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Le président de l’Union pour la démocratie et la paix en Côte d’Ivoire(UDPCI) et le président de l’Union pour la Côte d’Ivoire(UPCI) ne sont plus membres du gouvernement Daniel Kablan Duncan.

Albert Toikeusse Mabri, ministre des Affaires étrangères et son collègue Gnamien Konan, ministre de l’Habitat et du Logement social ont été limogés sur le coup de 15 heures par suite de deux décrets pris par le chef de l’Etat.

Cette décision d’Alassane Ouattara, à s’y méprendre, est une balle qu’il vient de tirer dans les pieds du leader de l’Ouest et du douanier, potentiels candidats à la présidentielle de 2020 en Côte d’Ivoire. Le président de l’UDPCI restant celui qui aura contribué avec son parti, à maintenir la flamme du RHDP dans cette région de la Côte d’Ivoire en proie aux massacres et autres activités subversives des miliciens armés et soutenus par les pontes de l’ancien régime. Sans crainte des représailles qui pouvaient s’abattre sur ses militants, commanditées par les cadres du Front populaire ivoirien(FPI) en apogée et exécutées par leurs cyniques miliciens.

Toutefois, Albert Toikeusse Mabri n’oublie pas de nourrir ses propres ambitions tout en consacrant une lutte acharnée à la survie du RHDP. C’est ainsi qu’au congrès ordinaire de l’UDPCI en décembre 2013, son parti, le premier, décide de soutenir la candidature du président Alassane Ouattara pour son deuxième mandat en 2015.

Mais prend le soin de prévenir qu’il serait candidat en 2020 pour le compte du parti créé par le général Robert Guéi.

Par la suite, Albert Toikeusse Mabri et Gnamien Konan ont été constants à rejeter l’idée d’alternance au pouvoir au profit du Parti démocratique de Côte d’Ivoire(PDCI) réclamée avec insistance par les militants du vieux parti et largement commentée dans la presse locale et internationale.

Avec pour postulat de base, le fameux « appel de Daoukro » lancé par le président du PDCI, Henri Konan Bédié, le 14 septembre 2014, sur ses terres natales. Ainsi, depuis ce congrès de décembre 2013 à Yamoussoukro, l’UDPCI a décidé de se lancer dans la course à la succession d’Alassane Ouattara en 2020 et avec pour candidat, son président Mabri Toikeusse.

Ce qui sera réaffirmé à plusieurs occasions notamment lors d’un Bureau politique à la Résidence Niablé, le jeudi 17 décembre 2015. «Le Bureau politique renouvelle sa confiance au président du parti et lui demande de préparer l’élection présidentielle de 2020 en tant que candidat. Le Bureau politique sollicite de l’ensemble des partis du RHDP, le soutien à la candidature de Dr. Abdallah Albert Toikeusse Mabri pour assurer, à partir de 2020, la poursuite de l’œuvre incommensurable de reconstruction de la Côte d’Ivoire qui est en cours».

Voilà qui est clair. Du côté du douanier, même son de cloche.

En visite à Lakota où il parrainait une activité sportive dans le village de Zahiri, le samedi 28 septembre 2014, le président de l’UPCI apporté une sorte de réponse du berger à la bergère à Henri Konan Bédié qui venait de lancer son « appel de Daoukro », eux semaines plus tôt.

En effet, Gnamien Konan a affirmé que son parti n’est pas concerné par l’alternance au pouvoir entre les membres du RHDP. « Cette histoire de PDCI-RDR ou de candidature à tour de rôle ne nous intéresse pas. En 2020, l’UPCI va prendre le pouvoir en Côte d’Ivoire, a craché l’ancien ministre de l’Enseignement supérieur.

« Si vous prenez les cinq partis du RHDP, la candidature à tour de rôle nous ramène à 2060. On n’est pas concerné par cela », a poursuivi le président de l’UPCI, réaffirmant son attachement à la candidature du président Alassane Ouattara pour un second mandat.

Avec de telles ambitions affichées, Alassane Ouattara pouvait-il prendre le risque de maintenir des adversaires potentiels au gouvernement et de continuer de leur donner les moyens de se préparer à le « battre » en 2020 ?

Même si le chef de l’Etat ivoirien a affirmé à maintes reprises qu’il ne sera plus candidat après deux mandats, il a aussi indiqué qu’il laissera la place au « meilleur » qu’il va coacher avec son « aîné » Bédié. Cela va sans dire que ce « meilleur » viendra nécessairement de son bord. En conséquence, tout adversaire de « ce meilleure » serait systématiquement son adversaire.

D’autre part, Alassane Ouattara n’ayant jamais manqué l’occasion de dire qu’il ne veut pas de président de parti politique au gouvernement, les dissensions sur le choix des candidats RHDP pour les législatives de décembre 2016 n’ont été qu’un alibi pour atteindre son objectif.  Albert Toikeusse Mabri et Gnamien Konan doivent porter leur croix s’ils maintiennent leurs ambitions de devenir présidents de la République en 2020.

A.K.