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En meeting, hier à Tafiré pour boucler sa tournée dans le nord du pays, Guillaume Soro a longuement interpelé le gouvernement et le Premier ministre ivoirien sur la souffrance des populations qui manquent du minimum vital.

 

« Je veux que le gouvernement vienne pour vous donner de l’eau, des écoles et des centres de santé. Parce qu’il n’y en a pas dans les villages. A mon aîné, le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly, je dis : c’est Dieu qui donne les postes aux gens. Aujourd’hui il est Premier ministre, mais avant, moi j’étais Premier ministre. J’ai fait 5 ans là-dedans. J’ai connu deux présidents de la République. Un Premier ministre qui l’a été sous deux présidents, ce n’est pas toujours qu’on voit ça hein », a-t-il lancé.

 

Le président du Comité politique n’a pas manqué de soulever l’épineux problème de la mévente des produits agricoles notamment l’anacarde en interpelant le gouvernement sur ses priorités.

 

« Au lieu de venir pendant les grands meetings d’hommage, de danse, de fête et puis on vous distribue 500 F, 500 F, pour acheter votre dignité, j’ai demandé qu’on achète votre anacarde à 500 F. Comme ça vous serez fiers, non pas parce que vous êtes des mendiants, que vous avez tendu la main, mais parce que c’est le fruit de votre travail. Tout travailleur mérite salaire et quand vous avez travaillé la terre, vous méritez le salaire que la terre vous doit. Il faut qu’on achète votre anacarde », a assené l’ancien président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire.

 

Guillaume Soro actuellemnt en rupture de ban avec les tenants du pouvoir d’Abidjan a pris les producteurs à témoin sur les engagements pris par le Premier ministre.

 

« Quand j’ai dit ça, on dit : « Guillaume n’a pas la capacité de donner des instructions au gouvernement ». Ils disent ça le jour mais la nuit, ils font ce que je dis. Mon aîné le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly, mais qui a été mon ministre de l’Agriculture pendant longtemps, et qui était très très serviable et poli, a dit qu’il va acheter l’anacarde à partir du 17 mai, à 375 F. Ça, c’est déjà une bonne chose, je le salue, je le félicite. Mais le 17 mai à midi, je vais vous laisser mon numéro, si ce n’est pas acheté à 375 F, appelez-moi. Je vais l’appeler aussi et je vais revenir à Tafiré encore. Vous allez voir, ça va changer. C’est ça on dit ‘’Djara minan Djara’’ ».

A.K.