Côte d’Ivoire / Les évangéliques crient leur colère / Kassi d’Azito : « On ne comprend rien dans votre affaire de référendum »
L’Eglise évangélique dans son ensemble n’est pas contente de sa relation avec l’Etat de Côte d’Ivoire. Et le président de la Confédération des Eglises de Côte d’Ivoire (CONFECI) n’est pas passé par quatre chemins pour le signifier à la tutelle. Vendredi dernier, au cours d’une rencontre entre le Conseil pastoral et le ministère d’Etat, ministère de l’Intérieur et de la Sécurité dans un hôtel à Cocody Riviera palmeraie, l’archevêque Kassi d’Azito a exposé la « situation morose » concernant cette relation au représentant du ministre Hamed Bakayoko avant de proposer des pistes de solution. Il s’agit de la fermeture des églises pour cause de nuisance sonore, des mesures restrictives de la RTI envers les églises évangéliques. Il y a également l’arrêt de la délivrance des agréments par le ministère de tutelle, le manque d’assistance et d’appui financier à la formation théologique et civique des pasteurs par le ministère de tutelle, la non représentation des guides religieux évangéliques dans les institutions étatiques telles que la Commission électorale indépendante, le Conseil économique et social, le Médiateur de la République et autres, la gestion contraignante du pèlerinage chrétien par l’Etat et le manque d’interlocuteur charismatique évangélique face à l’Etat. « Comment pouvons-nous relayer les informations majeures provenant de l’Etat et mieux faire passer ce message à notre base s’il n’y pas de leaders religieux évangélique siégeant dans les institutions de l’Etat ? », s’est interrogé le porte-parole du Conseil pastoral Kassi d’Azito. C’est ainsi que l’homme de Dieu va dénoncer la non prise en compte des leaders religieux évangéliques dans certaines démarches de l’Etat telles que la réconciliation nationale, la cohésion sociale et l’absence d’informations suffisantes sur le référendum. « C’est nous qui pouvons faire revenir ceux qui sont en exil. Ils ont fi le pays à cause des politiques, ce ne sont pas les politiques qui peuvent les faire revenir au pays. On n’est pas représenté à la CEI, au CES. On ne comprend rien dans votre affaire de référendum. Comment pouvons-nous l’expliquer à nos fidèles ? », a assené l’homme de Dieu. Qui a, d’ailleurs appelé le gouvernement à libérer plusieurs pasteurs détenus aujourd’hui, sans jugement. C’est également par ses soins qu’au moins 32 pasteurs ivoiriens sont rentrés d’exil. S’agissant de la fermeture des Eglises Kassi d’Azito a estimé que « ce n’est pas une solution envisageable car la Côte d’Ivoire étant un pays laïc ». « Da ns un Etat, quand un individu commet un acte répréhensibles, il est du devoir des autorités de sanctionner ce dernier pour servir d’exemple et non faire subir toute sa corporation », a fait remarquer le président de la CONFECI. Qui a constaté « avec beaucoup de frustration, que le ministère de tutelle ne délivre plus d’agrément au sujet des Eglises évangéliques, depuis un certain temps ». Aussi, plusieurs propositions ont-elles été faites à la tutelle. Ainsi, pour éviter la fermeture des Eglises suite pour nuisance sonore, les religieux proposent la mise sur pied d’un organe de régulation qui va sensibiliser les lieux de culte quant aux instruments à utiliser. S’agissant de l’interdiction de la RTI, Kassi d’Azito propose qu’un communiqué bref et précis soit lu sur les antennes afin d’éviter des messages à caractères commerciaux du genre vente d’huile, de parfum et autres…Pour le porte-parole du Conseil pastoral, l’on devrait permettre au moins de dire le thème de la manifestation ainsi que le lieu, la date, l’heure, l’appel et les contacts. Pour les agréments, les évangéliques demandent à la tutelle d’exiger une lettre de recommandation émanant de l’une des obédiences à laquelle le demandeur est issu, la présentation d’un diplôme ou une attestation théologique ou un diplôme équivalent. « Ceci est valable pour nos frères missionnaires qui veulent bien s’installer en Côte d’Ivoire. La Côte d’Ivoire n’est pas une poubelle où on vient faire ce qu’on veut », a-t-il prévenu. D’autres propositions relatives aux questions de pèlerinage des chrétiens évangéliques, de désignation d’un interlocuteur face à l’Etat ont été faites. Au total, ce sont sept points qui ont été soumis au conseiller Claude Sahi, représentant le ministre d’Etat Hamed Bakayoko. Il a dit les avoir bien noté à charge pour lui de les transmettre fidèlement à qui de droit. Mais d’ores et déjà, il a promis d’appeler les religieux évangéliques à une rencontre avec son patron. Le conseiller politique a demandé aux hommes de Dieu de s’organiser en conséquence.
A.K.





