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Dans un entretien accordé à Le Jour Plus, Dr Ouattara Lacina, pharmacien et cadre du RDR fustige le comportement de certains responsables de base du parti. Il appelle au changement de comportement pour un RHDP fort et compétitif.

  Quel regard portez-vous sur le RHDP ?

En tant que cadre du RHDP, je pense bien que c’est un outil pour la recherche de la stabilité, un outil pour aller résolument au développement de la Côte d’Ivoire dans le sens où la bipolarisation de la vie politique n’est pas une mauvaise chose. Si toutes les sensibilités centristes et de droite se rassemblent  et que tout se fait  dans le respect mutuel  tout ira bien. Ce qui peut ne pas marcher, c’est qu’on ne prenne pas les meilleurs pour travailler. Dans ces grands groupes politiques il faut choisir les meilleurs avec  les meilleures idées. Sinon que le RHDP est une aubaine pour la stabilité et le développement de la Côte d’Ivoire.

Pensez-vous que le RHDP participera effectivement au relèvement économique et social de la Côte d’Ivoire ?

Tout dépend, car selon moi il y a des conditions. Si au niveau du RHDP, les difficultés que nous avons connues au sein des partis politiques, telles que l’usurpation de titre et l’imposture sont mises de côté au profit de la reconnaissance de la valeur du vrai militant  et au recrutement de talents politiques et aller au rassemblement de bonnes idées pour les mettre en œuvre, le RHDP pourra apporter la lumière à la Côte d’Ivoire.

Comment se porte le RHDP à Danané ?

Il n’y a pas de difficultés manifestes mais je peux aussi dire qu’il n’y a pas de collaborations manifestes. Donc aujourd’hui, c’est tout comme. Le RHDP n’existe que de nom à Danané, il faut être franc. Chaque parti politique membre de ce grand rassemblement œuvre à mobiliser ses troupes mais pas dans le cadre du RHDP.

Quelle votre recette pour que le RHDP soit uni à Danané ?

Pour que le RHDP existe et soit uni, il faut les hommes qu’il faut à la tête du RHDP. C\'est-à-dire choisir les hommes qui font l’unanimité au sein des cinq partis politiques que ce soit au plan communal que départemental. De sorte que le leader choisi soit le leader de tout le monde. C’est le travail qu’il faut réussir. Réussir à mettre des hommes qu’il faut afin que la feuille de route qui sera mise en place soit exécutée. Un homme en qui la majorité des militants  se reconnaissent.

Est-ce à dire qu’à Danané ceux qui dirigent le RHDP ne font pas l’unanimité ?

Je voudrais parler plutôt de représentativité. Ils ne sont pas représentatifs. Et c’est ça qui mine le RDR, le  PDCI et la majeur partie des partis politiques dans notre pays. En dehors de quelques leaders qui sont à la place qu’il faut, généralement, il y a certains qui s’accaparent tous les titres. C’est ce que j’appelle de l’usurpation de titre et de l’usurpation de posture. Certains se disent secrétaires départementaux mais en réalité sur le terrain, ils ne posent aucune action dans le sens de consolider et maintenir la flamme militante au niveau de la base. On ne le voit qu’à des réunions. On ne les voit qu’en train de parler au nom des gens. Il faut des gens qui sont présents, qui sont à l’écoute des militants et prennent l’opinion de ces derniers pour les remonter à la direction.

En votre qualité de cadre RDR, donc du RHDP quelle a été votre contribution à la réélection du président Alassane Ouattara lors des présidentielles d’octobre 2015 ?

E tant que cadre et militant potentiel du RHDP,  je ne devrais pas agir en dehors du cadre dressé par les responsables lors de la campagne. Par la force des choses, j’ai été obligé de voir certains militants amoureux d’ADO et soucieux d’apporter un plus à la réélection du président de la république pour créer 6 villages que nous avons baptisé village RHDP. Marginalisé, j’ai pris sur moi d’organiser des meetings pour faire comprendre aux populations les ce que le président voulait pour elles. Etre militant n’est pas de dire oui à tout moment à son responsable mais lui dire aussi que la route que nous prenons peut nous envoyer à la perdition. Ceux qui ont reçu l’argent pour la campagne n’ont rien fait de concret. Mais nous avons laissé des traces indélébiles et  cela a permis d’avoir les résultats très satisfaisants. Mon secrétaire départemental, m’a pris pour cible pour m’exclure de la campagne. On ne peut pas prétendre diriger le RHDP  et exclure les gens. La réélection étant un combat commun, j’ai refusé cette exclusion et j’ai fait ce que je pouvais faire pour mon champion.

Pour quoi le secrétaire départemental a voulu vous exclure ?

C’est le refus de la compétition. De la même manière je suis à l’aise de dire que le refus de la compétition a mis la Côte d’Ivoire en guerre, c’est le refus de la compétition qui est entrain de diviser le RDR. Et si  le refus de la compétition continue de s’installer le RHDP sera une bombe au lieu d’être un outil politique pour l’avenir de notre pays. Plusieurs pensent avoir de la valeur que les autres. Il faut que les gens sachent qu’en même temps qu’ils sont intelligents d’autres aussi le sont. Ce sont les idées et  les intelligences de chacun mises ensemble qui font marcher un groupe. Quand quelqu’un manifeste le désir de prendre une part de responsabilité à un moment donné, il faut le lui accorder. Quand on a peur de la compétition, on exclut les gens. Même au sein du RDR qui a lutté contre l’exclusion pour installer Alasssane Ouattara, la pratique est monnaie courante. Même au sein du RHDP qui réunit les cinq grands partis les gens font de l’exclusion et c’est dommage.

