Côte d’Ivoire / Les démobilisés de Man formels : « Pour la paix et la réconciliation vraies, il faut notre argent »
Les démobilisés de Man ont pris d’assaut le rond-point de la ville, tôt ce matin pour revendiquent selon eux, leur dû promis lors de crise que le pays a vécue. Ils étaient une centaine de démobilisés sortis dans l’objectif de dire haut et fort leur cri. « Nous ne faisons pas de palabres. Nous manifestons pacifiquement sans armes. Les gens racontent que nous voulons déstabiliser. Tout cela est archi-faux. Et sur ces affirmations sans fondement certains de nos amis sont mis en prison. Ils ont vendu ni matricules à leurs parents et ils continuent de nous livrer à la vindicte populaire en nous traitant de voyous et autres. Qu’on nous donne ce qu’on nous doit et il n’aura pas de bruit. Dans le cas contraire les jours à venir seront pénibles », prévient un ex-combattant qui a requis l’anonymat. Plus amer, un autre pointe du doigt les décideurs dont le laxisme entraîne l’accroissement de fumoirs. « On parle d’émergence et on néglige une grande partie des populations. Pour une paix, une réconciliation vraie, il faut notre argent. Si vous voyez qu'il y a des fumoirs un peu partout, c’est de la faute aux gouvernants qui nous négligent. Quand on n’a rien à faire et qu'on désespère de la vie, on ne peut que s’adonner aux choses vilaines », fustige Zigani Dieudonné. Cette tentative fait suite à une rencontre avec les différents responsables militaires de la capitale du Tonkpi. « Il y a cinq jours, nous avons été reçus par les responsables militaires de la ville. Ils ont promis parler avec leurs hiérarchies. Nous sommes ici pour avoir la suite de cette rencontre. Ce qui fâche dans cette affaire, c est que les gens nous roulent dans la farine. La négociation avec le Premier ministre Gon Coulibaly ayant échoué, nous sommes prêts à nous défendre comme on peut pour avoir gain de cause », soutient Gbongue Boni. Ce lundi 2 octobre, une rencontre avec les autorités a accouché d’une souris, le préfet de région, Soro Kayaha étant en mission à Abidjan. Très en colère, les démobilisés ont dressé des barricades sur la route en face de la Préfecture. Sentant le danger venir les responsables ont vite rappelé à l’ordre leurs éléments par échange téléphonique, depuis Bouaké. « Il faut replier car ici à Bouaké, les FACI ont déjà pris tout le terrain. Nous voulons un mouvement d’ensemble et non des mouvements isolés pour nous faire tuer », a-t-il exhorté. C’est la mort dans l âme que ces démobilisés ont pris le chemin de leurs domiciles, tout en promettant mettre tout en œuvre pour se faire entendre et surtout rentrer en possession de ce qu'ils estiment leur revenir de droit.
J.O.D.





