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Des échanges de tirs ont eu lieu dans la nuit de jeudi à vendredi entre des militaires et des hommes du CCDO, une unité d’intervention mixte, dans la deuxième ville du pays. La situation est désormais calme.

A en croire une source non officielle interrogée sur place, une question de « primes » de fin d’année serait à la base du mouvement d’humeur des soldats. Ces primes qui devaient être payées, depuis  le 4 janvier, n’auraient pas été versées. Toute chose qui a fait monter la colère des soldats.

C’est ainsi que la nuit dernière, des tirs ont à nouveau résonné à Bouaké, rappelant les tristes moments de début d’année dernière où des mutins avaient pris la ville en otage pour réclamer le versement de 12 millions de prime. Selon des informations recueillies par Jeuneafrique, entre une heure et 3 heures du matin, ce vendredi 5 janvier, ces échanges de coups de feu ont eu lieu entre militaires et hommes du Centre de coordination des opérations décisionnelles (CCDO) autour du troisième bataillon militaire d’infanterie, situé dans le quartier Sokoura, au nord de la ville.

Toujours selon le confrère, un homme a été gravement blessé par balle, il a été opéré dans la nuit. Dans la matinée, la situation restait « tendue » selon un habitant joint, mais plus aucun tir n’était entendu. « Les habitants vaquent à leurs occupations, les écoles sont ouvertes », ajoute-t-il.

Une source au ministère de l’intérieur assure qu’il ne s’agit « que d’un incident ». »Il n’y a rien de grave, nous sommes en train de faire le point », poursuit-elle.

 

Défiance d’une partie de la troupe vis-à-vis du CCDO

 

Selon certaines sources, depuis plusieurs mois, des militaires font valoir leur défiance vis-à-vis du CCDO, qu’ils considèrent comme un instrument destiné à les « espionner ». Cette unité mixte d’intervention – créée en 2013 par Hamed Bakayoko lorsqu’il était ministre de l’Intérieur, avant de devenir ministre de la Défense en janvier 2017 -, était dans un premier temps cantonné à Abidjan, puis a été déployée à Bouaké et Yamoussoukro depuis 2015.

En janvier et en mai dernier, le pays a été secoué par plusieurs mutineries d’anciens membres de la rébellion des Forces nouvelles (FN) intégrés dans l’armée à la fin de crise post-électorale de 2010-2011 qui réclamaient le paiement de primes –  8 400 militaires ont ainsi obtenus 12 millions de Francs CFA chacun.

Ces épisodes ont fait resurgir des inquiétudes sur la stabilité de la Côte d’Ivoire. Ils ont « terni l’image du pays », a déclaré jeudi le chef d’état-major général des armées, lors d’une cérémonie de vœux au Palais présidentiel. Le général Sékou Touré, a présenté ses « sincères excuses » au président ivoirien, promettant que l’armée se consacrerait désormais « à son devoir, uniquement à son devoir ».

« Il n’y aura pas de mutinerie en 2018. L’armée doit cesser d’être un problème. Mieux, elle doit renforcer ses liens avec la nation et contribuer à créer les conditions propices au développement de nos pays, car sans paix, il ne peut avoir de développement véritable pour tout état », a pour sa part assuré le ministre de la Défense, Hamed Bakayoko lors de la même cérémonie. Avec cet autre événement de Bouaké, on ne peut pas dire que le premier responsable de l’armée a été entendu par ses éléments.

Lors d’un discours télévisé diffusé le 31 décembre dernier, Alassane Ouattara était revenu sur ces épisodes, il avait reconnu que l’année 2017 avait été marquée par « de grandes difficultés », disant vouloir « une armée véritablement républicaine ».

A.K. avec J.A.