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Le 4ème colloque du Club international de conférences de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire s’est ouvert, hier à la rotonde de l’institution. Placé sous le haut parrainage du président Guillaume Soro et la coordination du professeur Franklin Nyamsi, ce rendez-vous des intellectuels visait à « repenser le panafricanisme pour une grande génération africaine » comme thème. Parce que justement selon le vice président de l’Assemblée nationale Silué Kagnon représentant Guillaume Soro. « L’Afrique a trop souffert du panafricanisme de parade que certains de ses fils et filles ont allègrement professé, pendant qu’ils maltraitaient jours et nuits leurs propres citoyens pour des raisons ethno-religieuses, pourchassaient, humiliaient et assassinaient des Africains de toutes origines, uniquement parce qu’ils n’étaient point ressortissants de leur micro-Etat hérité du colon ; oui certains, mal inspirés par un chauvinisme suicidaire, ont fabriqué des pseudos-lois pour traquer les Africains en pleine Afrique et les exposer ainsi au mépris du monde ». Le député a dénoncé « le pseudo-panafricanisme africain qui a servi de refuge au nationalisme aveugle et au racisme inter-africain ».

Ce qui a amener le professeur Franklin Nyamsi à évoquer « les impasses du panafricanisme ». Partant des exemples des anciens présidents ghanéen Kwamé Nkrumah et tanzanien Julius Nyéréré, il a dénoncé l’attitude de ceux qui se revendiquent panafricanistes mais qui n’ont rien de panafricanistes. Notamment l’Ex- dictateur ougandais Idi Amin Dada et l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo. « Laurent Gbagbo se disait panafricaniste mais jamais la vie des étrangers n’avait été aussi menacée, de 2000 à 2011 », a accusé le philosophe. Pour lui, ces faits paradoxaux troublants nous obligent à y jeter un regard. C’est pourquoi, dans sa réflexion, Franklin Nyamsi a émis de sérieux doutes le panafricanisme. « Pour moi l’Afrique n’existe pas. Il y a des Afriques. L’Afrique est à inventer, à bâtir, à construire. Elle existera lorsqu’elle aura un gouvernement fédéral, un peuple uni, une monnaie unique », a soutenu le coordinateur du 4ème colloque du Club international de conférences de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire qui s’achève aujourd’hui. Mais pour Alain Lobognon, l’apport du continent reste maigre car le panafricanisme a été prôné sans réel impact.

A.K.