunal, il pourrait écoper d’une peine allant de 5 à 10 ans.

 

Le procureur se dit inquiet des virulentes contestations suite à l’arrestation de l’Iman Aguib Touré.


Les virulentes contestations suite à l’arrestation de l’imam Aguib Touré, de la Mosquée Al-Houda Wa Salam d’Abobo (commune populaire) inquiètent par ailleurs le procureur, comme relevé.

Il n’a pas caché son inquiétude dans l’affaire de l’imam Aguib Touré.

I’imam Aguib Touré avait été convoqué à la Direction de la Surveillance du Territoire (DST) le mercredi 4 juillet dernier, puis déféré le lundi 9 juillet suivant au Parquet et placé sous mandat de dépôt depuis le 10 juillet 2018.