Côte d’Ivoire / Les chefs traditionnels formés au développement local dans le Lôh-Djiboua
L’Observatoire pour le développement, l’amitié et la prospérité-Côte d’Ivoire (ODAP-CI) a initié, le samedi 28 octobre 2017 un atelier de formation à l’intention des chefs traditionnels de la région du Lôh-Djiboua.
Plus de 200 chefs traditionnels venus des différentes localités de la région du Lôh-Djiboua, ont pris part à Divo à ce séminaire de formation initié par l’ODAP-CI et son président, Me Paul-Arnaud Bertin Zéhouri, notaire-conseil, porte-flambeau du Projet permanent de développement du Lôh-Djiboua (PPD-LD). C’est au professeur Urbain Amoa que l’honneur est revenu d’instruire les chefs traditionnels sur le thème : « Chefferie traditionnelle : quelle approche pour un développement local réussi ». Après avoir rappelé les fondements historiques et quelques fondements juridiques qui fondent la chefferie traditionnelle en Côte d’Ivoire, le formateur a tenu à préciser que la désignation d’un chef dépend des us et coutumes du peuple indiqué. Dans son exposé, le directeur du Festival international de la route des reines et rois, s’est appesanti sur le rôle moteur d’agent de développement que doit jouer le chef traditionnel dans sa communauté. C’est-à-dire un agent de santé, d’état civil, de développement et de sécurité. « L’heure est venue pour l’Afrique d’asseoir une chefferie qui parle le français mais aussi nos langues vernaculaires. Ne vous sous-estimez pas ! Le chef doit être proche et lointain. Si le chef est banalisé, le peuple n’a plus d’âme. Vous devez reprendre en main l’organisation des villages et créer des activités génératrices de revenus», a exhorté Urbain Amoa. Qui préconise la négociation pour la résolution de tout conflit. « Nul n’a le monopole de la violence. Tout conflit doit être soumis à la chefferie avant d’arriver au tribunal », a-t-il préconisé. Intervenant sur « la question foncière face au droit et à la coutume : éléments jurisprudentiels et perspectives», Me Paul-Arnaud Bertin Zéhouri a d’entrée de jeu dénoncé les insuffisances des différentes lois sur le foncier depuis l’indépendance à ce jour. « Dire aux parents de ne pas vendre leurs terres, n’est pas la solution aux conflits fonciers. Il faut plutôt les informer sur les procédures légales de vente des terres. Il n’est pas question de rentrer en belligérance avec les étrangers. Il est question de respecter les procédures », a prévenu l’expert à la Banque mondiale chargé du foncier.
J.O.





