Côte d’Ivoire / Le député de Fresco Alain Lobognon libéré après 2 semaines de détention
L’ancien ministre des Sports et député de Fresco condamné pour délits de divulgation de fausses nouvelles, a recouvré la liberté.
Alain Agnima Lobognon peut humer à nouveau l’air de la liberté. Le député de Fresco a été mis en liberté immédiate après un procès en appel qui a duré 7 heures.
Ce mercredi 13 février 2019 au terme d’un procès en appel, le président de la Cour d’Appel Ali Yéo a commué la peine de 12 mois d’emprisonnement ferme en 6 mois d’emprisonnement avec sursis, avec levée du mandat de dépôt suivi de libération immédiate.
A l’ouverture du procès, le président de la cour d’appel, Ali Yéo et ses deux juges assistants, ont rejeté les trois exceptions de forme introduites par l’équipe de la défense d’Alain Lobognon composé d’une vingtaine d’avocats.
Contrairement au 29 janvier dernier, le prévenu a été autorisé cette fois-ci, à comparaître avec son écharpe de député. Dans les débats de fond, Alain Lobognon a reconnu à nouveau les faits qui lui sont reprochés. Mais, il a estimé que son intention n’était pas d’inciter à la violence encore moins d’appeler au trouble à l’ordre public. Devant la Cour, Alain Lobognon a répété que c’est le député Ohouo Jacques qui l’a appelé le 8 janvier 2019 à 20h 36 pour l’informer que le procureur de la République près le tribunal de première instance voulait le mettre aux arrêts en dépit de la décision de suspension de poursuite envoyée par l’Assemblée nationale.
« Le 8 janvier 2019 à 20h 36, je fus appelé par mon collègue député Jacques Ehouo. Il m’a dit qu’en dépit de la note de l’Assemblée nationale, le procureur de la République veut l’arrêter. J’ai appelé le secrétaire général de l’Assemblée nationale et d’autres sources. C’est sur cette base que j’ai écrit le ‘’tweet’’ à 21h 29mn », a expliqué le prévenu précisant que l’appel avec son collègue a duré 90s.
A l’heure des réquisitoires, le parquet général a d’abord prodigué des conseils à Alain Lobognon avant de donner sa sentence.
« Le prévenu a commis une faute. En matière pénale, l’arrestation et la poursuite sont différentes. Le prévenu est un ancien ministre, il doit avoir une attitude exemplaire. Il doit avant de relayer ou divulguer une information s’assurer de la véracité de celle-ci. Nous ne sommes nullement contre la liberté d’expression mais que les informations qu’on veut donner soient justes », a-t-il conseillé, avant de requérir la peine de 6 mois d’emprisonnement avec sursis, levée du mandat de dépôt suivi de libération immédiate.
Il était reproché à Lobognon d’avoir diffusé, le 9 janvier 2019, une « nouvelle fausse » via un tweet. Selon cette information diffusée, le procureur de la République avait ordonné l’arrestation du député du Plateau Jacques Ehouo.
Aussi, avait-il été mis sous mandat de dépôt, le mardi 15 janvier 2019, par le parquet d’Abidjan selon la procédure de flagrant délit et placé en détention à la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (Maca). Présenté à un juge le 29 janvier il avait été condamné à un an de prison ferme avec 300.000Fcfa d’amende.
Y. C.





