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Le Réseau des acteurs des médias pour les droits des enfants (RAMEDE-CI) a produit une déclaration consécutive à l’enlèvement d’une mineure, victime de viol et pensionnaire du centre de transit communautaire de l’Ong Cavoequiva par des gendarmes et sapeurs-pompiers.  L’Etat de Côte d’Ivoire ne cesse  de démontrer depuis quelques  années  son engagement  sans faille en faveur du plein  épanouissement des populations et plus particulièrement des enfants, vivant sur son territoire. Un engagement qui s’est matérialisé, entre autres,  par  l’élaboration d’une Politique nationale de protection de l’enfant , d’une Politique nationale de protection judiciaire de l’enfance et de la jeunesse, la création de la direction de l’assistance aux pupilles de l’Etat, pupilles de la nation, la mise en place des lignes 116 ;107  et  la mise  en  place très prochaine par  le gouvernement ivoirien, à travers  le Ministère de la Justice de procédures spéciales de déclaration à l’état civil en faveur  de 850.000  enfants.  A cela, il faut ajouter la construction par la Première dame d’un centre d’hébergement pour enfant victime de traite des enfants à Soubré et bientôt un autre à Bouaké. Sans oublier les partenaires techniques et financiers qui appuient de nombreux programmes en faveur des enfants.  Cependant, cet  engagement franc des   autorités  de  ce pays et la société civile en faveur  des enfants, est contrarié  par  des  agissements  de certains acteurs de l’administration publique  qui semblent  ramer à contre-courant  .  En effet, le cas de la mineure  N.A., âgée  de 14, victime  de viols à répétition  et  pris  en charge dans le Centre de transit  communautaire de l'Ong Cavoequiva, à Adjamé , enlevée par des  agents des  forces de l’ordre  et de sécurité  sous  la menace  de leurs  armes  et portée disparue depuis lors , est l’illustration du mépris  de certains  responsables pour le respect  des droits des citoyens  ,  pis  des plus  vulnérables  que sont  les  enfants.

 

Les faits.

 

 La mineure N.A. âgée d’environ 14 ans ; servante dans la  famille d'un officier du GSPM et  victime de viols à répétition  a été référée par la Sous-direction de la police criminelle chargée de la lutte contre le trafic d'enfants et la délinquance juvénile  à l'Ong Cavoequiva sous le soit transmis 2340/MEMIS/DGPN/DPC/SD-LTEDJ du 12 Octobre 2018.

 

A son admission au centre de transit communautaire  de cette Ong, après avoir bénéficié des consultations médicales,  le médecin a délivré un certificat médical et a recommandé  qu’elle  fasse un certain nombre d'examens médicaux. Les responsables de l’Ong Cavoequiva  s’attelaient à  permettre à la mineure de faire l’ensemble de ces examens médicaux  demandés, lorsque des soldats  issus du GSPM sont arrivés  successivement les 15 ,24 et 26 octobre 2018  à l’Ong, pour réclamer l'enfant à la demande  selon eux de l’un de leurs  patrons. Il faut noter que ces soldats issus du Groupement des sapeurs-pompiers militaires, si l’on s’en tient à  leurs tenues, ont  refusé  de décliner leurs identités. Lors de leur incursion du 24 octobre dans le centre,  ils ont prétendu être  venus chercher la mineure sur instruction de la Sous-direction en  charge  de la lutte contre le trafic d'enfants et la délinquance juvénile  de la Police nationale. Un argument démenti par la suite, après vérification de l’information auprès du Commissaire Zaka et du Capitaine Djè, les officiers  en charge de cette  sous-direction de la Police nationale.  Cet incident passé et alors que  l’Ong Cavoequiva s’attelait à prodiguer à l’enfant les meilleurs traitements médicaux qui soient en pareille situation, en  vue  d’engager  son processus de réunification  avec  sa famille biologique , le samedi 27 octobre 2018 dans l'après-midi ,plusieurs gendarmes de la brigade d'Adjamé et deux(2) éléments du GSPM  armés de Kalachnikovs et d’armes blanches ont fait irruption dans l’enceinte du centre de Transit communautaire de l'Ong Cavoequiva. Avec pour mission d’enlever et envoyer vers une destination inconnue jusqu’ici par les responsables  de l’Ong Cavoequiva. Au  cours  de cette expédition , ils n’ont pas manqué  de proférer  des menaces de morts contre le personnel  de garde  du centre  et  traumatiser de ce fait ,les 55  enfants pensionnaires  dudit  centre sous la menace de leurs  armes.

 

Notre  position

Face  à  ce qui ressemble à une violation  impensable des droits  de l’homme   et  surtout  de ceux de l’enfant , qui  fait objet  d’une protection spécifique   par la  Convention  des Nations Unies relative aux Droits de l’Enfant, ratifiée  par le  Côte d’Ivoire  le 4 Février 1991,Le  Réseau des acteurs de medias  pour droits  de l’enfant –Côte d’Ivoire (RAMEDE-CI),

Condamne avec  fermeté  cet  agissement  d’un  autre  âge émanant des  personnes, en principe , chargées  de garantir la quiétude  des populations. -  

 

 Encourage   et soutient l’Ong Cavoequiva   dans la poursuite  de sa noble  mission  d’apporter de l’aide aux  enfants  en situation  de grande  vulnérabilité.

-          Demande  aux autorités  compétentes  de tout mettre  en œuvre , afin que  la mineure N.A. soit  retrouvée  et  bénéficie  des examens   et soins  que nécessite son état.

-           Demande  au Procureur  de la  république  de s’auto saisir pour  rechercher   le responsable  du viol de la mineure, afin  que  celui-ci réponde de son agissement.

 

-           Engage le  Commandant supérieur  de la gendarmerie ,  le  commandant  de la GSPM  et  le Commissaire  du gouvernement à  rechercher  les acteurs  de cet acte  qui jette l’opprobre  sur la Côte d’Ivoire   dans  le domaine  du respect  des droits  de l’enfant, afin que ceux- ci puissent répondre  de leurs  actes.

 

Demande au gouvernement  de mettre  en place  un mécanisme  de protection  des acteurs engagés  dans la protection des droits  humains.  

 

Fail  à Abidjan  le  05  /11/ 2018  

Pour  le RAMEDE-CI

 

CISSE Mamadou

Le  Vice-Président