Imam d'abobo.jpg

Les propos de l’Imam Touré Sékou, le mercredi 22 août à la résidence du couple Gbagbo à Cocody-Riviéra Golf discréditent encore une fois les guides religieux qui s’immiscent de plus en plus dans le débat politique.

En visite à Simone Ehivet Gbagbo, l’Imam Touré Sékou à la tête d’une délégation de fidèles musulmans venus de la commune d’Abobo a ôté son boubou de guide religieux pour arborer la toge d’avocat. Contre toute attente, le calife s’est laissé aller à une véritable ‘’plaidoirie’’ que même Me Altit ou les véritables avocats de Mme Gbagbo sont loin de réussir. Dans toute cette expression orale défensive, voici quelques extraits que l’on peut retenir : « Les gens ont menti sur vous. Qu'est-ce que vous n'avez pas fait à Abobo ? Qu'est-ce que vous n'avez pas fait pour Abobo? Je suis témoin. Pour le pèlerinage à la Mecque, vous avez dépensé 4 milliards, plusieurs musulmans sont allés sans payer un rond. C’était le meilleur pèlerinage. Quand les gens disent que vous avez tué les gens à Abobo, que le président Gbagbo a tué les gens à Abobo, ce sont des mensonges. Moi je suis témoin. Ton mari a fait beaucoup pour les musulmans. Ce que nous faisons aujourd'hui est petit mais nous attendons la sortie du président Gbagbo. Ce jour-là, s'il faut marcher pour aller à l'aéroport le chercher, nous le ferons. J'ai déjà dit à la mosquée que Dieu m'a dit que Gbagbo va sortir et revenir pour nous réconcilier (...) », a lancé l’imam Touré Sékou. Cette position du guide religieux était-elle nécessaire ? Assurément pas. En effet, non seulement cette affirmation est archi-faux mais méprise le droit des victimes et souille la mémoire des nombreuses victimes de la crise post-électorale. Qu’est-ce qui a pu bien pousser l’Imam à faire une telle sortie ?  Pourquoi s’est-il érigé en avocat ? Seul notre imam pourra le dire. Pour des leaders religieux censés être neutres dans les intrigues politiciennes, une telle attitude est dangereuse et provocatrice pour la nation au moment où le président de la République fait des efforts pour réconcilier les Ivoiriens. Mme Gbagbo a recouvré la liberté à la faveur d’une ordonnance d’amnistie. L’imam doit savoir que l’on est aujourd’hui à la recherche d’une paix durable entre les filles et fils d’un même pays. L’ex-première dame recevant, les populations de Gagnoa, il y a peu a mentionné cette nécessité. De ce fait, il revient à l’imam Touré de reconnaître qu’il s’est fourvoyé et qu’il a manqué de sagesse à moins qu’il ne soit en train de perpétrer un coup, ce qui serait bien dommage.

Y. C