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Stéphane Kipré et Damana Pickas vont-ils être extradés ? En tout cas, la révélation du conseil national  de Sécurité (CNS) fait état de leur implication dans les attaques des commissariats et brigades de gendarmeries. En effet, une réunion du CNS, présidée par le président de la République, Alassane Ouattara, s’est tenue, ce jeudi, au Palais de la présidence de la République. Il a été question de plancher sur les attaques  récurrentes contre les postes de police et de gendarmerie et sur les évasions des prisonniers, ces jours-ci. Selon le communiqué dont nous avons reçu copie, les enquêtes lancées après ces attaques ont permis de mettre 35 personnes aux arrêts, des militaires, miliciens et ex-combattants. Fait intriguant, ces personnes interpellées ont semble-t-il toutes participé aux attaques des postes de police en 2012, et ont bénéficié de la liberté suite au processus de réconciliation.  « Depuis le début de l’année 2017, une série d’attaques armées a ciblé des postes de police et de gendarmerie dans les localités de Bingerville, Cocody, Azaguié, Fresco, N’Dotré, Adzopé et Songon. Les enquêtes en cours ont conduit à l’arrestation de trente-cinq (35) personnes et à l’identification de plusieurs autres. La plupart de ces personnes avaient déjà été impliquées dans des attaques similaires au cours de la période 2012 - 2014. Arrêtées et incarcérées, elles avaient été libérées dans le cadre du dialogue politique et du processus de réconciliation nationale », mentionne le communiqué. Le CNS, à travers le communiqué révèle qu’à la tête de cette soldatesque déloyale caracolent quatre individus dont deux connus dans le milieu politique. Il s’agit de Stéphane Kipré, gendre du couple présidentiel d’alors et par ailleurs président de l’Union des nouvelles  générations(UNG) et Damana Pickas, celui qui avait empêché la publication des résultats des élections présidentielles à la commission électorale indépendante (CEI). Tous sont en exil. Outre ces deux hommes politiques, le communiqué mentionne le nom de deux militaires recherchés. « Les informations recueillies au cours des enquêtes et des auditions montrent clairement que ces attaques s’inscrivent dans un projet de déstabilisation impliquant notamment des responsables politiques aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays, plus particulièrement au Ghana. Ces personnes instrumentalisent et arment certains démobilisés et militaires déloyaux. Parmi les instigateurs de ce projet de déstabilisation, figurent Damana Pickas, en exil au Ghana, Stéphane Kipré, en exil en France, Lobognon Henry et le Lieutenant Péhé Emmanuel, tous recherchés », indique le communiqué. Par ailleurs, selon le CNS, les attaques de N’Dotré, Azaguié et Adzopé ont mis en évidence l’implication de démobilisés et de militaires dont certains ont été mis aux arrêts. En dépit des efforts de clémence en vue de promouvoir la paix et la réconciliation, le CNS pense que ceux-ci n’ont pas été compris comme tels par ces individus qui continuent de constituer des menaces pour l’intégrité physique et la quiétude des populations ainsi que pour la stabilité des Institutions de la République. Concernant les évasions enregistrées dans les prisons, particulièrement dans la prison de Katiola, le communiqué du CNS indique que 44 détenus ont été appréhendés sur les quatre-vingt-dix-huit (98) évadés et des sanctions ont été prises à l’encontre des responsables pénitenciers avant de rassurer que  des mesures visant à renforcer la sécurité autour des prisons ont été prises.  « Les Forces de Défense et de Sécurité ont reçu des instructions du Conseil National de Sécurité pour agir avec la plus grande fermeté dans la traque des auteurs et des instigateurs de ces attaques afin de les traduire devant la Justice. Et le gouvernement tient à rassurer les populations que des dispositions sont prises pour apporter une réponse vigoureuse à ces actes criminels et garantir leur quiétude », rassure le CNS.

Lassina Fofana

Liste des personnes arrêtées (pro-Gbagbo)

1- YOBO Jean Rodolph - militaire;

2- Aubain OULAÏ alias ’’BINO’’ - militaire;

3- ZAMBLE YOUAN BI ZOU Basile - militaire;

4- SERY DOUA Alain dit « MOCAMO » - militaire ;

5- BOHOUSSOU WASSA Toussaint – militaire ;

6- PECOULA Mathias – militaire ;

7- DAKPA Jean olivier - milicien;

8- ADOU Steven Djezen - milicien;

9- DJIHITIEN Rodrigue – milicien ;

10- DJIPRO Nikpi Hervé alias le ’’Renard’’ - milicien;

11- EBA Eliahou Israel - milicien;

12- KOUASSI Konan Yves alias ’’Gaou’’- milicien;

13- TEHE Marc alias ’’Marco’’- milicien.

Ex-combattants arrêtés

- DIABATÉ Abdoulaye alias “Ablo la Roquette”;

- OUATTARA Gnonzié Lacina;

- BALLO Arouna;

- ZORÉ Yaya alias “Yanes”.