Côte d’Ivoire / Guillaume Soro depuis Katiola : « J’ai désormais une dette de reconnaissance envers Katiola»
Le président de l’Assemblée nationale a procédé, ce jour à Katiola, à l’ouverture du festival des alliés dont il est le parrain. Il est revenu sur les traces de son adolescence dans la ville qui l’a vu grandir. Ci-dessous, son allocution.
Monsieur le préfet du département de Niakara, préfet par intérim de la région de Hambol. Mesdames et messieurs les membres du corps préfectoral, monsieur le président du Conseil régional du Hambol, monsieur le ministre Général député Ouassenan Koné Gaston, mesdames et messieurs les députés, monsieur le maire de la commune de Katiola, mesdames et messieurs les élus. Mesdames et messieurs les représentants des organisations internationales. Mesdames et messieurs les représentants des ministres, mesdames et messieurs les directeurs centraux, les directeurs régionaux et chefs de services, honorables chefs traditionnels et désormais chers collègues, distingués chefs religieux, populations de la Côte d’Ivoire dans toute sa diversité ici réuni. Mesdames et messieurs.
Monsieur le préfet de la région du Hambol par intérim, vous me permettrez d’abord d’exprimer ma gratitude à toutes les populations ivoiriennes ici rassemblée. Je vous remercie tous pour l’accueil chaleureux qui m’a été réservé. Je veux saluer vous les femmes ici présentes. Je veux saluer les jeunes ici présents. Je vous salue, tous pour la mobilisation que j’ai pu voir et appréciée.
Je vous dis mes reconnaissances, parce que sous un soleil de plomb, depuis ce matin, vous êtes là assis, immobilisés pour nous écouter. Ce respect et cette considération ne s’achètent pas.
C’est pourquoi en ce qui me concerne, au nom de la dette de reconnaissance, je vous dis merci.
Je veux à la suite de mesdames et messieurs saluer les chefs traditionnels ici présents. Chers collègues, puisque je suis le chef KABATCHIO, je vais commencer à exercer sans tarder, ma responsabilité. Je veux vous remercier pour la confiance que vous placez en moi. Parce qu’on ne fait pas Chef tout le monde. Non plus, n’est chef qui veut ! Et j’ai entendu et écouté les propos lorsqu’on m’élevait à la dignité de chef traditionnel ici à Katiola. Je vous remercie pour la confiance, mais surtout pour les prières et pour le soutien. Et que la ville de Katiola ne m’est pas étrangère.
Vous savez que c’est dans l’adolescence qu’on forge l’adulte de demain. Et moi, j’ai fais mon adolescence ici à Katiola. J’ai fais d’abord la classe de CE1 à Katiola ici. Et c’est toujours avec une pointe de nostalgie quand je me retrouve à Katiola. Parce que voyez-vous, toutes ces voies, toutes ces rues, je les ai parcourues quand j’étais adolescent. Je me rappelle encore avec émotion que nous étions sur ces routes en train de cueillir les mangues quand le Général Thomas D’Aquin nous poursuivait parce que nous n’avions pas la patience de laisser la mangue tombée. Et c’est ce que lui, il voulait qu’on fasse. Or la mangue, elle n’est vraiment délicieuse que lorsqu’elle est cueillie brusquement et plus haut. Et je me rappelle Katiola où j’ai vécu avec mon père. Ensuite, je suis revenu à Katiola pour faire le petit séminaire Saint Jean de la 6ème à la 3ème. Je me rappelle cette ville accueillante, chaleureuse. Cette ville qui a fait de moi ce que je suis aujourd’hui. Cette ville où j’ai passé tant d’années de mon adolescence. Cette ville, je l’aime énormément. Et c’est pourquoi, je suis tout autant émus de voir aujourd’hui, que le retour qu’on me fait, c’est de me lever dans la dignité de chef traditionnel de Katiola et je veux vous dire merci.
Par ce geste j’ai désormais une dette de reconnaissance envers Katiola et sa chefferie traditionnelle. Je prie Dieu de me permettre et de faire de moi un être loyal, un être reconnaissant. Je prie Dieu quel je sois à la hauteur de la confiance que vous avez porté en moi. Je prie Dieu de faire en sorte que jamais l’ingratitude ne me visite. Je vous remercie pour ce geste que d’aucun qualifierons de symbolique. Ce n’est pas que symbolique. C’est un geste d’attachement, c’est un geste d’amitié, de fraternité mais c’est surtout un geste de cohésion et de consolidation. Et c’est ça que je retiens aujourd’hui.
