Côte d’Ivoire / Les raisons profondes de la grève illimitée des agents du ministère du Plan et du développement
Le ministère du Plan et du Développement est secoué par une grève illimitée, depuis le lundi 25 juin 2018. Cette grève qui est suivie à 90%, selon le Renouveau syndical des agents du ministère du Plan et du Développement de Côte d’Ivoire (Resynap-Ci), est contestée par le cabinet de Kaba Nialé.
Depuis lundi 25 juin 2018, les agents du Renouveau syndical du ministère du Plan et du développement de Côte d’Ivoire (Resynap-Ci) sont encore en grève. Sur les dix directions de ce ministère, seuls les services de la direction des ressources humaines et le cabinet du ministre, (direction d’Abidjan), ont travaillé, selon Oulaï Landry, secrétaire général de ce syndicat. Joint par téléphone, hier, il a indiqué que la grève est suivie à plus de 90% par les agents mécontents de l’attitude de ‘’mépris’’ de la tutelle. A l’en croire, alors même que le syndicat a déposé, ‘’en bonne et due forme’’, un préavis de grève pour une grève illimitée, le lundi 25 juin, le directeur des ressources humaines, le chef de cabinet de la ministre Kaba Nialé, le responsable de la direction des affaires administratives et celle chargée du contentieux ont informé les agents, par Sms, le week-end dernier, de la tenue d’une réunion pour le lundi 25 juin. « Le constat est que la plupart des agents ont préféré rester chez eux, à la demande du syndicat. Au centre de ces grèves à répétition, la revalorisation des primes des agents. La direction administrative et financière a proposé au Resynap-Ci, pour l’exercice budgétaire 2018, une revalorisation des primes à hauteur de 10.000 Cfa pour les agents de la catégorie A3, et de 12.000 fCfa pour les B, C et D. Ce que le syndicat refuse, appelant à une ’’revalorisation conséquente et consensuelle’’. Surtout que le budget global de cette prime a connu une hausse, passant de 900 millions à 1,1 milliard Cfa. Autre point de revendication, le retour dans son ministère de Simplice Sapohi, secrétaire général de ce syndicat et de certains syndicalistes membres de son bureau mis à la disposition de la Fonction publique pour activités syndicales comme le soutiennent ses camarades. Pourtant, le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly, chef du gouvernement, dans le cadre des négociations avec les acteurs sociaux pour une trêve, afin de permettre au gouvernement de se concentrer sur l’amélioration des conditions de vie des populations ivoiriennes, avait obtenu que les syndicalistes mutés à la Fonction publique pour activités syndicales retrouvent leurs postes d’avant leur mutation. A cela, il faut ajouter ‘’la mauvaise gestion’’ de l’assurance santé MCI par les responsables de la mutuelle. A la célébration du 1er mai 2018, à la Présidence, Alassane Ouattara avait donné des instructions fermes, à la ministre Kaba Nialé, pour le règlement définitif de ces mouvements d’humeur qui paralysent son ministère depuis plusieurs mois. Un ministère en charge du Programme national de développement (Pnd 2016-2020), la boussole du gouvernement en matière de développement économique, social et culturel de la Côte d’Ivoire. Malheureusement, le Comité de dialogue et de suivi des revendications mis en place pour le règlement des points de revendication, outre le recensement des points de désaccord entre la tutelle et le syndicat, n’a pu trouver une solution aux revendications des agents. Pis, affirme-t-on, la tutelle a décidé d’appliquer, seule, la revalorisation des primes à hauteur de 10 et 12 000 Fcfa. Il faut noter que des élections de président de la mutuelle, organisées dans la confusion, le 26 avril 2018, par le directeur des ressources humaines, Ouattara Aboubacar, par ailleurs président du comité d’organisation, alors que le syndicat avait lancé un autre mot d’ordre de grève, la veille, continue également de polluer l’atmosphère dans ce ministère dirigé par Kaba Nialé.
La grève pas suivie dans les différentes directions
Tahirou Koné, responsable de la communication au ministère du Plan et du Développement que nous avons joint dans l’après-midi a relevé que la grève illimitée annoncée par les agents du Renouveau syndical des agents du ministère du Plan et du Développement de Côte d’Ivoire (Resynap-Ci) n’est pas du tout suivie. « La grève n’est pas suivie. Le syndicat n’a fait qu’un effet d’annonce. On a fait le tour des différentes directions le lundi et mardi mais nous avons constaté que ce sont quelques agents qui ne sont pas à l’appel. Au cabinet à l’immeuble Sciam, les agents sont tous à leur poste. De la direction du plan en passant par l’Office national de la population, le constat est le même. A part quelques agents membres du syndicat qu’on n’a pas vu au travail, les autres vaquent à leurs occupations. Pour le moment, on n’a pas le point de l’intérieur du pays. Certainement les directeurs régionaux et départementaux nous feront le point d’ici demain (Ndlr mercredi). En somme, on ne sent pas qu’il y a grève au ministère du Plan et du Développement. Parce que quand on dit qu’il y a grève à l’Université, ça se sent et c’est palpable », a-t-il fait savoir.
R.K.





