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On connaît Tiken Jah Fakoly  pour ses shows explosifs  et son engagement sans langue de bois sur les questions importantes liées au développement de l’Afrique. Le concert que la star interplanétaire de la musique reggae a donné le samedi 29 avril dernier à l’occasion de la 3ème soirée de la 10ème édition du Festival des musiques urbaines d’Anoumabo (Femua) a été une énième occasion pour lui de gratifier les festivaliers d’un très beau spectacle et d’éveiller les consciences à travers des chansons et des messages pleins d’enseignements. En tout cas, la star n’est pas allée du dos de la cuillère pour asséner ses vérités sur la situation du continent africain. Démocratie, société civile africaine, colonisation de l’Afrique, relations entre l’Afrique et l’occident, alternance politique, immigration…sont autant de thèmes d’actualité et d’intérêt général sur lesquels la voix venue d’Odienné a surfé pour sensibiliser le public. « Jeunesse ivoirienne, en 2020 nous n’allons pas nous laisser manipuler par les politiciens. Chacun va voter son candidat. Celui qui gagne a gagné. Et que le perdant reconnaisse sa défaite et félicite l’élu. Nous ne voulons plus de palabre. Les bétés ne sont pas les ennemis des dioulas, les yacoubas ne sont pas les ennemis des sénoufos (…) Est-ce que vous avez compris ? Alors tous ensemble, disons : zéro mort  en 2020», a lancé l’artiste, pendant qu’il entonnait sa célèbre chanson ‘‘Plus jamais ça’’, pour préparer les Ivoiriens à une élection apaisée en 2020. Tiken Jah a aussi interpelé les africains ainsi que les Européens sur le phénomène de l’immigration. « Si nos parents étaient tous partis, qui aurait mené le combat contre la colonisation. Ils sont restés ici et ont combattu la colonisation. Et nous avons obtenu l’indépendance de nos pays. L’esclavage a été aboli. Voilà le message que nous voulons passer à la jeunesse africaine. Restons chez nous pour le développement de notre continent », a exhorté l’artiste, sans manquer de dénoncer le refus humiliant des pays développés d’accueillir chez eux les Africains. « Nous disons aussi qu’on ne peut pas accepter que tous les pays du monde entier viennent en Afrique, où ils veulent, quand ils veulent, faire ce qu’ils veulent, prendre ce qu’il veulent, et demander à la jeunesse africaine de rester en Afrique. Nous disons que c’est une injustice qui est trop flagrante, qui mérite d’être dénoncée à la tribune de l’ONU. Car ce qui se passe, c’est que nos amis peuvent venir librement chez nous faire ce qu’ils veulent, mais quand les africains demandent à aller chez eux, ils nous parlent de visa. Nous disons non à cette injustice », assène-t-il avant de gratifier le public de son titre ‘‘Ouvrez les frontières’’. C’est aux environs de 4 heures du matin que l’artiste a pris congé du public qui avait du mal à admettre que cette balade musicale était à sa fin. Le ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur et de la Sécurité Hamed Bakayoko et sa collègue en charge de la Santé et de l’Hygiène Publique Raymonde Goudou Coffie ont réhaussé ce concert de leur présence.

Abou Adams