Côte d’Ivoire-CPI / Bureau du procureur formel : « L’enquête s’intensifie dans le camp de M. Ouattara »
Une équipe de la Cour pénale internationale (CPI) a échangé, ce jour avec la presse nationale sur l’actualité de cette juridiction ainsi que ses rapports avec les médias. L’équipe est constituée de Fadi El Abdallah, porte-parole et chef des affaires publiques, la magistrat sénégalais Amadi Ba, chef de la section de la coopération internationale, représentant le bureau du procureur, Richard Nsanzabaganwa, conseiller en coopération internationale, membre du bureau du procureur, Paramy Chanthalangsy, Fonctionnaire chargé de la sensibilisation, Madame Nicola Fletcher, Fonctionnaire chargée de l’information publique au bureau du procureur, Nouhoum Sangaré, représentant, chef du bureau de la CPI Côte d’Ivoire et Mali nouvellement installé et Salif Boïté, assistant chargé de la sensibilisation, bureau Côte d’Ivoire. Ces sept personnalités ont largement entretenu la presse sur les cas Simone et Laurent Gbagbo, Charles Blé Goudé et plusieurs aspects concernant le fonctionnement et les activités de la CPI notamment les derniers développements judiciaires. Ainsi, avec ses spécialistes en enquêtes et en coopération internationale, la CPI a mené ses investigations en toute objectivité en Côte d’Ivoire. « Nous sommes confiants dans le respect de la présomption d’innocence. Nous sommes confiants que nous avons des preuves établies contre Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé. Maintenant, les juges apprécieront », a déclaré Amadi Ba qui dit militer pour la manifestation de la vérité, un défi à relever. « On ne surprend pas un accusé à la CPI. Tout ce que nous avons trouvé dans les ministères, à la Présidence de la République ou ailleurs, se trouvent en la possession de Laurent Gbagbo et Blé Goudé et leurs avocats. Ce procès repose sur des gens qui sont ici », a précisé le magistrat sénégalais. Cette rencontre a été par ailleurs l’occasion pour le bureau du procureur de donner sa position sur les accusations de pratiquer de vainqueur. « Cette perception n’est pas vraie. C’est un défi majeur. Nous ne visons pas des personnes pour chercher des faits. Nous cherchons les faits pour aller vers les personnes qui sont concernées ou qui sont impliquées », tranche le représentant du procureur.
« L’enquête sur l’autre camp s’intensifie »
Pour étayer ses arguments, Amadi Ba a évoqué les enquêtes qui se déroulent dans le camp du président Alassane Ouattara. Pour lui, le procureur a procédé par séquence pour être certainement plus efficace. « L’enquête sur l’autre camp s’intensifie. Le moment venu, elle sera divulguée. Le procureur n’est pas guidé par les calculs politiques. Ce sont les preuves qui vont parler », promet l’ancien juge d’instruction du Sénégal. Mais il faut savoir selon lui, que la CPI ne poursuit pas tout le monde en Côte d’Ivoire. « La justice ivoirienne doit faire son travail », estime-t-il. Avant de soutenir que Fatou Bensouda est sensible à ce que les victimes ressentent et aux préoccupations de réconciliation en Côte d’Ivoire. « Quelque soit le camp, la justice va se faire. Le bureau du procureur ne peut pas être un obstacle à la réconciliation et à la justice », a rappelé Amadi Ba. Pour le reste, Fadi El Abdallah a indiqué la CPI a délivré 13 mandats d’arrêts, 23 affaires sont pendantes devant la cour et un seul acquittement contre 9 convictions. Sur la question du retrait des pays africains, on note que trois Etats avaient déposé un instrument de retrait. Ce sont le Burundi, l’Afrique du Sud et la Gambie. Mais seulement le Burundi maintient sa décision, les deux autres ayant abandonné cette idée. Selon le porte-parole de la CPI, la notion de retrait collectif n’existe pas en droit international. Dix enquêtes sont en cours dont la Côte d’Ivoire. La plupart concerne l’Afrique mais c’est à la demande des Etats africains que ces enquêtes ont été initiées comme l’a précisé Fadi El Abdallah. Le bureau de liaison en Côte d’Ivoire est dirigé par Nouhoum Sangaré.
A.K.