Chers parents de Katiola, voyez vous, quelqu’un l’a dit ici, j’étais au village à Ferké chez moi pour l’enterrement de ma défunte Tante. Et j’ai dit à mes parents que je devais me rendre à Katiola. Ils m’ont chargé de transmettre à la grande famille, les salutations de la chefferie et de la ville de Ferké. C’est pourquoi, je le fait avec autant de solennité et de force. Parce qu’en tant que fils de Ferké, et aujourd’hui fils de Katiola et de surcroit chef, il était de ma responsabilité de vous transmettre ce message.
Je vous ai dit que j’enterrais hier ma Tante et on me dit de venir à un festival des alliés. En route, heureusement mon Général, je me suis souvenu que je suis allé au champ dans mes plantations et dans ma ferme à Ferké. Parce que je me suis toujours promis que le jour où je prendrais la retraite, j’irais dans mes plantations à Ferké et pour assurer la pérennité de ces plantations, je suis allé déposer là-bas, 10 Yacoubas, 10 Koyakas, 10 Mahoukas pour y travailler. Donc à l’heure où je vous parle, il y a des Mahoukas, des Koyakas, des Yacoubbas qui travaillent là-bas. Qui travaillent au champ là-bas.
Monsieur le préfet par intérim de la région du Hambol, je veux vous saluer et vous demander de transmettre au corps préfectoral, mes salutations et mon respect. J’ai vu ce corps mobilisé. Mais je l’ai aussi vu déterminé pour faire en sorte que l’Etat de Droit soit une réalité dans notre pays. Quelque fois, vous travaillez sans grand moyen et vous devez aller chercher au delà du devoir, la volonté pour accomplir chaque jour votre mission. Soyez en remerciés et félicités.
Je veux à présent me tourner vers les filles et les fils de la région du Hambol. Je veux commencer par mon Papa, le Général Gaston Ouassénan Koné. J’ai bien dis Papa et je ne me suis pas trompé. Parce que Feu mon père a été l’ami du Général Gaston Ouassénan Koné. Et je me souviens encore mon Général qu’un jour, à votre bureau, mon père vous a dit qu’il vous confiait son fils. Et vous avez dit que j’étais votre fils. Ironie de l’histoire que l’histoire nous réserve, pour cette séquence importante, avant moi j’ai l’habitude de dire aux députés vous, vous n’avez pas connus le Général Ouassénan. Souvent à l’Assemblée nationale, les gens crient sur le Général Ouassénan et il ne dit rien et moi, je suis surpris. Il a trop changé. Ça, ce n’est pas le Général Ouassénan que nous on a connu. Quand j’étais un étudiant un peu éveillé, et (…) bon, donc quelque fois, le Général me tirait un peu les oreilles. Mais je sais, et ce jour-là, quand mon père vous a dit je vous confie mon fils, et que vous avez dit que j’étais votre fils, j’ai compris ce jour là qu’un lien, qu’une affection et un attachement était né. Et depuis que je suis à l’Assemblée Nationale et en qualité de Président de l’Assemblée Nationale, je veux le dire devant mes parents de Katiola, le Général Gaston Ouassénan Koné c’est toujours tenu à mes côtés. Pour prodiguer des conseils… et grace à ces critiques constructives, j’espère pouvoir m’améliorer. Je veux saluer le président du Conseil régional du Hambol, M. Traoré Brahima qui est là.
Je veux saluer le maire de la commune de Katiola. M. le maire, merci pour les propos forts aimables que vous avez prononcé à mon endroit. En ces temps ci difficiles pour moi-même, que vous ayez le courage de prononcer certains mots, me touche. Merci pour la constance dans le discours et dans les propos. Merci beaucoup.
Je veux saluer un de mes hommes, Touré Pélikan Hervé dit Vetcho. Que dire de plus, que ce jeune homme, votre fils a été au-dela de l’amitié, un vrai compagnon, un frere avec qui nous avons traversé des moments difficiles. Nous avons sué sang et eau. Mais quand je le dis aujourd’hui, c\'est pour que les parents de Katiola soient fiers, non pas seulement de lui, mais de tout le combat qui a été mené pour permettre à la Côte d\'Ivoire de vivre aujourd’hui l’ère de la démocratie et de la liberté. Dans d’autres pays, des rues auraient porté leurs noms. Merci Vetcho.
… Katiola a payé sa part de tribut à la lutte pour la liberté. Je suis à Katiola parce qu’aussi bien dans le Coran que dans la Bible, le devoir de gratitude, le devoir de reconnaissance, c’est écrit. C’est divin. Il semble que ces jours-ci, certains sont très allergiques à ces mots, mais tant qu’on n’aura pas retiré ces mots du dictionnaire français en attendant la reforme de l’orthographe en France, nous sommes obligés de les employer.