Que proposez-vous pour palier ces genres de situation ?

Il faut accepter la pluralité d’opinion et de proposition. Il faut accepter la compétition. Il faut accepter que ce sont plusieurs intelligences qui font véritablement un bon cocktail de développement  au sein d’un parti politique. Le militantisme ne se fait pas en dehors de la base. Quand la base n’est pas contente, il faut la laisser s’exprimer. Un secrétaire de base ou départemental se forme pas dans un bureau climatisé, c’est sur le terrain. Si nous respectons les idéaux que nous nous sommes donnés avec assurance et sérénité tout ira pour le mieux. Prenons l’exemple sur nos devanciers, Bédié qui à un moment donné avec les autres présidents ont désigné Alassane Ouattara pour conduire la liste RHDP. Il faut que partout, ce critère soit respecté. Qu’on dise dans tel département, telle ville, ce militant est capable de diriger ses camarades et conduire la politique de son parti politique selon que ses capacités sont reconnues.

Au RDR présentement, les militants sont très remontés et grognent beaucoup contre les cadres. Quel est l’état des lieux à Danané ?

Le constat est le même qu’ailleurs. A Danané les militants grognent aussi. Les gens ont tendance à mettre la faute sur le président Alassane Ouattara. Le mal vient de ceux qui gèrent les secrétariats départementaux. Ceux qui ont réussi à bien gérer leur base ont moins de problèmes. Là où ça grogne beaucoup les responsables doivent bien se demander  si leur gestion est bien ou pas. A Danané, je voudrais inviter les responsables premiers du RDR a changé le fusil d’épaule. Je saisis l’occasion aussi pour dire à tous ceux qui profitent de notre autocritique pour mener des actions subversives de mettre fin à leur projet.

Dr Ouattara Lacina vous vous investissez beaucoup dans le social à Danané. Nous sommes tentés de vous demander pour quoi tout cela ?

C’est celui qui a la passion du peuple qu’on appelle politicien. Il y a des aptitudes qui sont innées et d’autres qu’on apprend. Le poisson sait nager parce qu’il est né dans l’eau. Si Dr Ouattara est avec le peuple, c’est parce qu’il est un homme du peuple. Ce n’est pas hier que j’ai appris, c’est ma nature. Quand on sait d’où on vient on reste fidèle à ses origines et on a moins de problèmes. Et plus on est ensemble avec les autres, on a le leur soutien et cela permet à la société d’évoluer. Le bien-être n’est pas d’être millionnaire ou milliardaire mais c’est le vivre ensemble.  Ce que je fais promouvoir chaque jour. Un homme a de la valeur quand il apporte un plus à la société. Nos actions sont faites dans l’optique de rester en contact permanent avec les populations qui sont notre raison d’être.

Il se raconte partout que les populations vous veulent à la tête de la mairie à l’issue des élections locales à venir.  Qu’en est-il exactement ?

Ce que je sais, c’est qu’une sympathie est née en mon encontre depuis un bon moment. Il y a un noyau qui s’est formé autour de moi et  ce noyau a des ambitions pour la ville de Danané. Moi j’ai simplement été choisi pour être le capitaine de ce bateau.  Pour traduire cette volonté en acte, il faut élaborer tout ce qui concourra au bonheur des populations. Avant même d’annoncer officiellement, nous allons nous donner une feuille de route par rapport aux intérêts  et aux difficultés qu’il y a dans notre société. C’est uniquement ce qui justifiera le choix des populations de ceux qui doivent diriger Danané.

En politique qui est votre modèle ?

Je n’ai pas de modèle en tant que tel. L’engagement, la conviction et la responsabilité sont des caractères que j’apprécie chez des devanciers comme Mandela ou Martin Luther King. J’aime les débats d’idée, la compétition  et le bon ton et tous ceux qui développent ça sont mes idoles. Aucun politicien ne peut tout avoir en même temps. Donc je regarde et je copie tout ce qui est bon.

Dr Ouattara Lacina et le RACI. Où en sommes-nous ?

Le RACI fait la promotion de la paix sociale, du vivre ensemble, de la solidarité et de l’entraide. Quand on regarde les objectifs du RACI, Dr Ouattara Lacina, ne peut pas rester en dehors de ce mouvement. C’est le lieu de rendre un hommage vibrant au président d’honneur Soro Guillaume qui fait beaucoup pour le Raci et toute la Côte d’Ivoire. Je suis RACI tant que  le RACI restera dans cette veine.

Votre dernier mot

Mon seul projet pour Danané, le développement et le vivre ensemble. Des mots qui selon moi ne doivent pas être dissociés. Le reste des débats, je ne me reconnais pas dedans car mes relations avec les hommes ne sont pas déterminées par l’ethnie, la religion, la chapelle politique encore moins le rang social. Je vais obliger les gens à faire la politique autrement à Danané.

Entretien réalisé par Jean Olivier Dan