Côte d’Ivoire / Evénements de Bloléquin : La police criminelle aux trousses des tueurs du gendarme, 18 gendarmes mutés
Les violences perpétrées le weekend dernier, dans la ville de Bloléquin n’ont pas laissé indifférent le gouvernement. Qui a réagi vigoureusement, lors du conseil des ministres d’hier.
Les violences enregistrées dans la ville de Bloléquin, le weekend dernier, ont amené le gouvernement à prendre de grandes décisions, lors du conseil des ministres d’hier. Le porte-parole du gouvernement Bruno Koné a indiqué qu’au regard de la gravité des faits, il a été question du maintien du dispositif renforcé de sécurité dans la zone, le redéploiement de toutes les autorités préfectorales de Bloléquin, le déplacement de tous les gendarmes ayant plus de quatre ans de présence dans la localité. Ce sont 18 gendarmes sur les 31 qui seront mutés, à en croire le porte-parole du gouvernement. Outre cela, avance-t-il, « tous les barrages anarchiques seront démantelés, il devrait y avoir la conduite d’une opération de ratissage et de récupération des armes illégalement détenues dans la zone, l’ouverture d’un commissariat de police à Bloléquin dans les plus brefs délais. Selon lui, les enquêtes se poursuivent pour établir les responsabilités. « Les auteurs pourront au cas échéant être traduits devant la justice. Les civils qui s’en sont pris aux symboles de l’Etat peuvent faire l’objet de sanctions. S’attaquer aux symboles de l’Etat, c’est s’attaquer aux institutions de notre pays. Personne n’y gagne. Les lois sont là. Nous sommes un Etat de droit. Il convient donc que tous les Ivoiriens se mettent en tête qu’il ne leur appartient pas de se rendre justice, quelle que soit la situation de malheur dans lequel ils se trouveront. Il y a une justice qui juge toutes les infractions conformément à nos lois », a-t-il menacé. Pour ramener définitivement le calme et la sérénité dans la localité, des renforts des Faci (gendarmerie nationale et de la police) ont été déployés dans la localité pour assurer la sécurité des personnes et des biens. Il a révélé que la section de recherche de la gendarmerie nationale et la police judiciaire ont également été déployées sur le terrain pour recueillir des informations plus détaillées. Bruno Koné a aussi souligné que le chef de l’Etat fera une adresse à la nation dans les prochains jours relativement à ces faits de Bloléquin et bien d’autres faits de la même nature. Expliquant ces violences, Bruno Koné a fait savoir que les 10 ans de crises que notre pays a connues, ont certainement laissé des traces importantes. Et cela, pas seulement à la gendarmerie ou l’armée. Mais dans beaucoup d’autres secteurs du pays. « Beaucoup d’efforts ont été faits dans l’intervalle pour corriger ces tares. Tout n’est pas parfait, je le concède. Tout est mis en œuvre depuis quelques années pour que la formation de nos policiers, militaires et gendarmes soit le meilleur possible. Que le recrutement soit le meilleur possible. Nous n’avons pas caché les difficultés que nous avons au niveau de nos forces. Puisque nous avions dit ici, les mesures que prenait le gouvernement pour reformer cette armée. Donc, si tout était parfait, nous n’allions pas prendre ces mesures-là. Nous reconnaissons donc que ce n’est pas parfait », a-t-il reconnu. « Le samedi 17 février dernier aux environs de 10 heures, un gendarme de la brigade de Bloléquin au cours d’un contrôle de routine a ouvert le feu dans des conditions qui restent encore à élucider, sur un motocycliste qui malheureusement est décédé des suites de ses blessures. En représailles, le gendarme a été pris en partie par un groupe de jeunes et l’un des gendarmes a été malheureusement lynché à mort », a-t-il rappelé. Il a indiqué qu’il reste à établir que le gendarme lynché à mort est bien celui qui a tiré. Le bilan de ces violences selon Bruno Koné est de 2 morts, 3 blessés et d’importants dégâts matériels. Notamment, la brigade de gendarmerie qui a été incendiée, les résidences du préfet, du sous-préfet saccagées et pillées. Des véhicules endommagés, 14 domiciles de gendarmes saccagés, des motos en fourrière au nombre de 42 emportées. Face à cette situation, le porte-parole a souligné que des actions ont été menées par les autorités administratives politiques et par certains cadres de la région. Actions qui selon lui, ont permis à ce jour de ramener le calme dans la région. « En attendant les résultats de ces enquêtes, le gouvernement ne peut que condamner avec la plus grande fermeté, ces actes graves », a-t-il indiqué.
L.F.





